Langue française

  • Un homme, Gordon Koum, revient dans une ville détruite. Toute sa famille repose sous les décombres. Lui-même, irradié, va mourir. La guerre est partout, l'ennemi indescriptible frappe sans cesse... Près de lui il remarque un pantin noirci et la dépouille miraculeusement intacte d'un rouge-gorge.Il se tourne vers eux pour parler, mais, au-delà, il s'adresse à ses enfants, à sa femme et à ses camarades disparus. Il raconte de petites histoires bizarres, cruelles, tendres, toutes marquées par un humour noir dévastateur. Et peu à peu il retrace la geste d'une communauté de fin du monde, où les faibles survivent en puisant leur force dans le rire décalé et dans une violence qu'ils savent inutile.Réfugiés, errants, sous-hommes, éclopés vivant dans leurs rêves, personnages de l'après, voilà les héros dont Gordon Koum évoque la mémoire. Il leur rend hommage parce qu'il les aime. Et aussi parce qu'ils possèdent encore, au coeur du dénuement et du cauchemar, la lumière qui fait d'eux des résistants magnifiques, des amoureux, d'authentiques et indomptables humains.

  • Cinquante ans. Se souvenir. Vanité des pèlerinages, pathétique dérisoire des protestations contre l'oubli. L'histoire, superbe, celle-là même qui laissa voir la barbarie au coeur de la plus splendide civilisation, l'histoire tourne la page. Pages d'histoire, révision des points de vue ; à quel titre, murmurent les ignobles, refuser à l'intelligence historienne le droit de renouveler les points de vue ? Il n'y a pas de mémoire dans l'histoire. La mémoire d'Israël retient-elle les horreurs des barbares civilisés dans le détail ? Retient-elle même les gestes héroïques des victimes insurgées ? Elle retient la sainteté qui s'écarte de l'histoire des vainqueurs. Dans ce petit livre sans âge, écoutez les histoires des bouts de chandelle, de lanières de phylactères. C'est la résistance juive, l'éternité d'Israël.

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