Langue française

  • C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

  • Et si Baudelaire revenait parmi nous ? S'il flânait de nouveau dans nos ruelles ? En l'occurrence à Paris, comme en son temps. Dans ce récit haletant, Baudelaire resurgit sous la forme, non du dandy qu'il incarna jadis, mais du vagabond, misérable hère qui assiste, affalé sur le bitume, à la valse de nos contemporains et essuie leur mépris. Lui qui redoutait tant de se sentir inférieur à ceux qu'il dédaignait, le voici hué, puis bientôt hissé à la tête d'une parade de zombis avant de connaître le destin d'une âme suppliciée. Par vagues réminiscences, lui parvient le souvenir de son être passé et de son oeuvre. "La rue assourdissante autour de moi hurlait", écrivait-il jadis dans son poème À une passante.

    Anthropologue, Eric Chauvier est né en 1971. Il a déjà publié, aux éditions Allia, Anthropologie (2006), Si l'enfant ne réagit pas (2008), Que du bonheur, La Crise commence où finit le langage (2009), Contre Télérama (2011), Somaland (2012), Les Mots sans les choses (2014) et Les Nouvelles Métropoles du désir (2016).

  • "Nous courions comme des fous dans cette ville endormie", ainsi commence ce roman bouleversant, déroutant, course éperdue à la fin tragique, dans un voyage au bout de la vie. Commencé dans une Ville où l'on peut reconnaître Lille, il se poursuit dans une Île où l'on peut reconnaître Belle-Île en mer, d'un huis-clos, l'autre, mais peu importe les lieux. Il commence dans l'après-guerre, dans les années 68, et fait se croiser et se rencontrer quantité de personnages improbables ou réels, désignés par une initiale ou un sobriquet, suivant leur degré d'intimité avec les narrateurs. Dans une multitude de situations dont beaucoup auront la conviction de les avoir vécues, tout ce monde est sur une route, sur la route, sur des routes qui se croisent sur fond de musique, d'alcool, de sexe, dans les bistrots, les piaules, les ateliers d'artistes ou au travail, avec enthousiasme, joie de vivre ou spleen et désespoir, dans de grands ou petits débats et ébats. Dans ce roman sans intrigue et sans héros, l'histoire se construit imperceptiblement par petites touches, rencontres successives en un tableau pointilliste et surréaliste, abordant au passage de grands sujets sérieux. La langue est utilisée dans toutes ses possibilités du grand classicisme au patois lillois, avec des images poétiques, des envolées lyriques. Un roman inclassable hors des chemins actuels.

  • L'aube est une promesse

    Anne Hae

    Ce recueil est un pétale de féminité.

    Une femme-fleur vit au rythme du soleil. Voici sa vie entière qui dure un jour : à l'aube, au zénith et au crépuscule.

    Poésie libre et moderne.

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