• Les vacances

    Julie Wolkenstein

    Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Éric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu.Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? À quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Éric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.

  • Rome, 2014, fin de l'été. Alors qu'il lisait sur sa terrasse ensoleillée, le coeur de Giangiacomo - dit Gigi - s'est arrêté. Une mort rapide, sans douleur, comme il l'avait toujours souhaitée, se souvient sa fille Elvira, appelée en urgence.
    Quelques jours plus tard, la jeune femme tombe sur un manuscrit inachevé. Elle pense à la trame d'un film - Gigi était cinéaste -, mais découvre l'histoire d'amour que son père vivait depuis plus de quatre ans avec une journaliste belge, Clara. Le récit de Gigi correspond à sa partie d'un livre qu'ils avaient décidé d'écrire ensemble. Il la lui enverrait une fois terminée. Puis elle y répondrait.
    Depuis sa rencontre avec Clara, venue à Rome l'interviewer à l'occasion de la sortie de son film sur Gramsci, Gigi connaît une nouvelle jeunesse. Ses pages évoquent le surgissement inattendu de leur mature love, une expression devenue entre eux un code pour se joindre et qui désigne cet amour à l'âge mûr que tous deux vivent de façon parallèle. Clara est mariée, elle aussi, et mère de deux garçons. Le bonheur des retrouvailles, l'abandon des corps, les rires, les films vus et revus ensemble : telle est la matière précieuse de leur complicité. Clara et Gigi parlent beaucoup : il aime la faire rire avec d'invraisemblables anecdotes, elle veut tout savoir de son passé. La politique et la révolution sont au coeur du travail de Gigi, hanté par la mort de son père, tué en 1945 dans les rangs des partigiani.
    Clara écrira à son tour sa version de l'histoire. Les souvenirs des jours lumineux sur la Méditerranée, des désaccords aussi - ne considérait-elle pas le militantisme de Gigi comme un combat d'arrière-garde ? - la plongent dans un flot d'émotions. Elle entame alors un « journal d'absence » dans lequel elle s'adresse d'abord à Gigi puis, peu à peu, à Elvira. À la jeune fille au seuil de sa vie sentimentale, elle confie, avec pudeur et tendresse, la plénitude de cet amour caché qui coexistait si bien avec sa vie - pourtant heureuse - au grand jour.
    Pure bliss, gioia, joie, avait coutume de répéter Gigi. Une joie devenue le motif musical de cette attachante partition à quatre mains.

  • Dans ce journal de bord, Patrick Chesnais se raconte en toute intimité et toute liberté. Des larmes, des anecdotes, beaucoup d'humour. Après Il est où, Ferdinand ? (Michel Lafon, 2008), le nouveau livre d'un des acteurs préférés des Français.
    Dans son premier livre, Il est où, Ferdinand ? (2008), il évoquait le lien d'un " père orphelin ", écrasé de chagrin, et de son fils.
    Douze ans ont passé. Patrick Chesnais poursuit son journal intime du désordre quotidien, abordant aussi bien sa propre enfance, sa famille, ses amours que ses tribulations de comédien. Sans manquer de raconter ses incroyables histoires de survie.
    Des larmes, des bizarreries, des rires, des silences, des chuchotements et des imprévus : tels sont les ingrédients de ce livre où se manifestent à nouveau sa verve et son humour, entre ironie et désespoir.

  • « Le film est le type même de l'oeuvre qui réclame un style. »

    Pendant quarante ans, Robert Bresson a accordé nombre d'entretiens à la presse française et étrangère, à la radio et à la télévision. Ses réponses aux multiples questions, de toutes sortes, apportent d'importantes précisions sur ses films, son art et l'évolution de sa pensée. Et elles accompagnent, devancent, prolongent ses Notes sur le cinématographe.

    Interrogé par Yvonne Baby, François-Régis Bastide, Michel Ciment, Serge Daney, Pierre Desgraupes, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, André Parinaud, Georges Sadoul, Roger Stéphane ou Serge Toubiana, entre autres, Robert Bresson parle avec passion, simplicité, détermination et humour de tous les éléments d'un film qui, savamment combinés, font du cinématographe un art à part entière. L'ouvrage est illustré de photos dont beaucoup sont inédites.


