Sciences humaines & sociales

  • En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • Crépuscule

    Juan Branco

    L'histoire cachée de Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Xavier Niel et Emmanuel Macron.

    Crépuscule s'inscrit dans la tradition littéraire française des réquisitoires politiques. Sous la plume enflammée d'un jeune homme formé pour intégrer les élites mais croyant encore en la République, il dénonce et expose les preuves d'une captation de la démocratie par des oligarques puissants, en faveur d'intérêts de caste. Et comment le président Emmanuel Macron en fut à la fois la créature et l'instrument

    Le publier est un acte citoyen.

  • Le 22 avril 1945, Yvonne Oddon est libérée du camp de Mauthausen. Le 28 juin 1945, elle témoigne au Muséum national d'Histoire naturel. Ce récit, écrit à chaud, saisit par sa rigueur factuelle. Yvonne Oddon décrit sans fard les conditions de vie inhumaines des prisons de la Wehrmacht et des camps de Ravensbrück et Mauthausen.

    Par-delà la souffrance, c'est aussi la vie quotidienne des prisonnières qu'elle tâche de retranscrire, tout particulièrement celle des femmes. En dépit des atrocités, la dignité des prisonnières demeure, des solidarités se nouent, graines de résistance semées au comble de l'horreur. Le désespoir est finalement absent de ce récit car la bibliothécaire est habitée par une autre préoccupation : l'urgence de témoigner.

    /> Née à Gap en 1902, Yvonne Oddon devient bibliothécaire au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1929. Elle participe en 1940 à la fondation du Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers organismes clandestins de résistance dont fut également membre Boris Vildé. Arrêtée en 1941, elle est incarcérée, avant d'être libérée du camp de Mauthausen en avril 1945. Elle effectue par la suite diverses missions, notamment pour l'Unesco, et participera à la création du Conseil International des musées.

  • «Sans Dunkerque, il ny aurait pas eu le 6 juin 1944.» Prince de Galles.

    Mai 1940. Les armées alliées sont prises en étau au nord de la ligne Boulogne-Sedan et contraintes de se replier vers Dunkerque, où 400 000 hommes sentassent dans lespoir de séchapper par la mer. Estimant la bataille perdue, le gouvernement britannique lance lopération Dynamo : le rembarquement des troupes débute le 26 mai 1940, Winston Churchill est alors certain que seul un nombre réduit dhommes sera sauvé. Pourtant, au prix de très lourdes pertes, les soldats français contiennent les Allemands dans les faubourgs de la ville et luttent pied à pied afin de couvrir les opérations de rembarquement. Au total, ce sont près de 348 000 combattants alliés qui sont évacués sous le feu incessant des bombardements ennemis. Côté anglais, cest un incroyable succès ; côté allemand, une occasion manquée de terrasser la Grande-Bretagne dès 1940.

    Cest à la résistance acharnée de larmée française que lon doit la réussite du rembarquement de plus de 240 000 soldats britanniques, qui permit à lAngleterre de poursuivre la guerre contre lAllemagne nazie. Telle est la thèse de cet ouvrage qui, à lappui darchives et de témoignages, balaie les clichés les plus éculés sur cette bataille et rend un hommage tardif mais mérité aux combattants français de 1940.

  • En novembre 2019, lors d'une révolte populaire, les dirigeants de la République islamique d'Iran coupent la connexion internet du pays. En moins de trois jours, ils massacrent 1 500 contestataires.L'Iran est aujourd'hui l'un les pays des plus fermés au monde. La plupart des journalistes sont en prison ou travaillent sous le contrôle permanent des forces de l'ordre.Chaque fois que les Iraniens sortent dans les rues pour contester leurs conditions de vie, ils sont réprimés. En l'absence de libertés politiques, les réseaux sociaux sont devenus le seul lieu d'expression de leurs opinions.À la lumière de l'histoire et de la culture iraniennes, et en analysant les commentaires, réactions et comportements des internautes, l'autrice dresse le portrait de la jeunesse iranienne contemporaine.

