• « Dans vingt ans une bonne partie des églises seront des mosquées. » « L'islam opprime les femmes. » Il est « inadapté a un mode de vie moderne », « incompatible avec les valeurs de la République française. » « Les salafistes sont tous des terroristes. » Les clichés et idées reçues sur l'islam et les musulmans foisonnent, sur fond d'ignorance et de confusion où l'on mélange indistinctement le Coran, la Charia, les cultures et les civilisations dont l'islam a été le vecteur. Or, la religion musulmane ne se résume pas à une pratique rigoriste ni à des groupes intégristes prônant l'instauration d'une société régie par la Charia, ou qui adoptent une lecture figée du Coran et de la Tradition prophétique. L'islam est divers, traversé de tensions. La pratique religieuse des musulmans est variée, leur lecture du Coran très personnelle. Et les nombreux préjugés masquent la réalité de ce que vit l'immense majorité des musulmans qui participent à la société. Statut du Coran, relations avec les pays occidentaux, rapports hommes/femmes, vie quotidienne, place de la religion dans la laïcité, géopolitique, violence... En s'attaquant à plus de quatre-vingts idées fausses, rumeurs, approximations concernant l'islam et les musulmans, Omero Marongiu-Perria propose une parole libre et apaisée, destinée à tous les citoyens qui refusent que cette religion soit stigmatisée. Omero Marongiu-Perria est docteur en sociologie de l'ethnicité et des religions, spécialiste de l'islam français. Il est chercheur associé à l'IPRA (Institut de recherche sur le pluralisme religieux et l'athéisme) et directeur scientifique d'ECLEE (European Center for Leadership & Entrepreneurship Education). Intervenant régulier dans l'émission Islam, diffusée chaque dimanche matin sur France 2, il est l'un des initiateurs du Forum islamo-chrétien de l'Ouest de la France.

  • En 1842, une église catholique destinée aux fidèles de couleur et une communauté religieuse réservée aux femmes de couleur libres sont toutes deux fondées à La Nouvelle-Orléans. Emblèmes de la vie religieuse des esclaves et des Noirs libres de la région, elles témoignent ensemble de la persistance et de la vivacité d'un afro-catholicisme typiquement louisianais. L'expérience religieuse des esclaves catholiques de la Louisiane dans la première moitié du XIXe siècle découle toutefois de trajectoires particulières ; les esclaves évoluent dans des mondes sociaux et culturels divergents, voire contrastants, où priment les exigences de l'esclavage racial. Un esclave confiné sur une plantation isolée de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, au coeur de la vallée du Mississippi, vivra une expérience totalement différente d'un esclave intégré dans une domesticité urbaine au sein de la ville commerciale et cosmopolite qu'est La Nouvelle-Orléans. Véritables témoignages de leur vie chrétienne, le baptême, le mariage et l'enterrement représentent trois moments majeurs de cette expérience religieuse. Leur analyse permet ainsi d'approfondir un champ historiographique encore en friche. Ce faisant, cet ouvrage souligne les aléas de la rencontre entre catholicisme et esclavage et met en lumière les prémisses de la construction d'un afro-catholicisme distinct, propre aux communautés esclaves rurales et urbaines de la Louisiane.

  • De l'autorité : personne aujourd'hui n'en ignore les crises et les bouleversements. Mais vouloir reproduire certains modèles du passé, dans l'espoir de « restaurer » l'autorité, a tôt fait de montrer ses limites. Les inclinations autoritaires penchent, on le sait, vers une pente dangereuse. Tout comme on sait ardus la tâche et les efforts d'innover en matière d'autorité. Entre le respect des limites et la nécessité des transgressions, la voie sur laquelle devenir humainement « auteur et répondant » de sa parole et de ses actes, envers soi-même comme envers autrui, n'est jamais tracée d'avance. Cette voie n'est pas étrangère à la foi, à son intelligence et à ses pratiques. Les croyant-e-s, leurs communautés et leurs institutions sont d'autant plus concerné-e-s qu'en la matière, l'autorité touche aux convictions profondes, aux manières de se référer à des textes fondateurs et des traditions, ainsi qu'aux rapports avec la société. Les études réunies dans ce volume se proposent d'en rendre compte, et d'en dégager quelques enjeux actuels, sous l'éclairage de l'histoire, de la philosophie et de la théologie. La perspective est donc pluridisciplinaire. Elle est aussi oecuménique, à la mesure de l'importance actuellement reconnue aux rapports entre autorité et dialogue, comme entre autonomie et obéissance. Traiter ces questions n'est pas faire « une » théologie de l'autorité, mais examiner les possibilités données à l'intelligence de la foi, pour qu'elle devienne auteure et répondante de ce qu'elle peut dire et faire dans le temps présent.