    Création Studio Flammarion. Couverture : Portrait de Robert Bresson pris par Hélène Jeanbrau durant le tournage du film Au hasard Balthazar, 1965. © Adagp, Paris 2013.4e de couverture : © Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN / Sam Lévin.

  • Pensées du cinéma

    Raymond Bellour

    Accompagner un film, c'est se tenir dans sa compagnie. Et ainsi, sans même le suivre pas à pas, ce qui est de toute façon illusoire, en figurer au moins une manière d'utopie grâce à la proximité marquée envers tels ou tels de ses moments, tels de ses traits les plus saillants. Afin que se révèle une prégnance du détail attestant l'intensité de la capture dont le spectateur a été la proie et qu'il essaie de rendre au fil de l'argumentation, de l'évocation qui lui paraît propre à servir le caractère unique, la valeur, le génie du film auquel il a choisi de s'attacher.

    Robert Wise, Jacques Tourneur, Ritwik Ghatak, Roberto Rossellini, Satyajit Ray, Jean-Claude Biette, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Chantal Akerman, Claude Lanzmann, Gus Van Sant, Ingmar Bergman, José Luis Guerín, Benoit Jacquot, Stephen Dwoskin, Avi Mograbi, Philippe Grandrieux, Alfred Hitchcock, John Ford, Vincente Minnelli, Federico Fellini, Chris Marker, Harun Farocki, Paul Sharits, Max Ophuls, Fritz Lang - tels sont ici, dans leur ordre d'apparition, les principaux cinéastes dont les films ont suscité pour l'auteur autant d'émotions que de questions propres au cinéma.

  • Sympathy for the Devil est un événement : premier livre d'entretien avec Monte Hellman en français, il célèbre le retour d'un cinéaste après vingt ans d'absence. Auteur d'une douzaine de films cultes, parmi lesquels deux westerns avec Jack Nicholson et Macadam à deux voies, chef-d'oeuvre du road-movie, deux décennies se sont pourtant écoulées entre Iguana (1989) et son nouveau film Road to Nowhere, pour lequel il vient de recevoir un Lion d'Or d'honneur à la Mostra de Venise. Monte Hellman a repris la route ! Il a reçu longuement Emmanuel Burdeau dans sa maison sur les collines de Los Angeles. La série d'entretiens qui a été réalisée retrace tout son parcours, mais c'est aussi un portrait du cinéaste à son image : fragmentaire, mosaïque, éclaté. Sympathy for the Devil est un ouvrage d'un genre inédit. À la fois rétrospectif et d'actualité, publié pour la sortie française de Road to Nowhere. On y trouvera de longs propos sur The Shooting, Macadam à deux voies ou Road to Nowhere. On y écoutera Monte Hellman parler de cinéma avec ses étudiants, évoquer les grands films du passé... On l'écoutera raconter des anecdotes et des plaisanteries, genre de paroles qu'il préfère à l'exposé ou au monologue. On y verra des photos et documents rares, des extraits de projets non réalisés. On y découvrira même sa recette pour la Margharita, réputée la meilleure de la côte ouest !


  • Célébré ou décrié, Andrzej Zulawski n'a jamais laissé personne indifférent. Alors qu'il revient aujourd'hui au cinéma, après quinze années loin des plateaux, il est enfin temps de s'intéresser à un cinéaste qui, à l'instar de certains de ses compatriotes, tels Polanski ou Skolimowski, n'a pas fini de chercher, d'expérimenter. D'étonner.




    Temps de se pencher sur une oeuvre forte, dérangeante, excessive. Immédiatement reconnaissable. Sur treize films, traversés par des thèmes récurrents, des obsessions communes. La vision d'un cinéaste intransigeant qui, en convoquant tous les arts, tous les sens, tente de s'approcher au plus près du mystère. De la vérité.




    Jérôme d'Estais est né à Paris


    et vit désormais à Berlin


    où il a successivement traduit


    des scénarios, produit des émissions culturelles et enseigné le cinéma


    et la littérature française.




