Littérature générale

  • "Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures."
    Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Émile Ajar. On apprendra plus tard que derrière ce nom se cache le célèbre Romain Gary.
    L'histoire loufoque et touchante de Monsieur Cousin et de son python est racontée avec humour et tendresse par Jacques Gamblin. Un régal absolu !

  • Le légendaire Frankétienne présente Chaophonie, un ouvrage testamentaire, réflexion sur le temps, l'écriture et la ville, sous la forme d'une longue lettre à son fils Rodney Saint-Éloi. De Port-au-Prince à Montréal, la voix du vieil écrivain de Port-au-Prince roule en échos, éclatant en mille saveurs et délices cette langue dont lui seul connaît les folles arcanes.

  • L'homme des brouillards

    Herve Jault

    À l'aube d'une carrière d'ingénieur géomètre prometteuse, Civain est optimiste. La réussite semble garantie. Pourtant, le jeune Angevin souffre de schizophrénie. Cette maladie va envahir son esprit. Tout s'écroule alors.Abordant le monde du travail à la fin des années 2000, il va rencontrer des difficultés à l'embauche et surtout à se maintenir dans ses différents emplois.De cauchemar en cauchemar, sans jamais renoncer, il devra trouver la force de se relever et réussir coûte que coûte dans cette vie qui lui tend la main.Cette histoire, c'est le parcours semé d'embûches de cet homme qui tente de « faire son trou » sans pour autant « creuser sa tombe » et ainsi réaliser ses rêves.Que son cri en lui puisse résonner en nous.

  • Enfant au regard cocasse et lucide, amoureuse des odeurs, des saveurs et des mots, Béate se désole d'avoir des parents qui ressemblent à des enfants, une soeur calculatrice et un frère lémurien. Le temps qui passe lui apprendra à voir sa famille sous un autre angle : ses parents sont dévastés, sa soeur a une tête de scientifique et son frère est... schizophrène.

    Après la mort tragique de ce dernier, Béatrice devra affronter la culpabilité, le passé et surtout la vie qui continue, toujours et encore, malgré tout. Entourée de Wu, une Chinoise qui n'en est pas une et qui peint de grotesques personnages, et de Monsieur Pham, le charismatique Vietnamien du dépanneur qui fait de délicieux rouleaux impériaux, elle découvrira le réconfort et la douceur de l'amitié.

    Écrit avec une finesse et une fraîcheur remarquables, Quelque chose comme une odeur de printemps embaume le souvenir d'un hiver beau et glacial, non sans laisser quelques engelures.

  • Clara et Romain forment un couple improbable : il est actuaire, toujours tiré à quatre épingles, rigoureux, solitaire ; elle est brouillon, atteinte de schizophrénie, sans emploi. C'est pourtant leur rencontre qui marque le point de départ de ce roman à plusieurs voix : celle de Romain, et celles de Clara, qui souffre d'épisodes de dissociation. Quand la vie la bouscule, quand les chocs sont trop difficiles à encaisser, Clara s'efface au profit d'autres personnalités, pendant quelques jours ou quelques semaines. Elle se réveille souvent à l'hôpital, incapable de se souvenir de ses faits et gestes, entièrement dépendante d'une famille et d'un système souvent infantilisants.
    Si Romain souhaite de tout coeur fonder une famille, Clara s'y refuse. Quand elle comprend qu'elle est enceinte malgré les précautions prises, elle panique, s'emballe, se rebiffe et fuit. Au fil des pages se développe un jeu de manipulation et de pouvoir, dans lequel le corps de la jeune femme lui est en quelque sorte confisqué, son identité bafouée, au profit de cet enfant dont elle ne veut pas. Entre la folie de Clara, son honnêteté et sa vulnérabilité, et le désespoir de Romain, qui s'accroche à l'idée de la famille comme à une bouée de sauvetage, Marie-Ève Muller dépeint des personnages à vif, chacun pris dans ses contradictions et ses chimères, sans tomber dans un manichéisme primaire.