    /> Iranienne arrivée en France en 1994, Mahnaz Shirali est docteure en sociologie et habilitée à diriger des recherches (HDR) en sciences politiques. Lauréate du prix Le Monde de la recherche universitaire pour son ouvrage La jeunesse iranienne : une génération en crise (PUF, 2001), elle a également publié Entre islam et démocratie. Parcours de jeunes Français d'aujourd'hui (Armand Colin, 2007) et La malédiction du religieux. La défaite de la pensée démocratique en Iran (ÉFB, 2012).

  • L'appel du 18 juin illustré Nouv.

    Dans cet ouvrage, le lecteur pourra (re)découvrir les mots choisis par le Général de Gaulle pour son premier discours prononcé à la radio de Londres, afin de lancer son fameux "appel du 18 juin", appel à tous les militaires, ingénieurs ou ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique à se mettre en rapport avec lui pour continuer le combat contre l'Allemagne et où il prédit la mondialisation de la guerre. Considéré comme l'un des textes fondateurs de la Résistance française, demeurant un symbole, ce discours du Général est pour la première fois illustré par Pascal Lemaître, quatre-vingts ans après avoir été prononcé.

    Charles de Gaulle, militaire, résistant et homme d'État français. Pascal Lemaître, illustrateur dans l'édition et la presse internationale.

  • May Picqueray (1898-1983) n'a loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire du XXe siècle. Dès 1921, elle proteste contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922 elle est mandatée au congrès de l'Internationale syndicale rouge, à Moscou. Elle monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim, chante Le Triomphe de l'anarchie et refuse de serrer la main de Trotski. Pendant la guerre, elle fabrique des faux papiers. Puis s'investit dans les mobilisations de mai 1968, du Larzac, de Creys-Malville, oeuvre en faveur des objecteurs de conscience. Rien ne prédisposait cette petite Bretonne ayant commencé à travailler à 11 ans à côtoyer Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Marius Jacob, Durruti...

    May Picqueray (1898-1983) fut l'une des grandes figures féminines du mouvement libertaire français du XXe siècle.

  • 14 juin 1940. Paris tombe aux mains des Allemands sans opposer de résistance. Commence alors un système d'oppression dans une ville déchue de son statut de capitale et qui change de visage. Paris devient le foyer des « collaborateurs » qui y paradent et y tiennent leurs meetings, celui du marché noir, de la spoliation des Juifs, du rationnement, de la peur et de la Résistance, traquée en permanence jusqu'à l'insurrection.

    Que sait-on réellement du ressenti des habitants au quotidien ? Quelle attitude adoptent-ils face à l'Occupant ? Comment se comportent les Allemands et comment jugent-ils ces Parisiens qu'ils côtoient ? Si beaucoup a été dit sur l'Occupation, peu d'historiens ont tenté de croiser les regards des deux bords sur ces années noires. Dominique Veillon explore aujourd'hui les registres des différents commissariats parisiens et les rapports hebdomadaires des Renseignements généraux, les journaux personnels et les témoignages, aussi bien allemands que français.

    Se mêlent alors dans une fresque inédite les vies des étudiants, des commerçants, des concierges, des mères de famille, des Juifs opprimés, des mondains ou encore des ouvriers, qui souffrent, s'accommodent ou profitent de la présence du vainqueur.

  • Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s'agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l'histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s'agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l'obscurité, telles des lucioles. Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la « destruction de l'expérience » jusqu'à ses analyses du « règne » et de la « gloire ». On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre « malaise dans la culture ». Les lucioles n'ont disparu qu'à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n'est pas disparition. Il faut « organiser le pessimisme », disait Benjamin. Et les images - pour peu qu'elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles - ouvrent l'espace pour une telle résistance. Cet ouvrage est paru en 2009.

