• Fernando Pessoa a beaucoup écrit sur lui-même. Un singulier regard peut être vu comme un prélude à son oeuvre et le complément de son chef-d'oeuvre et livre total, Le Livre de l'intranquillité. Les textes qui composent le présent volume révèlent en effet des aspects méconnus de l'auteur à travers des textes et correspondances. Ils constituent un journal de sa vie intérieure, tout entière tournée vers l'auto-analyse.
    On trouvera dans cet autoportrait passionnant, souvent impitoyable, la lente progression d'une personnalité en pleine gestation, depuis une adolescence chaotique jusqu'à une maturité magistrale. Les écrits très intimes rassemblés ici montrent l'angoisse, la solitude et la lucidité de l'écrivain et la genèse de sa personnalité.

  • Le monde de Richard Brautigan est peuplé d'antihéros maladroits, d'oncles menteurs, d'après-midi de pêche à la truite, de méditations au bord de la rivière Long Tom, de parties de chasse en Oregon qui virent au tragique ou d'adolescents qui menacent de devenir de « dangereux criminels » s'ils n'obtiennent pas une nouvelle télévision... C'est l'Amérique du drame privé, de la catastrophe ordinaire racontée à travers ces récits très personnels et teintés d'humour.
    La Vengeance de la pelouse est aussi une plongée dans la période californienne de la vie de l'auteur, sans doute la figure la plus étrange et excentrique de la Beat Generation : on y aperçoit son sourire malicieux, sa mélancolie rieuse, son regard à la fois tendre et moqueur sur son époque.

  • La narratrice est atteinte d'une maladie auto-immune, autrement appelée maladie de compagnie, "compagne fidèle", dira-t-elle ironiquement, qui la diminue. Le corps s'attaque lui-même en tentant de se défendre, les virus s'engouffrent dans la brèche d'une immunité réduite. Hors de moi dit la rage de la malade qui refuse de se soumettre à cette condition. La narratrice analyse avec lucidité la souffrance, dissèque la maladie, ses effets sur l'humeur, la résistance qu'elle tente de lui opposer. Elle restitue l'impuissance de la pensée face à l'obsession de la maladie. Loin de sombrer dans la résignation et la tristesse, ce récit est porté par l'énergie de la colère qui redonne toute sa vigueur au sujet exsangue. Jusqu'à ce qu'apparaisse, inattendu et renaissant, le désir.

    Claire Marin est née en 1974 et enseigne la littérature et la philosophie. Elle vit à Paris.

  • Le « Bairro », ce célèbre quartier inventé par Gonçalo M. Tavares qui rassemble des Messieurs célèbres, - écrivains, dramaturges, poètes ou scientifiques - accueille cette année de nouveaux voisins : Monsieur Henri, Monsieur Juarroz, Monsieur Breton et Monsieur Eliot.

    Réunis pour la première fois, chaque Monsieur apporte sa vision sur notre monde, à la fois philosophique, surréaliste, ironique, voire absurde jusqu'à l'extrême. Mais tous ont un objectif commun : comme le village d'Astérix, ce « bairro » entend bien résister, coûte que coûte, à l'avancée menaçante de la barbarie.

    Une nouvelle fois, Gonçalo M. Tavares nous interroge, avec le talent qu'on lui connaît, sur notre rapport au quotidien et sur notre capacité à nous adapter ou à nous heurter à la réalité.

    Auteur portugais, Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Après avoir étudié la physique, le sport et l'art, il est devenu professeur d'épistémologie à Lisbonne.

    Depuis 2001, il ne cesse de publier (romans, poèmes, essais, pièces de théâtre, contes et autres ouvrages inclassables). Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal).

    Il est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine.

  • À l'origine de ce livre, il y a un sentiment de malaise qui habite l'auteur en tant que psychanalyste  et citoyen d'un pays démocratique. Dans la vie des institutions psychanalytiques, comme dans le fonctionnement de nos sociétés, de vives tensions se sont développées durant les dernières décennies, là même où l'on aurait pu imaginer qu'une discussion plus sereine aurait pu limiter les conflits.

    Par la place qu'elle donne à la parole, la psychanalyse a vocation à valoriser la faculté de dialoguer. Si la cure psychanalytique n'est pas réductible à un échange « horizontal » et doit ménager une dissymétrie nécessaire - mais  non une position de surplomb - entre   l'analyste et l'analysant, l'auteur soutient qu'elle ouvre à un dialogue différent où chaque mot, chaque geste prennent un sens plus fort et révèlent quelque chose du discours de l'inconscient.

