• À ces êtres qui ne m'ont jamais plu !

    Poète dandy, Lord Byron (1788-1824) a écrit une oeuvre empreinte de mélancolie. Mais aussi de rébellion. Mis au ban, par l'aristocratie à la suite de scandales, aussi bien publics que domestiques, il quitta l'Angleterre, se réfugia en Suisse puis en Italie. Mais il était alors déjà entré dans la légende, incarnant le romantique révolté par excellence. Son oeuvre et sa vie ont remporté l'admiration de Shelley et de Goethe, et inspiré Delacroix et Berlioz. Allia a déjà publié Poèmes et Caïn.

  • Rédigée en 1917 et publiée en 1921, au tout début du mouvement Dada, L'Apologie de la paresse possède un charme mélancolique singulier, un ton qui ne ressemble à aucun autre. De fragments en fulgurances, ce pamphlet poétique aurait toute sa place dans l'Antologie de l'humoir noir. Face à la société marchande, l'auteur invite à l'insoumission, à la nonchalance, à la joie et au rire dans une langue vive, libertaire et iconoclaste à souhait. Dans cette apologie où se mêlent lyrisme iconoclaste, érotisme noir et terminologie savante, Clément Pansaers tire une conclusion sans concession : la paresse est la condition souveraine de la raison humaine.

    Clément Pansaers (1885-1922) est un artiste belge, peintre, sculpteur, graveur et poète. Destiné aux ordres, il quitte le séminaire à 21 ans et s'engage comme bibliothécaire à la Bibliothèque royale. Inspiré par cet environnement, il commence à rédiger des poèmes dès 1916. Proche des cercles avant-gardistes de Belgique, il crée en 1917 la revue "Résurrection", profondément antimilitariste. Chef de file du mouvement Dada en Belgique à partir de 1919, il rejoint le groupe parisien en 1921.

  • La musique est mystère, la musique est danger, mais surtout la musique reste possibilité. Il ne s'agit pas d'un divertissement passif. Au contraire, elle est toujours à même de créer chez l'auditeur des passions nouvelles et de changer le cours de sa vie.
    Avec cette conférence prononcée le 20 janvier 1929, Paul Nougé signe l'un des textes majeurs du surréalisme, à la fois théorie philosophique et pamphlet politique. Si l'on a fait de la musique, de la peinture ou de la poésie de simples distractions, c'est pour mieux nier leur potentiel subversif, à même de bouleverser l'ordre social.
    Avec un esprit d'une indépendance rare, Nougé se tourne vers les voies qui restent à explorer par les artistes de tous horizons. Ne soyez sûr que d'une chose : "Il est certain que la musique est dangereuse."

    Le belge Paul Nougé (1895-1967) rencontre en 1925 Breton, Aragon et Eluard, et signe le tract La Révolution d'abord et toujours. Il devient, avec Magritte, le premier instigateur du surréalisme en Belgique et son théoricien le plus original. Il est le premier exégète de l'oeuvre de Magritte en publiant Les Images défendues en 1929. Il publie dans les revues Variétés et Documents. Mais Nougé est un solitaire. Il rompt avec André Breton en 1950 et rejoint Marcel Mariën et sa revue Les Lèvres nues.

  • Bernard Comment égratigne la Suisse des années 1990, celle qui refuse l'entrée dans l'Union européenne, fiche ses citoyens, maintient la distance avec les étrangers ou les pauvres. Altermondialistes embourgeoisés, fonctionnaires-fourmis et clochards penseurs se croisent dans ces cinq nouvelles aussi lucides que subversives.

    Le recueil est accompagné d'une préface contextuelle par Hans-Ulrich Jost, sommité de l'histoire contemporaine helvétique.

    Ne a Porrentruy, Bernard Comment vit a Paris, ou il dirige notamment la collection Fiction & Cie aux éditions du Seuil. Auparavant, il a entre autres travaillé comme chercheur a l'École des hautes études en sciences sociales. En 2011, il est lauréat du Prix Goncourt de la nouvelle pour Tout passe, publié par Christian Bourgois au même titre que la majeure partie de son oeuvre littéraire.

