• L'institution de l'esclavage est une reprise complétée et actualisée d'un ouvrage qu'Alain Testart, décédé en 2013, avait publié sous le titre L'esclave, la dette et le pouvoir, en 2001, aux Éditions Errance.
    La définition de l'esclave a toujours été incertaine et le statut de ce que l'on met sous ce nom a beaucoup changé selon les temps et les lieux. Mais il reste toujours un exclu : exclu de la cité dans les sociétés antiques, exclu de la parenté dans les sociétés lignagères, exclu en tant que sujet dans les sociétés monarchiques. C'est l'exclusion d'une des relations sociales tenues pour fondamentales par la société qui distingue l'esclave des autres formes de dépendance et d'asservissement.
    Sous l'esclavage, gît donc la question du pouvoir. Il y a, pour l'auteur, un lien direct entre l'esclavage et l'émergence de l'État, qui s'arroge le monopole des esclaves, vis à-vis des pouvoirs concurrents, de tout ordre, économique ou non. D'où la constatation, bien documentée, que c'est dans les sociétés les moins centralisées et les moins hiérarchisées, en principe les moins oppressives, que se rencontre la pire condition de l'esclave. Et l'inverse : c'est dans les sociétés les plus autoritaires et despotiques que la condition de l'esclave semble la moins défavorable.
    Alain Testart est un des rares anthropologues qui disposent d'une culture aussi étendue, largement comparative. Cette nouvelle édition, établie par sa collaboratrice, Valérie Lécrivain, ajoute à l'ancienne un article inédit qui permet de préciser les thèses de l'auteur. Elle fait de ce livre d'il y a plus de quinze ans un livre neuf, plus adapté aux connaissances et aux sensibilités contemporaines

  • Dans toutes les sociétés de chasseurs-cueilleurs, il y a partage du gibier. Mais c'est seulement en Australie que ce partage obéit à une loi telle que le gibier y est systématiquement approprié par un autre que le chasseur. A travers le jeu de la réciprocité, cette non-appropriation par le producteur immédiat se résout en une appropriation par l'ensemble de la communauté. D'où l'idée d'un communisme primitif, entendu dans un sens tout différent de celui que lui a conféré la tradition marxiste ou anthropologique. Ce livre se propose d'exposer toutes les implications théoriques d'une telle idée en réexaminant en particulier certaines questions classiques de l'anthropologie sociale comme l'exogamie, la parenté et le totémisme. Pour mener à bien cet examen, il a été nécessaire de reconstruire le concept de mode de production et de préciser l'idée d'une articulation complexe entre structure économique et idéologie.

  • La déesse et le grain ; trois essais sur les religions néolithiques Nouv.

    La religion des premiers agriculteurs et pasteurs de l'Humanité, appréhendée à partir de l'ethnologie contemporaine et des témoignages archéologiques.

  • Les armes dans les eaux ; questions d'interprétation en archéologie Nouv.

    le mystère des armes jetées dans les eaux reste un mystère de l'archéologie. De quel rite est-il la manifestation ? Réflexions archéologiques et ethnologiques sur un phénomène qu'on retrouve jusque dans la légende du Roi Arthur.

  • Dans les tribus où existe une organisation dualiste, il y a répartition des êtres humains et des clans entre les deux moitiés. Mais en plus des hommes, ce sont en principe toutes les choses de l'univers qui se trouvent classées dans l'une ou l'autre moitié. L'étude de ces classifications dualistes de l'univers a été largement négligée par l'anthropologie sociale. Le présent travail prétend combler en partie cette lacune. Les classifications de l'Australie sont abordées d'une double manière : d'une part, en fournissant un modèle mathématique simple permettant la comparaison des classifications des différentes tribus ; d'autre part, en montrant comment une nouvelle approche de la mythologie permet de la relier à la classification de façon précise et détaillée. Cette double méthode met en évidence des différences significatives entre les classifications en moitiés matrilinéaires et celles en moitiés patrilinéaires, ce qui permet de poser de manière nouvelle le vieux problème de l'antécédance de la descendance en voie maternelle.

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