  • Dans cette lettre rédigée en 1956, Jean Paulhan invente une vie à son correspondant : jeune marié, il emmène sa femme voir une pièce de Shakespeare. Le théâtre prend feu et ce n'est que grâce à la bravoure d'un inconnu qui organise l'évacuation que leur vie sera sauve. Cet événement sert de point d'appui à l'écrivain pour illustrer sa théorie selon laquelle tout partisan est forcément de tous les camps à la fois. En effet, en quelques heures, l'époux aura été démocrate, partisan de l'aristocratie et royaliste. Royaliste pour avoir aveuglément obéi à cet inconnu qui orchestra l'évacuation, aristocratique par son choix d'aller voir une pièce du «meilleur des auteurs dramatiques» et enfin démocrate pour s'être marié avec celle qu'il aime et non celle choisie par ses parents ou son médecin.

    Écrivain, critique et éditeur, Jean Paulhan (1884-1968) fut l'un des principaux animateurs de la Nouvelle Revue française entre 1925 et 1940. Affecté au 9e régiment des zouaves à son retour en France en 1914, il découvre en lui un sentiment patriotique qui lui était jusqu'alors resté inconnu et commence la rédaction de notes. Réflexions et cheminement idéologique et intellectuel qui le mèneront à devenir résistant en 1945. Il fut élu à l'Académie française le 24 janvier 1963.

  • UN PETIT LIVRE POUR LE GRAND CHARLES !" Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. "
    " Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré ! "
    " Je vous ai compris. "
    Chef de la France libre, fondateur de la Ve République, héraut de l'indépendance de l'Algérie, Charles de Gaulle fait désormais partie du panthéon des grands hommes qui ont fait la France. Ce Petit Livre nous fait revivre les plus grands moments de la vie du Général en plus de 70 citations expliquées !

  • Sous l'Occupation, les collabos étaient les partisans d'un engagement sans réserve aux côtés d'Hitler. Voici les portraits de treize d'entre eux, mégalomanes aux ambitions recuites, gangsters sans états d'âme et autres jusqu'au-boutistes.
    Fondée sur des archives inédites produites par la police et l'institution judiciaire, cette série de treize portraits plonge le lecteur dans le monde de la collaboration-ultra, dévoilant ses ressorts intimes, ses logiques cachées et son étonnante diversité : du politicien venu de la gauche au militant fasciste de toujours, du discoureur professionnel au cagoulard-milicien, en passant par le gangster fourvoyé dans la « Gestapo française ».

  • Au printemps 1936, une vague de grèves spontanées éclate en France, juste après la victoire électorale du Front populaire. Elle atteint son apogée le 11 juin avec près de deux millions de grévistes. Le présent recueil rassemble quatre articles de Simone Weil (1909-1943) rédigés in situ. Il s'agit de mettre en avant la lucidité et le génie d'une philosophé qui travailla en usine. Et de rappeler que la grandeur et l'importance des combats ouvriers résident avant tout dans l'invention de nouveaux moyens de lutte pour combattre l'aliénation et l'exploitation

    Décédée à 34 ans, Simone Weil (1909-1943) n'a publié aucun livre de son vivant mais laisse une oeuvre considérable. Elle fut tour à tour enseignante en philosophie, ouvrière d'usine, engagée aux côtés des anarchistes en Espagne, résistante durant la Seconde Guerre mondiale, mystique et chrétienne sans église... Plusieurs de ses écrits, comme Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale ou L'Enracinement, sont des classiques indispensables pour penser une civilisation nouvelle.

  • Sabina Spielrein, poésie et vérité ; l'écriture et la fin de l'analyse Nouv.