    À partir de ce point de départ, Roland Chemama reprend un grand nombre de questions, qui sont celles de la psychanalyse actuelle, du fait de son développement propre, mais aussi des données de l'histoire contemporaine.

  • Qu'est-ce que voir? Qu'est-ce que dire ce que l'on voit? Qu'est-ce que faire voir? Qui dit ce qu'il faut voir? Cette étude tente de dégager l'économie propre à l'image dans le marché des visibilités auquel tout concourt aujourd'hui à la réduire.
    Toute image ne fait-elle pas le deuil de son objet? Comment se construit la légitimité et le sens du jugement portant sur des objets "iconiques" qui sont des figures émotionnelles? La passion de l'image est indissociable en Occident du destin iconique de la Passion christique. Cette passion ne s'est pas contentée d'articuler l'image à la doctrine de l'incarnation, elle a aussi fait l'objet d'un traitement institutionnel. Le vocabulaire de la chair s'est trouvé lié au lexique du corps de l'Église et, par la suite, à celui de tous les pouvoirs fondés sur l'adhésion et la soumission des regards.
    Décider d'une image est l'affaire d'un commerce, celui des êtres de parole qui ne cessent de faire circuler tous les signes qui produisent un monde commun. L'économie du visible est un choix politique, celui du partage des goûts et des dégoûts, donc des formes sensibles où se jouent les figures de l'amour et de la haine, donc d'une humanité qui reste toujours à construire.

  • Ce livre développe une question critique posée et reposée à nos certitudes devant l'image. Comment regardons-nous ? Pas seulement avec les yeux, pas seulement avec notre regard. Voir rime avec savoir, ce qui nous suggère que l'oeil sauvage n'existe pas, et que nous embrassons aussi les images avec des mots, avec des procédures de connaissance, avec des catégories de pensée.
    D'où viennent-elles, ces catégories ? C'est la question posée ici à la discipline de l'histoire de l'art, dont le développement actuel - la finesse de ses outils, son impressionnante capacité d'érudition, sa prétention scientifique, son rôle dans le marché de l'art - semble autoriser le ton de certitude si souvent adopté par les professionnels de l'art, les savants de l'image. Or, qu'est-ce qu'un savoir lorsque le savoir porte sur ce Protée que l'on nomme une image ? La question exige de mettre à jour la « philosophie spontanée » ou les modèles discursifs mis en jeu lorsque nous cherchons, devant un tableau ou une sculpture, à en tirer, voire à en soutirer une connaissance.
    Entre voir et savoir se glissent bien souvent des mots magiques, les philtres d'une connaissance illusoire : ils résolvent les problèmes, donnent l'impression de comprendre. Ces mots magiques, Vasari, le premier historien de l'art, au XVIe siècle, en a inventé de fameux, qui traînent encore dans notre vocabulaire. Panofsky, le « réformateur » de l'histoire de l'art, au XXe siècle, les a critiqués dans un sens, à l'aide d'un outil philosophique considérable - la critique kantienne de la connaissance -, mais il les a restaurés dans un autre sens, au nom de l'humanisme et d'un concept encore classique de la représentation.
    C'est du côté de Freud que l'on a cherché ici les moyens d'une critique renouvelée de la connaissance propre aux images. L'acte de voir s'y est littéralement ouvert, c'est-à-dire déchiré puis déployé : entre représentation et présentation, entre symbole et symptôme, déterminisme et surdétermination. Et, pour finir, entre la notion habituelle du visible et une notion renouvelée du visuel. L'équation tranquille - métaphysique ou positiviste - du voir et du savoir laisse place dès lors à quelque chose comme un principe d'incertitude. Quelque chose comme une contrainte du regard au non-savoir. Quelque chose qui nous met devant l'image comme face à ce qui se dérobe : position instable s'il en est. Mais position qu'il fallait penser comme telle pour la situer malgré tout dans un projet de connaissance - un projet d'histoire de l'art.

    Ce livre est paru en 1990.

  • André Meynard développe comment, bien au-delà de la seule vocalisation, nous venons au monde grâce à la rencontre avec un tissu langagier désirant, multimodal, qui nous préexiste. Un tel tissu, avec ses divers brins sonores, gestuels, tactiles et visuels, oriente souvent étrangement le cours de notre vie.  À partir de quelques traces de son propre roman familial, il évoque ainsi les voies singulières qui ont rendu possible sa rencontre avec les Sourds, ceux donc qui parlent avec les mains et entendent avec les yeux.