  • Au fil des ans, Scutenaire a égréné ses Inscriptions, dans le sillage de Restif de la Bretonne ou de Lichtenberg. Bien plus que de simples aphorismes - avec ce que le terme peut comporter de creux ou de factice -, les réflexions de Scutenaire vont au plus profond sans avoir l'air d'y toucher. Sa méfiance généralisée perce à ce jour les ressorts cachés du moi et du monde, et de cette déconstruction naît une oeuvre d'une richesse infinie, à laquelle on peut sans cesse revenir puiser.

  • "J'ai quelque chose à dire. Et c'est très court." Voilà qui résume la forme lapidaire, définitive et jouissive, privilégiée dans ce recueil, à mi-chemin entre le journal et le cahier d'humeur. Poèmes, aphorismes, sentences entendues et brefs récits se succèdent à un rythme effréné, comme s'il l'on suivait le cours de la pensée de ce poète anti-poète. Scutenaire ose écrire ce qu'il pense et touche à tous les registres du verbe. Il décrit les livres qu'il aime, les auteurs qui comptent, les mots qui lui importent ou les attitudes qui l'insupportent. Ce recueil regorge de trouvailles langagières et philosophiques, forme un puits de connaissance inépuisable et un témoignage sensible sur une personnalité hors du commun. "C'est ça le génie : ne pas le faire exprès."

  • Quand les uns ont des difficultés dans leur couple, les autres ont décidé de risquer leur vie pour bousculer la politique d'un Etat. Le narrateur vient squatter chez une copine dont il a les clefs... mais d'autres sont déjà là, de vrais squatters qui n'ont peur de rien : ils ont déjà peint un phallus géant sur le pont face au bureau du KGB à Saint-Pétersbourg et ont déjà pendu des immigrés et des Juifs dans un supermarché. Ce groupe d'artistes anarchiste n'est autre que Voïna, mot russe qui signifie Guerre, une guerre qu'ils livrent depuis 2007 à un Etat fascisant.
    Le narrateur évoque avec brio cette nuit partagée avec la branche la plus radicale de l'art actuel. Un thriller à la fois drôle et haletant, avec des personnages interlopes, dont l'Inspecteur en charge du dossier. Guerre.

  • La tribu

    Jean-Michel Mension

    Dans ces entretiens, Jean-Michel Mension évoque les années qui le menèrent à participer, de 1952 à 1954, à l'existence chaotique et alcoolisée de l'Internationale Situationniste. Dans un Saint-Germain-des-Prés aujourd'hui disparu, en compagnie de Guy Debord, mais aussi d'autres figures moins connues et souvent fascinantes, on découvre un Paris interdit : celui des marges, des bistrots et des truands. Dans le récit de cette avant-garde subversive, entre art, liberté sexuelle et dérèglements de tous les sens, on assiste à la naissance d'une révolte qui embrasera, plus d'une décennie plus tard, la jeunesse de Mai 68. Il paraît dans une nouvelle édition, illustrée d'une iconographie renouvelée et augmentée de documents inédits.

    Jean-Michel Mension est né le 24 septembre 1934. Issu d'une famille de militants communistes, il est le premier adhérent de l'Internationale lettriste, créée par Guy Debord. Il en sera exclu à l'été 1954. Mobilisé durant la guerre d'Algérie, il rejoint en France le Parti Communiste puis, en 1969, la LCR. Il est notamment l'auteur d'une autobiographie (Le Temps gage) ainsi que d'une célèbre inscription sur les quais de la Seine : ``ICI ON NOIE LES ALGÉRIENS''. Il décède le 6 mai 2006.

  • 1917 ! On s'étonne de la date de la première de ces chroniques, tant cette satire du quotidien est loin de se contenir à son époque. Semaine après semaine, la Première Guerre mondiale, ses conséquences sur l'Europe, la politique internationale, le socialisme et, surtout, le Progrès, tout devient prétexte à l'antiphrase, au détournement, à l'ironie. Mais pas seulement : il est aussi question de raclette, de fondue, des compagnies d'assurance ou du chat de l'auteur, Flopsy. Outre un recul surprenant sur l'actualité, l'auteur fait preuve d'un humour sans ride. Il sait oeuvrer et manoeuvrer pour que nul ne perçoit l'acuité de ses analyses. Ses alliés : les mots, leur polysémie. Son style : l'ironie douce-amère à la Desproges. Sa philosophie : le "pessimisme gai". Préface de Gilles Losseroy.