  • Pas plus qu´elle ne reconnaît un Fondateur ou qu´elle ne se conforme à un Livre, la pratique religieuse ne se réfère, en Grèce ancienne, à quelque commandement révélé ou credo dogmatique. Mais il s´en faut de beaucoup que la notion de « norme » lui soit totalement étrangère, à la condition d´éviter d´assimiler le normatif à l´impératif. La norme peut n´avoir aucun caractère d´obligation. Elle est davantage ce qui doit ou devrait être. Le concept se tient près alors d´un idéal dont l´origine se trouve dans les valeurs socialement reconnues qui forment une sorte de gabarit auquel tendent à se conformer les valeurs religieuses. Pratiques sociales et politiques, et pratiques religieuses sont entre elles comme en miroir : dans cette relation, comment définir la norme du bien penser et du bien agir en matière religieuse ? Par la lecture critique des matériaux fort divers qui s´offrent à l´analyse, les contributions à ce volume mettent à l´épreuve ce questionnement sur la règle, l´usage, la tradition, la loi et, ce faisant, mettent en lumière les particularités d´un système religieux tout à la fois souple et d´une indubitable cohérence.

  • Le lecteur est invité à une balade patrimoniale à la découverte d'ouvrages anciens et précieux couvrant les domaines de la médecine, de la pharmacie et des sciences biomédicales. Parmi ces trésors, on peut pointer une édition grecque de 1538 d'Hippocrate, un ouvrage d'exception en couleurs de 1549 de Dioscoride, deux atlas d'anatomie à feuillets mobiles, de très beaux ouvrages de botanique médicale, etc. Grâce à une iconographie variée et grâce aux commentaires rédigés pour la plupart par des membres de la Faculté de Médecine, le lecteur pourra notamment se rendre compte des progrès considérables qui ont été réalisés dans divers secteurs de la santé. Un beau livre richement illustré, pour toute personne désireuse de s'informer sur la médecine d'autrefois. Ce catalogue, complément à l'exposition Quand la médecine rencontre son patrimoine (18 novembre 2017 - 31 janvier 2018) est le fruit d'une collaboration entre la Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin (BUMP) et la Faculté de Médecine de l'Université de Namur.

  • La publication en 2011 du dernier volume des « Matériaux pour l'histoire religieuse du peuple français », plus connus sous le nom de « Matériaux Boulard », et la journée d'étude organisée à cette occasion à l'Université de Lyon ont permis de mettre en lumière la figure trop ignorée du chanoine Fernand Boulard (1898-1977), pionnier de la sociologie religieuse pastorale. Il s'agissait dans le même temps de réfléchir à l'usage que les historiens ont fait des données qu'il avait collectées et pourront encore en faire à l'avenir, alors que les paradigmes historiographiques ont changé depuis la décennie 1970 qui vit le projet des « Matériaux Boulard » prendre forme.

  • Dans l'Europe moderne, chaque ville est une île dont l'ultime idéal est la préservation de la paix publique. Des épisodes dramatiques, comme le massacre de la Saint-Barthélémy, témoignent de la rupture de ces équilibres fragiles, sous l'influence des lignes confessionnelles nouvelles, venues se superposer à une diversité religieuse préexistante dans de nombreuses régions de la chrétienté. Pourtant les conflits violents n'étaient pas l'unique réponse à la division des fidèles. Ce livre analyse la polysémie de la coexistence. L'Europe des XVIe-XVIIIe siècles, de Vilnius à Malaga, d'Amsterdam à Livourne, ne se réduit pas à la seule chrétienté. La variété des situations qui en découle dépasse les oppositions binaires (catholiques contre protestants, chrétiens contre musulmans, chrétiens contre juifs etc.) sur lesquelles on se focalise d'ordinaire. L'espace urbain - carrefour économique, intellectuel, social - est aussi le lieu privilégié de la production et de l'inscription des différences. Il est le laboratoire d'observation des multiples frictions possibles, dans les pratiques et les arrangements quotidiens de ses populations. À cette échelle, le modèle de la confessionnalisation révèle à la fois son intérêt et ses limites. Il laisse entrevoir les nombreuses pièces d'une mosaïque identitaire complexe, sans tenir compte de la dynamique changeante des rapports entre les habitants, qui brouille la frontière, à certains moments, et la renégocie sans cesse au service du bien commun. En complément, quatre mises au point thématiques situent l'étude de la coexistence urbaine dans les débats historiographiques actuels.

  • L'intérêt accordé au corps depuis une vingtaine d'années est caractéristique de l'évolution de notre société. Mais l'épistémologie rationaliste qui est encore la nôtre, fondée sur une séparation entre l'intelligibilité et la sensibilité, ne permet pas vraiment de réintégrer le corps dans la culture. Le religieux est un domaine bien constitué. Mais sa réactivation et sa recomposition dans les sociétés de cette fin du xxe siècle exigent que nous sachions affiner nos instruments d'investigation, qui ne peuvent plus se limiter aux seules oppositions du savant et du populaire, du légitime et de l'illégitime. Le rapprochement de ces deux objets - le corps et le religieux - peut favoriser la constitution d'une anthropologie du corps et un renouvellement de l'anthropologie des religions. L'une des fonctions permanentes de toutes les pratiques religieuses est la protection du corps menacé (corps des individus et, par métaphore, "corps social"). Les religions sont des instruments d'intégration sociale et des moyens de différenciation culturelle permettant de poser à la fois la question de l'identité et du traitement social du corps.

