• S'appuyant sur sa longue expérience clinique, Alain Braconnier présente le chemin qui l'a amené à comprendre qu'une grande majorité des adolescents rencontrés dans ses consultations ne présentent pas de troubles psychiatriques manifestes - en particulier des angoisses corporelles, des addictions ou des dépressions majeures - mais qu'ils vivent un état de menace dépressive. La menace dépressive constitue le noyau central entre le processus d'adolescence, marqué par les « adieux à l'enfance » rendant tous les adolescents « déprimables », et la véritable dépression que certains peuvent malheureusement vivre. Cette notion permet d'appréhender les enjeux psychiques sous-jacents. L'écoute et l'action thérapeutique s'en trouvent totalement modifiées en permettant de se dégager des comportements apparents au profit d'un travail sur les obstacles au changement que demande cette période de l'existence.

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    Préface de René Schaerer

    En cancérologie et en soins palliatifs, poussés par une forte attente sociétale, les psychologues sont aujourd'hui invités à rencontrer les malades et les proches afin de les aider à articuler une parole claire, rationnelle et raisonnée, au plus près du discours médical. L'approche psychanalytique soutenue dans cet ouvrage consiste à effectuer un pas de côté vis-à-vis de cette posture de soin qui force la vie psychique.

    Il arrive que la maladie grave et la menace de mort deviennent l'occasion d'une parole autre sur soi  et d'une véritable transformation subjective. A contrario, certains malades, notamment en fin de vie, refusent de produire tout effort de mentalisation et préfèrent rester tranquilles ; il est alors tout à fait important de respecter cette ultime volonté. Mais le plus souvent, plus modestement, la pratique psychanalytique quotidienne aide le patient à retrouver sa parole et à se dégager du bain médico-technique qui tend à gommer les moindres variations subjectives.

    Les auteurs de cet ouvrage donnent à ce travail de construction de sens toute la valeur qui lui revient. Dans cet écart entre ce qui a été communiqué au patient et ce que lui-même en dit, vient justement se loger la part désirante, qui lui permet, autant que possible et parfois jusqu'au moment de sa mort, de rester vivant avec la maladie.

    Mise en vente le 7 mai 2015.

  • Alors que leur mission est de soigner, quels rapports les soignants entretiennent-ils avec la mort ? Ce livre permet d'approcher et de rendre intelligible différents modes, souvent non-conscient, de gestion de la mort par les soignants. Grâce à des analyses contextualisées, on comprend pourquoi la mort est apaisée dans certains services et intolérable dans d'autres, pourquoi certaines morts sont plus difficiles que d'autres pour les soignants ou encore pourquoi certaines spécialités useront de la violence entre collègues, d'humour noir, quand d'autres privilégieront le collectif et le dialogue.

  • Chaque année, des milliers d'enfants de moins de 18 ans subissent la mort d'un être cher. Ils font alors face à une myriade de sentiments, de croyances et de questionnements. À l'intention des adultes sensibilisés et des professionnels de l'enfance, les auteurs fournissent des outils pour penser ces circonstances si difficiles, accompagner un enfant en deuil et l'aider à affronter ses sentiments. Cet ouvrage collectif décrit le processus du deuil chez l'enfant, du tout-petit à l'adolescent et ce à quoi il faut s'attendre tout au long de son évolution et à la suite de cette épreuve. 10 à 15 % des enfants endeuillés éprouveront des problèmes psychologiques (dépression, anxiété, culpabilité, troubles de l'estime de soi, du sommeil, de l'humeur, problèmes de comportement...) ou auront des difficultés scolaires : il convient donc d'aider les profes-sionnels à élaborer ces situations de deuils et à aborder plus sereinement les questions que se posent les enfants sur la mort d'autrui mais aussi sur la leur.

  • Ce livre se veut pratique, utile et éthique par le profond respect pour la vie subjective dont il témoigne. Grâce à une description fidèle et vivante de situations concrètes, il développe une réflexion qui permet à la fois de mieux comprendre ce qui arrive lorsqu'un corps est diminué, et d'élaborer, chacun depuis sa place (soignants, patients, proches) des réponses adaptées. écrit dans un style vivant et limpide, cet ouvrage est d'abord un livre clinique. En faisant place à la parole des patients, de leurs proches et aussi à celle des soignants, l'auteure a pu montrer qu'une atteinte corporelle ne peut aller sans répercussions psychiques. Celles-ci vont bien au-delà de l'angoisse : les équilibres de vie sont déstabilisés, ce qui induit un retour sur soi et mène vers des changements dans les façons d'être. Le livre montre comment le psychanalyste peut aider, dans le respect de chacun, à faire face à ces bouleversements et à restaurer une dynamique psychique.

  • « Nous avons l'honneur de vous signifier votre admission au sein de l'établissement. » Cette phrase, adressée chaque année à de nombreux adultes en situation de handicap, marque le début d'une authentique aventure humaine. Loin d'être uniquement celle du futur usager, elle convoque de nombreux enjeux pour ses proches ainsi que pour l'institution elle-même et les professionnels qui y exercent.