    178, son premier roman, est sorti l'année dernière et Jean Eustache ou la traversée des apparences


    est paru en février aux éditions LettMotif. Il a aussi collaboré


    à l'ouvrage sur Hal Hartley qui sortira prochainement.


  • L'attribution de la Caméra d'or à Houda Benyamina en 2016 pour Divines a braqué les projecteurs sur ces réalisateurs de double culture grandis dans les quartiers populaires, souvent autodidactes et déjà auréolés de prix internationaux. Pour en nir avec les clichés sur « le cinéma de banlieue », plus de cinquante réalisateurs parmi lesquels Alice Diop, Maïmouna Doucouré, Rachid Djaïdani, Djinn Carrenard, Franck Gastambide, Jean-Pascal Zadi... s'expriment ici. Une génération montante qui, affranchie de la Nouvelle Vague, incarne un nouveau souffle du cinéma français, audacieux, réaliste et surtout très divers. Riche d'une centaine d'heures d'interviews, cette enquête journalistique conduite sur dix ans leur donne enfin la parole.

  • John Cassavetes

    Collectif

    Un recueil de textes autour du réalisateur John Cassavetes (Faces, Meurtre d'un bookmaker chinois, Une femme sous influence, Love Streams, etc.) par des specialistes (Ray Carney, LE spécialiste américain de l'oeuvre de Cassavetes, avec une longue interview inédite en France), des réalisateurs (Olivier Assayas, réalisateur entre autres d'Irma Vep, d'Heure d'été et dernièrement de la série Carlos et de Après Mai), Martin Valente, réalisateur d'Amateurs et de Fragile[s]), des professionnels du cinéma (Pierre Pitiot, directeur de la médiathèque Fellini à Montpellier et président du festival du cinéma méditerranéen) et des nouvelles d'écrivains inspirées des films de Cassavetes.
    Un volume richement illustré de plus de 50 photos de ses différents films.

    Sommaire
    Odon Abbal, Cassavetes en son temps, Shadows
    /> Olivier Assayas, Cassavetes, posthume
    Michel Butel, Détachement
    Ray Carney, Cassavetes et l'histoire du cinéma américain
    John Cassavetes, Notes sur la réalisation d'un film
    Annick Delacroix, Ne me laissez pas toute seule dans ce film
    Pascal Gasquet, La seconde femme
    Stéphane Eynard, Chutes
    Pierre Pitiot, L'homme qui tenait le monde par le bon bout
    Martin Valente, Cassavetes, de l'amour et presque rien...


  • Célèbre pour avoir été le pygmalion de Marlene Dietrich, Josef von Sternberg reste aujourd'hui encore un artiste énigmatique méconnu du grand public. Sur près de vingt-sept longs-métrages tournés entre 1925 et 1953, le réalisateur s'est essayé à tous les genres, passant des films de gangsters aux intrigues d'espionnage, des récits historiques aux films noirs et des mélodrames aux aventures exotiques. Cette dernière catégorie, particulièrement fournie, compte cinq films : Morocco en 1930, Shanghai Express en 1932, The Shanghai Gesture en 1941,Macao en 1952 et The Saga of Anatahan en 1953. Témoins d'une époque coloniale, ces oeuvres jalonnent la production du cinéaste et attestent d'un désir sans limite de leur auteur pour le dépaysement.




    Dans l'univers sternbergien, les aventuriers, les escrocs, les militaires, les joueurs et les belles de nuit se côtoient dans une danse nocturne perpétuelle dans des contrées éloignées qui offrent des refuges rêvés pour des protagonistes au passé douteux. Le jour et la nuit se confondent, les repères temporels s'estompent, les individus se croisent, se déchirent et se séparent. Le réalisateur dépeint les errances de personnages déracinés qui semblent arrivés au bout du monde... en réalité dans les studios d'Hollywood où tout n'est qu'apparence. Mais cet orient de pacotille n'est pas aussi manichéen qu'il y paraît et ces visions exotiques sont une porte d'entrée pour comprendre l'ensemble de l'oeuvre de Josef von Sternberg.