    Prendre langue avec de tels sujets, trop vite qualifiés de handicapés de la parole, n'est en effet pas si simple. À l'épreuve de cette rencontre qui dérange et met en tension nos repères coutumiers, l'auteur s'est notamment attaché à entendre ce que les enfants Sourds transmettent, à travers ces langues gestuelles animées de ces lueurs du pulsionnel qui seules nous humanisent...

    Dans ce travail référencé, il s'appuie sur sa pratique analytique et sur de nombreuses oeuvres artistiques qui se révèlent attentives à ces modalités gestuelles langagières d'ordinaire si négligées, pour montrer que nous pouvons être enseignés par l'altérité et la dissemblance. 

  • C'est quoi un handicap ? Tous les handicaps sont-ils visibles ? Le handicap, ça concerne qui ? Peut-on aller à l'école avec un handicap ? Les handicapés ont-ils des superpouvoirs ?Un livre indispensable pour changer notre regard sur les autres et vivre tous ensemble dans la même société, écrit par Sylvie Baussier, auteur de plusieurs livres jeunesse sur le handicap.

  • Sous la direction des pères Xavier Chavane et Louis-Pasteur Faye.« Les questions ou les objections qui nous sont faites, mais aussi la pratique et les convictions religieuses des non-chrétiens ont toujours représenté et représentent aujourd'hui encore pour nous une véritable provocation, au sens le plus positif du terme. » Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles (extrait de la Préface). « Comment pouvez-vous dire que Dieu est trois ? Jésus ne peut pas être le fils de Dieu parce que Dieu est unique ; il n'a pas de fils ! Nous prions cinq fois par jour, pourquoi ne priez-vous pas ?, etc. » Autant d'interpellations auxquelles il est parfois difficile de répondre.Les auteurs donnent dans cet ouvrage pratique, simple et clair, les clefs pour un dialogue fécond à partir du contenu de la foi chrétienne et de ce qu'en disent les musulmans. Conçu en priorité pour les jeunes qui vivent au quotidien avec des musulmans, leurs éducateurs et leurs parents, il intéressera tout catholique souhaitant rendre compte de sa foi pour transmettre la joie d'appartenir au Christ.

  • À l'heure où tant de couples divorcent, et où la quête de plaisir exerce une si grande fascination, peut-on encore croire en un amour épanouissant et durable ? Peut-on encore croire au mariage ? Il est étonnant de constater qu'aimer et être aimé en vérité, de tout son coeur et de tout son corps, demeure une aspiration profondément ancrée chez la plupart des jeunes, même s'ils n'osent pas toujours y croire. C'est d'abord à eux, mais aussi à tous ceux qui les entourent, que François de Muizon s'adresse dans cet ouvrage.L'intuition que le don de soi est un chemin d'accomplissement et de bonheur ne saurait être une simple utopie, une option à la carte. Inscrit comme un secret au plus intime de nos corps d'hommes et de femmes, ce don nous met en contact avec le mystère même de Dieu.

  • Rétine

    Théo Casciani

    Les lumières de la salle d'exposition avaient imprimé quelques taches sombres sur ma rétine, et lorsque je finis par dévier le regard en découvrant une silhouette en fuite, j'eus le temps d'apercevoir l'image de ses yeux vairons qui pleuraient.

  • "Il n'y a pas une façon de faire de l'aquarelle. Il y a des aquarellistes qui réinventent en permanence sa beauté. Tout juste peut-on évoquer ses propres voies en espérant que perdure le goût de cet art si délicat." Tel est le projet de cet ouvrage : expliquer une façon singulière de procéder. Celle de Philippe Lhez, peintre épris des paysages qui l'entourent depuis l'enfance, qui traduit avec justesse leur luminosité changeante, les brumes subtiles qui nimbent les montagnes, la riche profondeur de l'ombre au creux des vallons et des rivières, la densité des feuillages...Seize aquarelles vous sont ici expliquées étape par étape, du dessin jusqu'à la touche de pinceau finale. Le dessin est l'ossature sur laquelle se poseront librement les voiles de couleur. Vous apprendrez à guider l'eau et à vous laisser guider par elle ; à chaque étape humide convient un type d'intervention qui vous sera minutieusement expliqué. Les aquarelles qui résultent de ce procédé sont d'une grande précision sans raideur ni sécheresse car l'eau en est le fil directeur. L'eau sera votre point de départ et votre point d'arrivée.Laissez-vous guider...