  • Le plus beau cadeau dans la vie d'une femme est de devenir maman. La naissance d'un enfant reste un moment inoubliable. 
    Mais Carole et son bébé vivent dans un cadre familial destructeur ; elle se promet alors de toujours protéger son petit Julien.
    Peu à peu, ce fils tant aimé va perdre pieds face à un monde hostile à ses yeux. Et malgré l'amour de sa mère, il se sent seul et incompris, meurtri par une vie qui ne veut pas de lui. 
    Son existence aura été un combat de tous les jours contre cette société qu'il ne comprend pas et qui l'abandonne, lui qui est resté « enfermé depuis tout petit ». 
    Cette histoire bouleversante est la sienne.

  • Marie-Christine fait une maîtrise en littérature portant sur un essai hermétique de Roland Barthes, une étude sémiologique consacrée à l'analyse d'une nouvelle de Balzac. Mais elle se perd dans les méandres d'une recherche absconse qui ne la mène apparemment nulle part.

    Surmenée, seule, malheureuse, inquiète, névrosée, prise d'un vertige existentiel, Marie-Christine se regarde sombrer peu à peu. « La folie est le début du non-être. Seul le fantasme est vrai. Je suis devenue une folle qui raisonne sa folie », estime-t-elle. Des visions, des voix sèment le trouble dans son esprit. Elle se sent entourée de danger, les autres deviennent ses ennemis, le mal est partout, les méchants envahissent le monde.

    Elle trouve néanmoins réconfort, amitié et compréhension auprès d'un petit groupe de marginaux « qui voient Dieu », mais elle va être entraînée avec eux dans un drame affreux, où se mêlent réalité et faux-semblants, hallucinations et psychédélisme, mythologie et ésotérisme.

    Un voyage aux confins de la folie et de la schizophrénie.

  • Si j'avais un enfant, je lui dirais des bêtises telles que celle-ci :

    « Un canular dans la mare aux canards, ceux qui t'abreuvent de nouvelles, de croissance, de prix fort, ceux qui prient pour ton avenir pensent à eux et, aux leurres, ils perdent foi en leur propre enfance tant le chemin qui chemine vers le monde dit : "adulte" est une route sinueuse, un arbre hêtre sans véritable racine, sans savoir d'où provient le nombre d'or !

    Dors, et rêve. Fais-nous entrer dans ton monde, toi qui l'arpentes du haut de tes six ans, fais-nous croire en nos paroles, fais-nous vibrer en regardant, un malabar, fais-nous danser en écoutant un juron. Fais-nous oublier que le monde est un jupon. Fais-nous rire, tant ta cervelle est d'illusions, ne nous fais pas mentir, car je ne pourrais que vomir. Fais-nous gémir de plaisir en étant juste toi, avec ou sans toit d'étoiles, au matelas épais ou sans un fils. Défie le ciel, et sa toile rose. Deviens une aurore boréale, une sculpture d'ange, un tableau de Miro, un dessein, et un essaim d'abeille, si nécessaire à la tomme de Savoie, à l'atome de nos voix. Voyage dans ta conscience, enfant des sept lunes, dis-nous tout, et nous serons capable d'être quoi : d'être heureux ! »

  • Alice est constamment déçue par sa relation en dents de scie avec son copain, un animateur de radio à la fois attirant, arrogant et égocentrique, qui profite de sa notoriété pour séduire à répétition les femmes qu'il rencontre. Elle décide alors d'ouvrir son coeur à d'autres hommes, même si l'ombre de cette relation intense semble toujours planer au-dessus d'elle. Mais au travers de ses amours tumultueuses, elle se rend compte que des changements de comportement incompréhensibles surviennent de plus en plus souvent chez sa soeur Marie. Que lui arrive-t-il? Est-ce que cette dernière est victime d'une secte ou de mauvais esprits? Quelles sont ces voix qu'elle dit entendre sans cesse, jour et nuit? Pourquoi a-t-elle abandonné ses cours de danse qu'elle affectionnait tant?

    Peu à peu, Alice est bien obligée de se rendre à l'évidence : Marie souffre d'une grave maladie mentale. Débute alors un long combat contre la schizophrénie, contre le rejet et la négation, qui sera gagné à coups d'amour et de médicaments.

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