    Sabina Spielrein, psychanalyste d'origine russe, est surtout connue pour sa liaison amoureuse avec son analyste Carl Jung. En réponse à ce qu'on pourrait considérer comme l'échec inévitable, largement médiatisé, de cette relation, elle a écrit de la poésie et des chansons, un journal intime et des travaux théoriques. Michael Plastow nous donne accès à ces écrits - dont nombre de textes cruciaux n'ont été traduits ni en français ni en anglais - qui ont été pour elle un moyen de terminer son analyse. En effet, elle a sans doute été le premier psychanalyste à se former à partir de sa propre analyse, ce qui sera reconnu plus tard comme une étape nécessaire de la formation de chaque psychanalyste.

    Cet ouvrage s'efforce de remédier à l'oubli de l'héritage de Sabina Spielrein en examinant sa contribution originale, tel son travail analytique avec les enfants. Il retrace la poésie de son écriture, tant dans son contenu que dans son style, en montrant leur portée pour la psychanalyse, et en les insérant dans ce que Lacan appellera plus tard la passe : un dispositif ouvert à l'analysant pour terminer son analyse et accéder à une place de psychanalyste.

  • Longtemps interdit de diffusion en langue française, ce livre écorne l'image complaisamment entretenue selon laquelle la Résistance aurait été une affaire purement franco-française.

    Créé en 1940 par Churchill, le Special Operations Executive (SOE) joue un rôle déterminant sur le territoire français : il livre les armes et forme les principaux agents de la France libre. Pourtant, à mesure que le SOE prend de l'importance, des frictions apparaissent entre Churchill et de Gaulle.

    S'appuyant sur les archives les plus secrètes, Michael R.D. Foot et Jean-Louis Crémieux-Brilhac dévoilent toute l'ampleur de l'action britannique en France.

  • Dès la fin du XIXe siècle, des anarchistes comme les géographes Pierre Kropotkine ou Élisée Reclus se sont intéressés aux peuples autochtones, qu'on a aussi qualifiés de « sociétés sans État ». Au début des années 2000, un peu partout sur le continent américain, des Autochtones ont modelé la notion d'« anarcho-indigénisme » pour attirer l'attention des anarchistes sur l'histoire et, surtout, sur l'actualité de leurs luttes.

    Ce livre se veut une invitation à l'écoute, au dialogue et à l'engagement solidaire et complice. Dans leurs entretiens, Roxanne Dunbar-Ortiz, Véronique Hébert, Gord Hill, Freda Huson, J. Kehaulani Kauanui, Clifton Ariwakehte Nicholas et Toghestiy révèlent ce que pensée et traditions autochtones et anarchisme ont en commun, sans nier les séquelles que le colonialisme a laissées jusque dans ce mouvement pourtant anti-autoritaire. Une vision du monde qui allie anticolonialisme, féminisme, écologie, anticapitalisme et anti-étatisme.

  • C'est un voyage guidé dans l'univers de la pensée gaullienne que propose François Kersaudy, qui s'emploie à replacer les propos du Général dans leur contexte et à révéler les enjeux qui les sous-tendent. Qu'il s'agisse de l'Europe, de l'armée, de l'OTAN, de la force de frappe, de l'ONU, de l'Afrique, de l'Asie, de l'économie, des médias, des écrivains ou de la mort, ces réflexions montrent une fois encore leur extraordinaire dimension prophétique. Mais les commentaires abondamment sourcés de l'historien mettent également en évidence les desseins secrets, les contradictions, les faux-semblants et les nondits qui ont émaillé la carrière de ce personnage d'exception : « Il ne faut jamais mentir, disait-il, mais il n'est pas interdit de se montrer astucieux... »
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    Sous la plume brillante de François Kersaudy surgit un de Gaulle surprenant et inédit.