  • Comme le montre la lecture de l'Hommage de Lacan à Marguerite Duras, la transmission de la clinique de l'analyste fait partie de la dynamique de la sublimation de celui-ci.

    L'hommage fait par Lacan à Marguerite Duras pour Le  Ravissement de Lol V. Stein garde son actualité 50 ans après. Il noue la problématique de la sublimation (destin d'une pulsion sans refoulement) à celle d'une fiction clinique faisant cas ; en l'occurrence, une folie féminine qui s'inscrit dans la suite de celles de Marguerite Anzieu (cas Aimée) et des soeurs Papin.

  • L'ensemble de ces textes témoigne d'un parcours, d'une trajectoire d'une quinzaine d'années qui n'est pas seulement celle de l'auteur, mais aussi celle de la revue où ils ont été écrits, les Cahiers du Cinéma, depuis la rigidité théorique et idéologique du début des années 1970 jusqu'au post-modernisme des années 1980. On y suivra l'inflexion d'une pensée, d'une écriture, des goûts et des engouements qui définissent une époque - voire plusieurs. (P.B.)Après des études de philosophie, Pascal Bonitzer entre en 1969 aux Cahiers du cinéma, où il écrit jusqu'au milieu des années 1980. Parallèlement il devient scénariste et collabore à de nombreuses reprises avec Jacques Rivette, André Téchiné ou encore Raoul Ruiz. Encore, son premier long métrage, obtient le Prix Jean-Vigo en 1996. En 2016 sort son septième film : Tout de suite maintenant.

  • Oubliez les idées reçues ! Pour dessiner en perspective et équilibrer une composition, il n'est pas nécessaire d'être un artiste aguerri.Ces notions fondamentales sont ici expliquées de façon simple et novatrice. Vous apprendrez à placer les points de fuite, à jouer sur le cadrage, les proportions, la couleur, autant de techniques à combiner pour obtenir un dessin réussi... tout simplement !

  • Dans le contexte politique actuel, qui dénie au psychisme toute participation aux difficultés autistiques, les auteurs réunis par la CIPPA rendent compte de leur pratique clinique, institutionnelle et de leurs recherches auprès d'enfants autistes et de leur famille. Cet ouvrage ne cherche pas à être exclusivement une « défense et illustration de la psychanalyse ». Au contraire, il se situe constamment dans une perspective d'ouverture et de jonction avec les disciplines cognitives et les recherches scientifiques qui sont à y associer. À l'orée des restrictions théorico-cliniques mises en perspective par le 3e plan autisme (2013/2017), il défend la richesse des complémentarités et des atouts que proposent, dans le respect d'un cadre consensuel, l'imagination, la créativité, le plaisir partagé et les vertus essentielles d'une observation fine et continue. S'inscrivant dans un partenariat constant avec les parents, il se désolidarise complètement d'une psychanalyse qui accuse ou met à distance toute articulation avec le milieu familial.

  • Journal du regard

    Bernard Noël

    Entre la réalité et nos yeux, toujours du vocabulaire s'interpose : nous croyons voir mais ne faisons que lire. D'ailleurs le regard en lui-même n'est pas cet instrument d'information et de constat qu'il nous semble : il n'est pas qu'un aller et retour, c'est un espace, un espace sensible qui s'emplit du sentiment d'un toucher visuel. Le Journal du regard est donc un travail sur le regard, que l'auteur a commencé en 1970, la peinture y est souvent présente, la question toujours relancée est : que voit-on quand on voit? Qu'est-ce que le regard? Qu'est-ce que le visible?

  • Les politiques nous mentent ? Apprenez à reconnaître leurs techniques préférées ! Oui, les politiques nous mentent, nous dit Thomas Guénolé. Mais pas plus que tous ceux qui ont quelque chose à nous vendre. Cela étant, comment se fait-il que l'image d'un politicien soit beaucoup plus négative que celle d'un publicitaire ? Comment expliquer que des deux professions qui utilisent le plus le mensonge, seule celle de politicien soit si violemment rejetée ? C'est que le publicitaire, lui, ne nous a jamais demandé notre confiance en nous regardant droit dans les yeux, pour ensuite la trahir.
    Thomas Guénolé décrit ici pour nous les techniques utilisées par les politiques pour nous mentir. À l'aide d'exemples concrets, tirés du débat politique actuel, il nous aide à comprendre les astuces de langage et le double sens si chers à nos politiciens. Ce livre est utile à tous : à la politique, à laquelle il veut rendre ses lettres de noblesse, et aux électeurs, qui comprendront qu'embellir le " produit électoral " fait partie intégrante du rôle du " vendeur politique ".
    À la fin de chaque chapitre, des exercices suivis de leurs corrigés permettent au lecteur de s'entraîner à détecter les mensonges en politique.