    Docteur en esthétique, sciences et technologie des arts, Stéphane Benaïm a soutenu une thèse sur l'univers oriental dans l'oeuvre cinématographique de Josef von Sternberg. Il a enseigné durant quinze ans la théorie et l'histoire du cinéma à l'université de Paris 8 Vincennes - Saint-Denis et a également collaboré à plusieurs revues spécialisées, dontL'Écran Fantastique.

  • Pour quelle raison un acteur de cinéma veut-il un jour devenir réalisateur ? Ou à l'inverse, mais plus rarement, qu'est-ce qui peut motiver un cinéaste à s'exposer devant la caméra ? Au-delà de ces simples interrogations, le livre explore aussi les relations passionnelles, contradictoires, complémentaires entre metteurs en scène et comédiens. Naissent d'autres questions : comment dirige-t-on des acteurs lorsqu'on a soi-même l'expérience de cette profession ? L'exercice de la mise en scène modifie-t-elle le travail d'un acteur, et vice versa ? Des parcours très différents sont explorés avec sincérité par les intervenants, où se mêlent des stars et des auteurs singuliers : acteurs devenus cinéastes par hasard ou par volonté, réalisateurs passés devant la caméra par nécessité ou par désir, tous nous exposent sans fard leurs doutes et leurs enthousiasmes, l'angoisse et l'émerveillement d'être en même temps, ou alternativement, devant et derrière la caméra.

  • Dans toute son oeuvre Fellini élabore un jeu de miroirs complexe à la fois pour comprendre comment se construit la réalité de l'homme et pour réfléchir sur le processus créatif, et il ne cesse de répéter que le cinéma est un art de la mémoire.


    Une mémoire personnelle, souvent mêlée à un sentiment nostalgique, où s'établit un rapport particulier entre souvenirs réels et souvenirs inventés et où est questionnée la problématique de la représentation de la réalité, réalité qui semble impossible à dire et qui doit être recréée par l'imaginaire.
    Une mémoire aussi qui raconte l'histoire de l'Italie, de l'être humain, du cinéma et qui critique la société moderne, où l'empreinte nostalgique devient de plus en plus forte et où la prise de conscience qu'il n'y a pas de retour possible se fait plus vive. La nostalgie prend alors une dimension plus universelle, où la question du temps devient primordiale et où le mouvement entre les différents temps passé, présent et futur accompagne et renforce le mouvement entre réalité et imaginaire.
    Cette étude tente d'analyser ces nostalgies et leurs représentations dans l'univers complexe du réalisateur.


    Véronique Van Geluwe est née au Maroc et a vécu une vingtaine d'années en Italie où elle a travaillé dans le conseil en entreprise. Passionnée de cinéma, elle a collaboré durant une dizaine d'années au Festival du cinéma africain, d'Asie et d'Amérique latine de Milan et est également traductrice-adaptatrice cinématographique et professeur d'italien. Elle vit actuellement à Aix-en-Provence où elle a effectué un Master recherche en cinéma-audiovisuel.

  • Les onze nouvelles composant ce recueil révèlent la diversité du talent de Satyajit Ray écrivain. Leur coloration fantastique agrémente avec bonheur l'observation de la réalité indienne à laquelle le célèbre cinéaste nous a habitués dans ses films.
    Khagam fait froid dans le dos: un homme tue par bêtise un serpent, il se retrouvera quelque temps plus tard dans la peau de ce serpent.
    Dans Patol Babu, un vieil acteur dépassé par les progrès du cinéma se berce de ses dernières illusions.
    La nuit de l'indigo, nouvelle qui donne son titre au recueil, s'inspire des souvenirs de jeunesse de l'auteur pour dériver vers un étrange récit de réincarnation et de dédoublement de personnalité.
    D'autres textes pourraient encore faire songer à Conan Doyle ou Wells, s'ils n'étaient rehaussés par la fantaisie, la magie du « regard » indien.
    Comme toute nouvelle réussie, il est difficile de résumer celles de Satyajit Ray, dont tout le charme tient à une couleur, une manière, un rythme originaux.

  • Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D'une part analyser l'image du « Noir » et son évolution dans l'imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D'autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu'au triomphe d'Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy.
    Ce livre consacre par ailleurs un chapitre au « cinéma noir français » pour essayer de comprendre pourquoi et comment s'est constitué un cinéma identitaire, pour ne pas dire communautaire, réalisé par des cinéastes afro-ascendants depuis une trentaine d'années.


    Un dictionnaire regroupant les principaux acteurs et réalisateurs concernés parachève ce projet.


    Régis Dubois est enseignant en histoire du cinéma et a déjà publié de nombreux ouvrages sur le 7

    e

    art, dont Images du Noir dans le cinéma américain blanc (L'Harmattan, 1997),Le Cinéma des Noirs américains, entre intégration et contestation (Le Cerf/Corlet 2005),Une histoire politique du cinéma (Sulliver, 2007) ou Hollywood, cinéma et idéologie(Sulliver, 2008). Il a par ailleurs écrit pour CinémAction, Télérama, Le Monde Diplomatique, Manière de Voir, L'OEil, Contretemps, Brazil, Tausend Augen ou encoreAfricultures.




  • Le Motif dans le tapis de James, Citizen Kane de Welles, Vertigo d'Hitchcock, Blow up d'Antonioni, et d'autres encore : tous les films, tous les romans étudiés ici reposent sur une énigme qu'ils n'élucident pas tout à fait. Ils résistent aux questions qu'on leur pose. Pourquoi aime-t-on croire que la vérité réside dans des objets d'art - modestes (un jouet, un tapis), ou prestigieux (tableaux, dessins, photographies prêtés à des artistes fictifs) ? Qu'est-ce qui, au juste, leur confère la valeur d'objets d'art ? Est-ce le secret qu'ils sont supposés recéler, et exhiber, et qu'ils gardent pourtant ? Reflètent-ils une autre vérité ? Celle des oeuvres qui les contiennent ? Montrent-ils, en suspendant indéfiniment la révélation du sens, que seul compte le plaisir de sa quête ?

    À défaut de réponses, ce parcours permet de découvrir des correspondances. Toutes ces oeuvres sont des enquêtes dont l'objet est une vérité qui se cache, et parfois se révèle dans une image ; leur sujet est leur inachèvement. Cet essai est une enquête dont l'objet est une vérité qui se cache, et parfois se révèle dans une image ; son sujet est son inachèvement.

  • Marcel Bluwal est le dernier géant du petit écran. Né en 1925, il a traversé le siècle : son Dom Juan avec Michel Piccoli et Claude Brasseur, ses adaptations de Marivaux – avec Danièle Lebrun et Jean-Pierre Cassel, mais aussi le feuilleton Vidocq sont des chefs d'oeuvres incontournables. Sa vie est un roman, celui d'une époque. Il se souvient dans ce livre des jeudis, du Front Populaire, des actualités de première partie au cinéma, de la guerre et de ce que signifie être enfermé dans une chambre durant près de deux années, des débuts en fanfare de la télévision française, de l'ORTF... Il nous fournit en outre une foule d'anecdotes sur les secrets de tournage, de casting, etc. Son regard sur le monde est acéré, sa passion de l'image intacte, sa parole abondante et passionnante. Ariane Ascaride " Cet homme a signé des chefs d'oeuvre et il continue à être persuadé qu'il est du "deuxième rayon'. C'est peut-être en ça qu'on se rejoint : lui, c'est le petit juif du XIIe et moi je suis la petite Marseillaise du trou du cul du monde. Sans se le dire, on s'est reconnus. " Claude Brasseur " Il y a eu trois metteurs en scène importants dans ma vie, dans ma carrière. Jean-Luc Godard au cinéma, Roger Planchon au théâtre et, à la télévision, Marcel Bluwal. " Léa Drucker " Travailler avec Marcel, c'est rencontrer un metteur en scène dont la vivacité d'esprit, la curiosité inépuisable, et l'énergie font qu'on a envie de le retrouver chaque jour pour qu'il nous raconte une nouvelle histoire. " catherine frot " J'ai appris avec Bluwal à mettre de la vie dans les personnages. " Michel Piccoli " C'est Bluwal qui m'a fait démarrer à la télévision [...] L'art de la télévision est né à ce moment-là et Bluwal en était un des maîtres. "