  • En sentido contrario

    Collectif

    La globalización, en sus formas contemporáneas, tiene un impacto sin precedentes en el desplazamiento de prácticas religiosas que antes estuvieron profundamente ancladas en tradiciones, territorios y grupos sociales específicos, sobre todo etnonacionales. Esla obra examina los procesos de transnacionalización de diferentes religiones que recorren en sentido contrario las rutas y los intercambios entre África, Europa y América. Las etnografías contenidas en este volumen describen tradiciones religiosas que viajan en el equipaje de los migrantes para refundar comunidades diaspóricas; religiones afroamericanas que debido a su fama internacional ampliaron y transnacionalizaron su red de parentesco ritual dando paso a la iniciación de nuevos adeptos; misiones cristianas que emprenden la reconquista del viejo continente; circulación de ritos y símbolos en circuitos mercantiles globales que ofrecen segmentos de las tradiciones religiosas reconvertidas en mercancías artísticas, terapéuticas, mágicas y turísticas; y finalmente, fronteras que atravesaron y con ellas transnacionalizaron prácticas religiosas étnicas y nacionales. Todas estas dinámicas de movilización transnacional son objeto de estudios a partir de los cuales analizamos nuevas formas de crear redes, circuitos y liderazgos; pero también nuevos impulsos para fundar naciones imaginadas que atraviesan y trascienden los Estados-nación modernos.

  • L'université de Tours est heureuse d'offrir un volume de « Mélanges » à Robert Sauzet, un de ses plus ancien membres, au moment où il prend sa retraite ; elle reconnaît ainsi le rôle qu'il a joué dans son développement et dans l'affirmation de son rayonnement. Enseignement, administration et recherche n'ont jamais été pour Robert Sauzet des « frères ennemis » et malgré des tâches d'administration de plus en plus prenantes à la direction du Département d'histoire puis du Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance, il a communiqué son enthousiasme pour l'histoire à de nombreuses générations d'étudiants et il a pris une large part au développement de la recherche en histoire religieuse et au renouvellement de ses méthodes, en France et en Europe. Sans se laisser arrêter par des « frontières », ses collègues français et étrangers, ses anciens étudiants, ses élèves ont désiré rendre hommage au chercheur, au professeur, à l'ami. Ce volume de « Mélanges » présente des études qu'ils ont voulues à l'image de Robert Sauzet. Elles sont regroupées autour de quatre thèmes : de l'Occitanie, terre des ancêtres, à la Touraine, terre d'adoption ; les clercs : vie matérielle et spiritualité ; les fidèles : sensibilité et pratiques religieuses ; amitié et fidélité.

  • Être catholique en Bretagne au xxe siècle, c'était quoi ? Question étrange à première vue, et pourtant la réponse n'a déjà plus d'évidence pour les nouvelles générations, celles qui sont nées depuis les années 1980, après l'effondrement de la pratique religieuse traditionnelle. Du reste, il n'y a pas une mais plusieurs réponses. L'identification au catholicisme ne signifiait pas la même chose à la ville et à la campagne, en Léon et en Cornouaille, chez les clercs et les laïcs, du côté des simples fidèles et de celui des militants, avant et après Vatican II, dans les circonstances exceptionnelles - les guerres par exemple - et dans la vie quotidienne... On pourrait multiplier les variables. À travers différentes approches, qui déplacent les échelles et les points de vue, ce livre cherche donc d'abord à rendre compte de la diversité du vécu religieux au siècle passé. Mais au-delà, il incite aussi à réfléchir sur les mécanismes de la crise qui a emporté la chrétienté bretonne affrontée à la modernité.

  • Ce livre analyse le débat posé entre l'Église catholique et le donatisme au cours du ve siècle dans les provinces africaines de l'Empire romain, au sujet de la coutume hérétique de rebaptiser les convertis qui arrivaient dans leur groupe. Cette querelle poussa saint Augustin à écrire De baptismo libri VII en prenant appui sur les ouvrages de Saint Cyprien, sans négliger le côté historique du conflit depuis ses débuts. Quoique le problème s'exprime comme une question théologique d'importance, on veut dépasser ce domaine et étudier le glissement du sujet vers le champ politique. On analyse alors la manière dont évolue, entre le IIIe et le début du ve siècle, la perception du rite baptismal et l'élaboration théorique que cela impliquait au regard des changements politiques survenus. Ce discours exprime les nuances de la lutte pour le contrôle des espaces de pouvoir institutionnel entre les Églises africaines.

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