  • P'tit gros

    Benoît Grelaud

    Axel est un garçon en surpoids. Chaque jour, il doit affronter le regard et les moqueries de ses camarades d'école. L'adolescent trouve refuge dans les livres et les jeux vidéo, mais, bientôt, son mal-être croissant manque de lui faire commettre l'irréparable.
    À travers les pages de son journal intime, Axel raconte son combat contre l'obésité et contre les épreuves de la vie. Au fil des années, il est confronté au deuil et à la souffrance, mais il découvre aussi l'amour, le courage, et développe une passion pour la boxe.Et si c'était ça, la solution pour lui donner confiance en lui ?

  • Il y a le corps habillé entre les séances, et le corps nu qui s'arrête de bouger. Quand je monte sur l'estrade, je ne déshabille pas le premier. C'est plutôt comme enfiler un costume de scène. Quel est votre personnage ? Je suis le corps nu.Nos mots parlent de nos pensées, nos gestes expriment nos sentiments, nos vêtements disent nos goûts. Silencieuse, immobile et nue, je ne montre que ce qu'expriment mes poses. Elles ne révèlent rien de mon intimité. C'est en écrivant que je me déshabille.

  • Une étude psychanalytique approfondie des troubles neurologiques de la représentation de soi qui s'appuie sur des observations, illustrées par des autoportraits de patients hémiplégiques. Entre neurologie et psychanalyse, le présent ouvrage est l'oeuvre d'un médecin chercheur dans un service dédié à la réadaptation après hémiplégie par accident vasculaire cérébral. Dans cet espace où la rééducation se base sur une évaluation des capacités et déficits cognitifs de chaque patient, la prise en charge au long cours permet aux réactions narcissiques, aux troubles du schéma corporel et de l'image du corps de déployer toutes leurs facettes.

  • La psychanalyse et le cinéma, dont les naissances sont simultanées, peuvent se rejoindre dans cette interrogation commune sur le féminin et ses représentations, dont la folie fait partie : comment montrer, mettre en scène, les arcanes de la position féminine ? L'image de la féminité, qui trouve une expression particulièrement saisissante dans le cinéma, se construit à partir de représentations évoluant au cours de l'histoire, et se modifie au fil du temps et des époques. Mais la permanence et la multiplicité des représentations de cette figure du féminin avec ses interrogations, voire ses débordements quand il s'agit de la folie, n'est peut-être pas qu'un simple produit de l'histoire, ou du contexte social et culturel du moment. Derrière les évolutions et les mutations qui semblent contraindre les corps à se plier à des contingences sociales ou artistiques, il subsiste des permanences qui échappent à la mode et à ses processus, comme elles échappent également à ses supports ou à ses destinataires.

  • Une toute jeune femme - qui n'est autre que l'auteur - lui-même atteint du mal de Pott - est envoyée à Berck, cité des grands malades osseux au bord de la mer du Nord, pour y faire une cure en sanatorium. La terrible maladie qui l'oblige à porter une gaine de plâtre, à s'astreindre aux régimes les plus durs, ne l'empêchera pas de vivre résolument, profondément, avec une extraordinaire lucidité, les étapes de ses souffrances, dont elle finira d'ailleurs par triompher. Pourquoi ? parce qu'elle croit en la force de la vie, en ses souvenirs heureux du pays de soleil où elle est née. Mais cette même lucidité, et cette même foi, l'amènent à pénétrer les drames de tous les « allongés » qui sont ses compagnons : des enfants innocents, qui s'interrogent sur l'injustice de leur sort ; des garçons et des filles, qui rêvent à l'amour, à la danse, à la souplesse de leur corps enfin délivré ; de cette Fanny Mazurier, qui trouve dans sa foi de quoi transfigurer son mal ; d'Alain Gilbert, dont l'extraordinaire passion obtiendra son exaucement ; de toutes ces vies mutilées, qui restent pourtant si vivantes, plus vivantes que les ordinaires existences, comme enrichies par leur épreuve.

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