• "N'apporte rien, Gérault, on a tout!" Toujours cette générosité qui écrase. Ben tiens, c'est vrai, qu'est-ce que je pourrais bien leur apporter, moi, dans leur foyer parfait! Une pauvre bouteille de pinard? Qui sera bu le nez bouché avant d'entamer les grands crus de leur cave à vin personnelle. Des fleurs? Qui se retrouveront dans l'évier, humiliées par tous les bouquets qui, eux, auront eu le privilège de trôner dans des vases. Mieux vaut des mains vides et l'honneur sauf, qu'un 'oh, mais fallait pas' qui accable. Fallait pas, vraiment pas, tu nous déranges avec ton cadeau minable, remporte-le.
    Je viendrai avec rien. Rien et mon manteau et malgré tout, peut-être qu'ils auront droit à mon sourire, peut-être, si je suis grand seigneur.

    Gérault tente d'offrir une image idéale de lui-même, mais quand on est seul, au chômage à cinquante ans, ce n'est pas chose facile. Homme empêché, il s'interdit de dire ce qu'il pense et retient en lui sa colère, sa violence. Sa voix intérieure prendra-t-elle peu à peu le dessus?
    Ironique et tendre, Alma Brami révèle un personnage lucide, terriblement humain, reflet des travers de notre société tout entière.

  • Sans elle

    Alma Brami

    Quand Solène est morte, Maman a arrêté de me coiffer le matin, elle n'avait plus le temps et plus l'envie. Solène est morte, et moi, j'ai grandi d'un coup. Je suis devenue grande avec un coeur rempli de plein de trucs, de plein de trucs dont je me serais bien passée. Léa a dix ans. Brutalement confrontée au monde des adultes, elle n'a, pour se défendre, que ses mots à elle. Elle est comme Alice au pays des merveilles, projetée dans un monde d'ombre et d'inconnu. Pourtant, grâce à son innocence et à sa volonté, elle saura retrouver le chemin de la lumière. À vingt-trois ans, Alma Brami offre avec ce premier roman un miracle d'équilibre et de justesse. En prenant la voix d'une enfant, elle soulève les questions les plus graves avec les mots les plus simples. Et on ne sait, au fil de la lecture, si elle est une adulte qui sait emprunter les pas d'une enfant, ou une enfant qui possède la lucidité d'une adulte...

  • Malgré elle, Franck était au passé. Il ne reviendrait pas, parce qu'elle n'avait plus la place au présent pour l'accueillir. Malgré elle, ses rêves de bébé, de mariage, d'avenir ne seraient plus liés à lui. Malgré elle, Franck se détachait comme un foetus mal accroché. Elle touchait son ventre tiède, doux. Et plus bas, elle souriait. Eva est seule après sa rupture, coeur et ventre vides. Bien qu'entourée par ses proches, le manque de l'autre la submerge. À trente-deux ans, elle se replie sur son passé, sera-t-elle capable d'un futur? Alma Brami tisse avec force des fils de rage, d'espoir et d'amour, pour envelopper Eva et la sauver.

  • Ils l'ont laissée là, ils la reprennent, c'est eux qui décident.
    Deborah dit non, elle refuse.
    Ils n'avaient qu'à songer au froid d'être seule, de se coucher dans un lit aux draps trop rêches qui ne sentent pas la même lessive que d'habitude. Ils auraient dû faire attention, ne pas croire que, loin d'eux, on règle tout, que les gouffres se referment par magie, par miracle.

    Deborah est prisonnière. Prisonnière de l'institut « spécialisé » où ses parents l'ont placée. Prisonnière des histoires qu'elle s'invente - à moins qu'il ne s'agisse de souvenirs. Prisonnière du monde des adultes qui ne la comprend pas et à qui elle ne peut parler. Au fil des pages, articulées comme une mystérieuse mosaïque, la terrible vérité va se révéler.
    Staccato de phrases brèves, notes prises sur le vif de l'âme : après Sans elle, son premier roman, Alma Brami, vingt-quatre ans, continue de tisser des miniatures qui nous pénètrent, nous effraient, nous bouleversent, et finalement nous illuminent.

  • Émilie a suivi son mari à la campagne quand les enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Dehors, il y a une vigne qui donne des raisins, il y a aussi une table en bois, des chaises, un banc, pour les petits déjeuners copieux, il y a des tommettes rouges dans le salon, un grand escalier qui mène à l'étage, et à l'étage, une chambre d'amis.
    Chaque famille a ses secrets.
    Que se passe-t-il dans cette maison au bout de la route du grand chêne ?

    Dans ce terrible huis clos, Alma Brami dresse brillamment le portrait d'une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

  • La jeune mère voulait que Charlotte incarne l'inverse de tout ce qu'on avait pu lui marteler sans répit, dans son école en uniforme. Sa fille ne serait pas réduite à donner l'illusion d'être subtile sans l'être, à avoir les ongles peints et la peau veloutée, à rire en silence sans dévoiler ses dents parce que c'est plus raffiné. Charlotte serait une femme que l'on écoute pour autres choses que pour ses problèmes de cheveux et de dîner trop cuit, une femme respectée pour elle et non pour son mari brillant, une femme qui prend des décisions sans demander la permission à Dieu. Sa fille deviendrait ce qu'elle aurait aimé être elle, si son ventre ne l'avait pas surprise. Une Marie Curie sans Pierre.

  • Lolo

    Alma Brami

    Avant de subir une énième augmentation mammaire, Lolo est contrainte par le chirurgien de se rendre chez un psy pour qu´il autorise ou non cette intervention. Au cours de trente-trois séances fictives, Alma Brami se glisse dans ce personnage extrêmement complexe et mystérieux. Petite fille apeurée ? Épouse amoureuse ? Sacrifée ? Jeune femme prête à tout pour être célèbre ? Entre désespoir, humour, lucidité, colère et rêves, Lolo avance telle une funambule aveugle, pas à pas vers la mort.

    Il fallait un grand talent littéraire à la romancière pour explorer et révéler l´âme de Lolo, qui était de son vivant, réduite à un corps.

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