• Les Épluchures

    Aline Baudu

    • Ska
    • 31 Décembre 2020

    Un jour après un jour... puis un geste après un geste... des choses minuscules... dont la somme fait une vie...
    Quand elle prépare le repas, elle met les épluchures dans un grand saladier en plastique posé à côté de l'évier. Puis, elle prend le récipient, met ses vieux chaussons pour le dehors et vient jeter les déchets sur le tas de fumier. Je sais alors que c'est l'heure de déjeuner. J'arrête de jardiner, je rince mes mains dans le seau en fer et nous retournons vers la maison. Je quitte mes sabots que je pose à côté de ses chaussons abîmés, j'accroche mon bleu sur le portemanteau. Dans la cuisine, la table est mise : au bout ma place, sur le côté du tiroir sa place. En mangeant, nous nous racontons nos matinées. Elle a discuté avec Mme Chevrier, la voisine, qui vient de perdre son mari. [...]


    Aline Baudu regarde avec tendresse ces êtres au crépuscule de leur existence, et restitue ces riens qui constituent l'édifice de toute une vie.




    Les épluchures, suivi de Chez Gino, Aline Baudu, 2 nouvelles noires, collection Noire Soeur, 2.99 EUR




    9791023408461




    Fiction, littérature, vieillesse, Alzheimer, maison de retraite, fin de vie, vieux couple, solitude

  • Sous la carapace

    Aline Baudu

    • Ska
    • 1 Décembre 2016

    Cachée derrière les couches de graisse, il reste une âme. Réfugiée dans sa clinique d'amaigrissement, elle revit. En quelques pages, Aline Baudu nous fait partager les affres des êtres nés en dehors des canons de beauté dominants. Parfois leur poids est proportionnel à leur mal être. Maigrir, une injonction capitale, porteuse de souffrances et de joies paradoxales. Une nouvelle captivante abordant sans détours la complexité de la situation des personnes en surpoids. EXTRAIT Au début je voulais pas venir. Le docteur m'a dit que ça pourrait devenir dangereux si je continuais comme ça, qu'il fallait s'occuper du problème. Et les enfants ? « On saura bien se débrouiller ». Je ne vivais plus. J'ai commencé par un médicament. Aujourd'hui j'en avale 22. Je survis. Et je pèse 120 kilos. Je suis un problème ambulant pour mes enfants, mon ex-mari, ma famille, mes amis. Je suis devenu un poids mort. À PROPOS DE L'AUTEUR Aline Baudu est curieuse des personnes qu'elle peut rencontrer. Elle aime surtout leurs aspérités. Dans ses écrits, elle évoque le quotidien, les gens et leurs failles. Son premier texte court, elle l'a rédigé en cours d'Anglais à 16 ans. Peu inspirée par les sujets de dissertation, elle a imaginé une histoire. N'excellant guère dans la langue de Shakespeare, elle se contenta de la formule « sujet-verbe-complément », d'une conjugaison au présent et d'un vocabulaire sans fioriture. Style qui finalement caractérise ses nouvelles. Résultat : elle a eu la meilleure note de la classe. Ce qui inconsciemment a du l'encourager... Elle pratique également la photographie. Seule activité avec l'écriture qu'elle peut réaliser avec ses mains anormalement petites pour une adulte. Elle écrit quand elle a envie, quand c'est le moment, quand elle peut. Bref, n'attendez pas de ses nouvelles !

  • Les égarés

    Aline Baudu

    • Ska
    • 1 Septembre 2016

    Les traumas de la guerre ont la vie dure, des bombes à retardement mentales... La mère prit son couteau, l'enfonça dans l'oeil de la bête. Elles attendirent en silence que le sang ait coulé alors qu'arrivaient, attirées par l'odeur, les poules prêtes à picorer les restes. Elle incisa la fourrure par les pattes arrière. Elle découpa délicatement la peau autour des chevilles sans abîmer les tendons pour préserver les muscles. Elle continua d'entailler et tira la fourrure d'un coup sec. C'était ce moment-là que préférait Francette : c'était comme si on enlevait son pyjama au lapin. L'écriture de ces nouvelles n'élude jamais ce qui pourrait nous détourner de notre condition d'humain. L'humain, Aline Baudu le regarde droit dans les yeux. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'on décèle la signature d'un écrivain. (préface de Fabienne Jacob) Le Sable de Djerrah et Déraillement, deux nouvelles noires à dévorer au plus vite ! EXTRAIT Je bouge machinalement la tête pour qu'elle pense que je l'écoute. Elle porte délicatement sa salade à ses lèvres, qu'elle prend bien soin de fermer à chaque bouchée. Contrairement à moi, elle m'en a suffisamment fait la remarque. Et mes yeux qui ne peuvent se détourner du sang. Ce liquide qui creuse des sillons dans la purée. Je découpe minutieusement chaque morceau. En petits dés. Mes doigts serrent le couteau si fort que j'en tremble. Je ne suis plus là. Happé par ce rouge. À PROPOS DE L'AUTEUR Aline Baudu est curieuse des personnes qu'elle peut rencontrer. Elle aime surtout leurs aspérités. Dans ses écrits, elle évoque le quotidien, les gens et leurs failles. Son premier texte court, elle l'a rédigé en cours d'Anglais à 16 ans. Peu inspirée par les sujets de dissertation, elle a imaginé une histoire. N'excellant guère dans la langue de Shakespeare, elle se contenta de la formule « sujet-verbe-complément », d'une conjugaison au présent et d'un vocabulaire sans fioriture. Style qui finalement caractérise ses nouvelles. Résultat : elle a eu la meilleure note de la classe. Ce qui inconsciemment a dû l'encourager... Elle pratique également la photographie. Seule activité avec l'écriture qu'elle peut réaliser avec ses mains anormalement petites pour une adulte. Elle écrit quand elle a envie, quand c'est le moment, quand elle peut. Bref, n'attendez pas de ses nouvelles!

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