    « Vous croyez que je ne le sais pas, que la décolonisation est désastreuse pour l'Afrique ? C'est encore une chance si, ensuite, ils ne quittent pas leurs pays pour venir s'installer en France... »

    « Rémy ! Mettez-vous bien dans la tête qu'un militaire de carrière n'est jamais intelligent ! »

    « Il n'est pas exclu que la Chine redevienne au siècle prochain la plus grande puissance de l'univers. »

    « CECA, CED, Euratom, Marché commun, tous ces organismes internationaux sont bons pour attraper la vérole. »

  • La mort, des tranchées jusqu'à l'ultime retraite de Colombey, fut la compagne familière du Général. Grâce à une documentation minutieuse et une enquête approfondie auprès de grands témoins, François Broche dessine le portrait d'un homme trop souvent dépeint comme insensible et inébranlable.
    Jusqu'à son ultime retraite de Colombey, la mort fut la compagne familière du général de Gaulle. Laissé pour mort devant Douaumont (1916), rescapé d'une grave crise de paludisme (1942), puis d'une fusillade à Notre-Dame (1944), cible de plusieurs attentats de l'OAS (1961-1962), il aurait également connu la tentation du suicide après son échec devant Dakar (1940).
    Sa vie fut jalonnée de deuils intimes, d'ennuis de santé, de haines tenaces, marquée par la tentation de tout quitter et par la hantise du déclin (" La vieillesse est un naufrage "). Il a toujours fait face avec sa sensibilité, ses convictions, sa force de caractère, mais aussi avec ses angoisses et ses doutes.
    " Il y a le pauvre homme de Gaulle, disait-il. Et puis il y a le de Gaulle dont on attend l'Histoire. " C'est leur rencontre qu'organise François Broche dans cet essai qui confronte l'homme et sa légende, l'action politique et la méditation philosophique. Éclairant l'ultime journée du 9 novembre 1970 à l'aide d'une documentation minutieuse et de témoignages rares, il prolonge d'ombres intimes la silhouette du " plus illustre des Français ".

  • Dans ce témoignage étonnant d'humanité et de justesse, Jacques Salmona, d'origine judéo-espagnole, relate ses aventures sous l'Occupation à Paris. Il esquisse par des anecdotes savoureuses, parfois tragiques, son enfance, son entrée dans le mouvement scout des Éclaireurs israélites de France, bientôt transformé en groupe de résistance. Ses souvenirs sont tellement vivaces qu'ils paraissent avoir été écrits "à chaud", sous la menace des bombardements. Les Éclaireurs israélites ont joué un rôle de premier plan dans la prévention, auprès des Juifs parisiens, de la rafle du Vél' d'Hiv', avant de prendre en charge les enfants de déportés, de les cacher et de les placer dans des familles d'accueil. Héros ordinaire, Jacques a échappé de justesse à la Shoah. C'est absolument poignant.

    /> Fils d'immigrés juifs, Jacques Salmona (1923-2015) connaît une enfance difficile mais intègre les Arts et Métiers en 1942. Il participe pendant la guerre à la Sixième, section clandestine des éclaireurs israélites de France, au rôle aussi méconnu que capital. Entré en 1947 chez Degrémont, entreprise spécialisée dans le traitement des eaux usées, il y fera toute sa carrière et en deviendra P.D.G.. À 90 ans, il écrit avec son épouse Lydia ce récit bouleversant, destiné à ses petits-enfants.

  • Jean Cavaillès, philosophe des mathématiques et spinoziste convaincu, a été co-fondateur du mouvement Libération et du réseau Cohors. Arrêté par la police française en août 1942, évadé en décembre, arrêté une nouvelle fois par le contre-espionnage allemand en août 1943, il fut fusillé en février 1944.
    Cet intellectuel de combat mena une guerre sans merci face aux nazis. Interrogé par la police, il expliqua que ses actes étaient fidèles aux valeurs des grands esprits allemands comme Kant, Hegel ou Beethoven. Rigoureux, logique et droit, Cavaillès prônait avant tout un engagement personne total et un refus absolu de rester les bras croisés face aux problèmes et aux situations.
    Dans ce portrait émouvant, Georges Canguilhem redonne vie à cet homme de conviction et de courage.

