• Emmanuel Kant (1724-1804), le philosophe des Lumières, de la raison, de l'universel et de la liberté, le solitaire de Königsberg (Prusse), a révolutionné durablement la philosophie en lui donnant un tour critique.
    Le geste critique consiste à diriger l'attention non pas sur les objets de la connaissance mais sur les conditions de leur constitution, ce à quoi Kant s'est employé méthodiquement dans la Critique de la raison pure (1781-87), la Critique de la raison pratique (1788) et la Critique de la faculté de juger (1790).
    Philosopher, pour lui, ce n'est pas parvenir à une nouvelle définition du savoir, du juste ou du beau, mais s'interroger sur ce qui nous permet de parler du savoir, du juste ou du beau. Comment pouvons-nous penser ce que nous pensons ? Quelles sont les règles que nous suivons dans nos jugements et nos actions, et dans quelle mesure sont-elles légitimes ? C'est ce mode de questionnement qui autorise Kant à se réclamer de Socrate quand il évalue les discours et pratiques de son temps.
    Cet ouvrage se propose d'introduire à la cohérence mais aussi à l'actualité de la pensée de Kant, en exposant la signification de l'entreprise critique: revenant sur les conditions de l'activité philosophique, Kant découvre l'importance du jugement, de la réflexion et du sentiment. Il replace l'exercice de la raison dans la perspective concrète d'un sujet de sentiment, libre et sensible à la fois. On montre comment, à partir de là, il élabore une nouvelle conception de la subjectivité - legs de la philosophie kantienne à la pensée contemporaine.

  • Gilles Deleuze (1925-1995), est une des figures les plus controversées et les plus séduisantes de la philosophie contemporaine. Sa pensée, synonyme pour beaucoup de l'événement-Mai 68, semble avoir été oubliée par les milieux philosophiques institutionnels. Génie rusé ou innocent tricheur: à quoi tient la singularité de ce penseur excentrique?

    Ce livre essaye de répondre à cette question en soutenant que l'inactualité et le décalage de Deleuze sont une conséquence de sa conception de l'être immanent, de son désir de coupler de façon systématique une philosophie ""égalitaire"" de la Pensée-Culture à une philosophie ""univoque"" de l'être-Nature.

    Dans cette perspective, les concepts deleuziens (intensité, synthèses, séries, corps-sans-organe, pli, réseau, rhizome, éternel revenir de la différence, etc.) sont éclaircis et rattachés, dans leur nouveauté, à la grande tradition philosophique occidentale.

    Apparaît alors une image presque classique de l'auteur de Différence et répétition, L'anti-Oedipe, Nietzsche et la philosophie et Spinoza et le problème de l'expression.

  • De quelle façon la philosophie française du XXème siècle s'est-elle confrontée à la science ? La philosophie française a-t-elle élaboré un rapport à la science qui la différencie des autres traditions nationales de pensée - des traditions allemande et anglo-saxonne par exemple ? Et ce rapport singulier à la science, quelles conséquences a t-il pour la pensée si on considère la philosophie à l'horizon de ses enjeux les plus vastes ?
    Quelles conséquences en dérivent pour la pensée de l'art, de la politique, de l'homme et de la société contemporaine ?

empty