    Comment construire une pratique favorisant un accompagnement propice au bien-être et à l'épanouissement de chacun ? Quels sont les écueils d'un système institué visant le délicat équilibre entre individualisation et vie en collectivité ?

    Ces questions constituent le coeur de cet ouvrage qui explore différentes facettes de l'aventure institutionnelle dans ses dimensions tant éthiques que cliniques. L'entrée en institution, le quotidien de la dépendance physique et mentale, les projets de vie, le devenir de chacun, la vie affective et sexuelle, les défis institutionnels... Autant de thématiques dont l'abord permettra de dessiner une démarche concrète de concertation éthique au sein des établissements.  

    Les auteurs, psychologues expérimentés dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap et de dépendance, développent une approche intégrative mêlant différents courants de la psychologie contemporaine à des considérations éthiques héritées de la philosophie. L'esprit humaniste de leur démarche vise en premier lieu à favoriser un accompagnement institutionnel respectueux de chaque sujet dans sa singularité.

  • Perdre un jumeau à l'aube de la vie est une épreuve douloureuse, souvent ignorée par les proches et la société. Cet ouvrage cherche à comprendre les enjeux de ce deuil singulier. Comment l'accompagner et trouver le ton juste, sans rendre obsédante la présence du jumeau mort au jumeau vivant, ni banaliser ou nier sa perte ? La perte périnatale d'un enfant jumeau constitue une crise violente, aux facettes multiples et complexes. Parfois, la douleur reste encore vive des années plus tard. Pour les familles comme pour les professionnels qui les accompagnent, il s'agit de relever le véritable défi d'affronter la douleur de la perte et de s'occuper du bébé survivant. Ce sujet est ici traité de façon vivante à travers le récit autobiographique d'une jumelle qui a perdu sa sœur à la naissance ; le portait « thérapeutique » d'une autre jumelle ; un entretien avec des parents confrontés à ce deuil particulier, une étude psychologique approfondie.

  • Un foetus exposé

    Collectif

    Lors des deuils périnataux, par interruption de grossesse spontanée ou médicale, les pratiques et les élaborations cheminent entre reconnaissance et déni du statut si original de ce foetus et de son corps. Comment approcher au plus près de ces instants si douloureux, pour les familles et les équipes qui les accueillent et les accompagnent alors ?

  • Ce journal, dont on va lire de larges extraits entrecoupés de commentaires, contient ce qui fut noté au fil des séances d'une analyse qui dura plus de cinq ans. Ecrits immédiats et cursits le plus souvent couchés sur le papier à la fin de chaque séance quand les paroles résonnaient encore.

    Même privé du "grain de la voix, le lecteur aura ainsi accès aux paroles de la patiente, gravement atteinte de troubles aphobiques, et au travail commun de l'analysante et de l'analyste.

    Ce journal permet d'accompagner le parcours intime, souvent difficile parfois drôle, où se fraye courageusement une personnalité nouvelle. Ce témoignage rare et émouvant se lira en contrepoint de l'essai L'espace et la phobie, premier tome de La peur de la peur.

  • Le traumatisme du deuil a créé une rupture dans le temps et l'espace psychique et cette rupture participe de l'énigme du deuil. Comment faire le deuil d'une ombre, de ceux dont on ne se souvient pas ? Peut-on faire le deuil d'une ombre ? En redonnant un corps au disparu-fantôme, en redonnant aux morts la possibilité d'être représentés sur la scène du langage, l'analyse serait le passage qui permettrait au sujet de vivre avec la perte plutôt que de vivre dans la perte.

  • La plainte occupe une place prépondérante dans tout discours de souffrance, elle constitue naturellement Yordinaire de toute pratique clinique. Evidence de cette présence pourrait en faire un point aveugle pour une conceptualisation.

    La plainte se fonde initialement sur la reconnaissance d'un objet : la mère et le constat, toujours récusé, de sa nécessaire distance. Avec cette hypothèse, cet essai voudrait la penser sans forcément la panser.

    La pratique de la psychanalyse met en évidence le recours répété aux mots pour dire la plainte, sans toujours préjuger des maux qui semblent la susciter. Sans jamais prétencire l'abolir, cet ouvrage ne se résigne pas à l'inéluctable de la plainte.

    Conçu à partir d'une clinique psychanalytique, il évoque régulièrement et concrètement des paroles de plainte pour en situer la valeur ajoutée subjectivement et les significations portées dans le lien intersubjectif.

    Pour autant, la réflexion proposée n"est pas repliée entre divan et fauteuil, tout praticien (médecin, travailleur social, psychologue, soignant...) à l'épreuve quotidienne de plaintes réitérées y trouvera l'occasion de les revisiter sans peut-être sien plaindre.

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