    Philosophe, histoiren des sciences et médecin français (1904-199), Georges Canguilhem fut résistant aux côtés de Jean Cavaillès sous l'occupation. Il fut aussi le directeur de thèse de Michel Foucault et est considéré comme l'un des pionniers de la philosophie de la médecine.

  • En 1940, la déroute militaire de la France s'accompagna d'un bouleversement politique qui vit disparaître
    la République. Né de la défaite, le nouvel État français fi t le choix de l'armistice et se proposa de conduire une « Révolution nationale », construite sur le socle idéologique de l'extrême droite. La haine de la démocratie et l'antisémitisme d'État furent deux des marqueurs de cette dictature, placée de bout en bout
    sous l'autorité du maréchal Pétain.
    Soucieux de voir reconnue sa souveraineté, le régime de Vichy opta pour la collaboration avec une Allemagne nazie perçue comme maîtresse du continent européen. Des rafles de juifs de l'été 1942 à l'État milicien en 1944, la dérive fascisante de Vichy était inscrite dans ce choix premier.
    En montrant la complexité d'un régime aux acteurs multiples et aux orientations parfois contradictoires, cet
    ouvrage saisit l'ensemble de la période, depuis les réalisations du régime jusqu'aux conditions de vie des Français occupés, sans oublier la lutte menée contre la France libre et la Résistance.

  • Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique, marquant la fin d'une période de latence que d'aucuns ont interprétée comme une victoire contre le fascisme. Héritiers de la résistance contre Mussolini et Hitler pendant les années 1920 et 1930, les antifascistes, eux, n'ont jamais baissé la garde et ont bâti une longue tradition de lutte contre l'extrême droite que chacun d'entre nous gagnerait à mieux connaître aujourd'hui.

    Dans cette captivante enquête, Mark Bray donne un aperçu unique de l'intérieur de ce mouvement et écrit une histoire transnationale de l'antifascisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Rédigé à partir d'entretiens menés avec des antifascistes du monde entier, L'antifascisme. Son présent, son passé et son avenir dresse la liste des tactiques adoptées par le mouvement et en analyse la philosophie. Il en résulte un éclairant portrait de cette résistance méconnue, souvent mythifiée, qui lutte sans relâche contre le péril brun.

  • Hommes, femmes, journalistes, chercheurs, ouvriers, fonctionnaires, français, étrangers : ils ont été le bras armé de la Résistance intérieure et l'honneur de la nation. « Gallia », « le commandant Bourgat », « Joseph Pascal », « George », « Mme Delepine », « Rex » ou « Max », « Raymond », « Rémy », « Roulier » ou encore « Duval »... Plongés dans l'une des périodes les plus troubles de l'histoire de France, chacun d'entre eux est devenu, par conviction, par des choix répétés, par fidélité à ses valeurs, l'incarnation du courage.
    Découvrez le portrait de ces dix figures de la Résistance, à lire comme de véritables récits d'aventures. Ils sont enrichis de leurs textes, lettres ou discours, les plus emblématiques.

  • Boris Cyrulnik et Tzvetan Todorov ont traversé l'époque de manière singulière. Le premier, né en 1937 dans une famille d'immigrés juifs d'Europe centrale et orientale, fut l'un des rares rescapés de la rafle du 10 janvier 1944 à Bordeaux et popularisa, bien des années plus tard, le concept de « résilience », cette capacité psychique à se reconstruire après un traumatisme. Le second, né en 1939 à Sofia (Bulgarie), rejoint Paris en 1963 et s'attacha dès les années 1980 aux questions mémorielles et au rapport à l'autre.
    L'un et l'autre ont connu le totalitarisme et cherché à comprendre ce qui peut nous permettre de résister à la terreur, ce qui fait tout l'intérêt ici de leur dialogue.

    Tzvetan Todorov, né en 1939 et mort en 2017, historien des idées, essayiste, sémiologue.
    Boris Cyrulnik, né en 1937, psychiatre, psychanalyste, éthologue.

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