  • Alassio, sur la côte ligure, 1939. Un jour, Giovannino se rend à l'école en tenue de tennis plutôt que de revêtir la chemise noire, symbole de la révolution fasciste. Il sera renvoyé parce qu'il révèle « une préoccupante attitude subversive à l'égard des institutions de la patrie ».
    « Gianni Clerici écrit avec une retenue, une pudeur mélancolique et lumineuse. En brefs chapitres, il nous livre le récit d'une enfance tour à tour enchantée et poignante, alors que les poisons du fascisme gangrènent les esprits et que la guerre éclate. » - Le Nouvel Observateur

  • Conversation avec Hannah Hoch Nouv.

    Hannah Hch revient sur les années d'émergence du mouvement le plus radical des avant-gardes européennes et sur son propre parcours. Elle rencontre Raoul Hausmann dès 1915. Alors que ce dernier est encore marqué par le Blaue Reiter, elle-même s'intéresse vivement à l'abstraction, à Kandinsky en particulier, avant de se tourner, comme Hausmann, vers le photomontage. Elle retrace ici la genèse de cette technique, qui vise à intégrer le monde des machines et de l'industrie dans l'art. Elle se souvient de la première foire du Club Dada, alors que celui-ci est encore empreint d'idées communistes. Avec esprit et vivacité, elle livre aussi ses souvenirs sur Kurt Schwitters, Piet Mondrian, George Grosz et révèle un pan méconnu des grandes heures de l'avant-garde la plus radicale du XXesiècle.

    Le poète, essayiste et traducteur américain Edouard Roditi (1910-1992) a vécu une bonne partie de sa vie en Europe, où il a oeuvré comme critique d'art pour différents périodiques français, anglais et américains. Auteur d'une biographie de Magellan, d'un essai sur Oscar Wilde et d'une multitude de textes en vers et en prose, il fut proche du mouvement surréaliste et le premier à traduire les écrits d'André Breton en anglais. Il oeuvra également en qualité d'interprète lors du procès de Nuremberg.

  • Dirigé par Sara Dion, le dossier de ce numéro est consacré au sexe. Catherine Chabot, Nathalie Claude, Nicolas Berzi, Andréane Leclerc et Éric Noël font partie des créateurs qui ont accepté de dire à quel point le sexe dans le théâtre québécois contemporain est audacieux, pudique, libre, politique, créatif ou encore convenu. Hors dossier, on trouve notamment une Carte blanche signée Alexandre Goyette, qui nous entraîne dans les coulisses du tournage de King Dave, et des entrevues avec les metteurs en scène Gisèle Vienne et Florent Siaud.

  • Quatrième titre de la collection Archipel dirigée par l'Association des professeurs de littérature acadienne et québécoise de l'Atlantique, cet ouvrage collectif regroupe des essais consacrés aux Nancy Houston, Nicolas Dickner, Dany Laferrière, France Daigle, Jocelyne Saucier, Hubert Aquin, Catherine Mavrikakis, Michel Tremblay et Jean-Marc Dalpé, entre autres.

    Réunies par Cécilia W. Francis et Robert Viau, ces études démontrent surtout que le retentissement des littératures acadienne, québécoise et francocanadienne est largement redevable aux discours et aux représentations de la transmission et de la rupture, et que cette tension entre continuité et subversion, tradition et révolte demeure présente en tant que mouvance littéraire plurielle et féconde qui ne cesse d'interpeller créateurs, lecteurs et critiques.

    Les thèmes de transmission et de transgression regroupent une sphère de problématiques coextensives aux enjeux clés d'un corpus étendu de textes littéraires issus de l'Amérique francophone, recouvrant les champs acadien, québécois et franco-canadien.

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