  • Ce livre raconte, avec humour et ironie, le parcours d'un réalisateur de fictions : Dan Marker qui tente mordicus de monter son projet de court-métrage : "Une proposition pas ordinaire". Un producteur : Picsous croit au potentiel du scénario et veut le soutenir. C'est le début d'une aventure artistique, pour le meilleur et pour le pire ! Une peinture réelle de la situation du monde du spectacle qui nous fait réfléchir sur les relations humaines, le professionnalisme, le sens de la vie, les priorités et le sacrifice... C'est drôle, féroce... et vrai !

  • On la disait marginale, élitiste, décalée, appréciée des seuls intellectuels qui fréquentent les musées d'avant-garde et les cinémathèques. L'hommage unanime qui a salué sa disparition tragique, le 24 avril 2011, révèle que Marie-France Pisier appartenait à la catégorie des grandes artistes.
    Toute sa vie, l'actrice de François Truffaut exerça son pouvoir de séduction. Lui venait il de son enfance dans les ambassades lointaines où son père fut envoyé (et qu'elle a racontée dans Le Bal du gouverneur) ? Ou de sa simplicité tranquille, de son sourire de madone amusée ?
    D'André Téchiné à Jacques Rivette, beaucoup de réalisateurs marquants en ont fait leur égérie. Imposant en douceur sa propre différence, elle a ouvert la voie aux acteurs d'aujourd'hui. Après une enquête fouillée où, pour la première fois, famille et proches ont accepté de témoigner, Sophie Grassin et Marie-Elisabeth Rouchy retracent la vie de cette actrice inclassable qui fut aussi une femme engagée.

  • Gilles Groulx (1931-1994), figure marquante du cinéma québécois, était ­hostile à toute forme de compromissions. Du Chat dans le sac (1964) à Au pays de Zom (1982) en passant par 24 heures ou plus (1972), il a produit une oeuvre cinématographique d'une grande exigence stylistique et thématique. Le cinéma de Groulx - loin d'apparaître comme un simple phénomène de mode - reste indéniablement d'actualité.

  • « Papa m'avait dit : "Si tu ne sais pas, invente !" Je t'ai écouté, papa, j'ai beaucoup inventé ! J'ai été un sacré menteur. Il fallait que je vous survive, à maman et à toi, alors je me suis débrouillé à ma façon... Et mon visage me ressemble. Il est devenu le mien, rien que le mien. Celui d'un "vieil orphelin", c'est vrai, mais aussi celui d'un homme en marche qui filme et écrit, encore et toujours. Alors, bon vent, les morts. Et vive la vie des vivants ! »
    Serge Moati, le « vieil orphelin », ne sait pas si c'est vraiment une chance d'avoir « perdu » son père et sa mère lorsqu'il avait onze ans. Ce qu'il sait, c'est qu'on a toujours l'âge de cette perte, cruelle, mais fondatrice. Absents toujours présents. Serge se souvient : une vie mouvementée, souvent drolatique et hasardeuse. Une vie remuée. Une vie pourtant.

  • Avril 2010. Le cinéaste américain Michael Cimino - Voyage au bout de l'enfer (1978), La Porte du Paradis (1980), L'Année du dragon (1985), Le Sicilien (1987)... - accepte une rencontre à Los Angeles avec le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret. Lors de cet entretien, le réalisateur lui propose alors un voyage à la recherche de « son Ouest ».
    Partir sur la route avec Michael Cimino, c'est se lancer dans un road movie de 2500 miles, de Los Angeles aux Rocky Moutains du Colorado, à travers les collines pelées du désert Mojave, Las Vegas, les ocres des buttes du Nevada, les premières neiges du Colorado et les stations services perdues au creux de l'americana...
    Cimino évoque dans ce livre unique ses débuts de cinéaste, sa passion de l'architecture, son amour de Ford, réagit aux lieux traversés, revient sur ses films, mais aussi ses projets avortés, ces nombreux scénarios écrits, puis ce silence que lui impose depuis quinze ans l'industrie hollywoodienne...

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