• XXIe siècle. La dictature du vacarme organisé régit la censure par le trop-plein et orchestre l'adhésion inconditionnelle au Grand Consensus.
    Amoindrissement du sens critique et appauvrissement de la sensibilité produisent une langue décharnée, dévitalisée, la langue soumise indispensable à ce système pour prospérer à marche forcée.
    Mais embusquée derrière cette parole sans âme, une autre langue persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure.
    Une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés, agrandit nos territoires sensoriels, instinctuels, intellectuels. Elle est poésie, au sens le plus authentique, s'étonne d'elle-même, s'obstine au-delà du mot écrit, inscrit sa semence dans les plis de nos circonvolutions.
    Car l'écriture créatrice participe du mouvement que sous-tend le processus du vivant.
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    André Bonmort publie ici son sixième titre aux éditions Sulliver. Ce texte peut aussi être lu comme un manifeste en faveur de la littérature telle que l'auteur la conçoit, celle qu'il défend comme éditeur à travers la collection Littératures actuelles. Cette collection qui s'est fixé comme objectif, contre toute raison, de ressusciter l'albatros.

  • «... Et le miroir glacé de la nuit est un huissier implacable, qui détaille mon visage décapé d'où a été effacée toute lueur de fraternité, mon regard lisse, où la source de la compassion a cessé de roucouler... Que reste-t-il en moi de ce beau nom d'humanité, dont mes enfants m'avaient baptisée ?... »
    Douloureuse, éplorée, voyant les hommes renier le meilleur d'eux-mêmes, l'humanité les apostrophe, les fustige, les exhorte, les implore.
    « Le savez-vous, oui ou non, que la planète est partagée en deux singulières moitiés ? L'une cent fois mieux nourrie, l'autre dix fois plus peuplée !
    Le savez-vous, oui ou non, que le profit à tout prix est devenu, dans votre cathédrale cathodique, la seule religion digne de foi ? »
    En ces temps sombres où « un matérialisme forcené s'est révélé le plus efficient antidote aux dérangeants ultimatums du rêve », elle guette « une fragile chaleur frissonnant sous la cendre », s'évertue désespérément à « essayer de redonner visage humain à l'homme défiguré »...

    Nouvelle édition.

    André Bonmort a également publié Insurrection du verbe être, Appel au possible, La Guérilla des poètes, La Citadelle Espérance et Ils ont tué l'albatros dans la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver, au sein desquelles il s'attache également, en tant qu'éditeur, à donner la parole à la langue insoumise.

  • « Je me souviens distinctement de la façon dont tout a commencé, il y a pourtant une éternité. »
    La mémoire de l'Univers la plus enfouie s'éveille dans l'homme d'aujourd'hui. Renouant avec lui un dialogue orageux au-dessus de la béance du temps, elle dénonce les excès de « l'espèce-reine » et pointe la dérive d'un destin dangereusement emballé.
    « La planète elle-même, la fragile pépite délicatement posée sur sa miraculeuse orbite, la planète vacille, son bleu légendaire insensiblement vert-de-grise. Déjà dans les galaxies alentour circulent en glaçants courants d'air les miasmes d'une insidieuse décomposition. »
    Face à la menace montante de l'extinction, se pose comme seul recours l'appel à l'évolution et s'impose une mutation radicale : « Changer d'ère ! »
    « L'évolution est un pari sur la chance, et la chance est un travail de tous les instants. »Nouvelle édition.

    André Bonmort est également l'auteur de L'Âge de cendre, Insurrection du verbe être, La Guérilla des poètes, La Citadelle Espérance et Ils ont tué l'albatros, parus dans la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver. Déplorant les méfaits de la pensée dominante, il tente à travers ses livres de contribuer à réhabiliter la solidarité du vivant.

  • Son murmure couvert par le galop emballé de notre monde et par les imprécations des cavaliers fous qui l'éperonnent vers le pire, comment l'âme pourrait-elle encore se faire entendre ?
    Mais, face à cette fureur autodestructrice qui repousse chaque jour son paroxysme, comment l'âme pourrait-elle se taire ?
    Terrée en chacun de nous, l'âme est notre lanceuse d'alerte. Notre ultime garde-fou.
    Aux sinistres perspectives (« Partance imminente incinérateurs du néant »), elle oppose ici la « salubre inclination de l'être à être ».
    Et nous exhorte à rétablir la poésie active comme force de pensée et de résistance.

    André Bonmort anime depuis 2008 la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver. « Romans-poèmes », « pamphlets poétiques » ou « méditations lyriques » selon la critique, ses livres s'affranchissent des genres pour élaborer le récit d'une conscience en rupture qui appelle à une autre grille de lecture de notre temps. Ils visent à briser les schémas mentaux dominants et, rétablissant dans ses droits la cohésion du vivant, à redonner la parole à « la part fragile du monde ».

  • « ...et aujourd'hui, après cette longue nuit de notre conscience, nous nous réveillons en panique et découvrons atterrés que nous n'avons plus sur cette Terre de demeure et nul asile intérieur où nous réfugier... »
    Dans un monde qui se dérobe chaque jour un peu plus sous nos pas, la citadelle Espérance ne sera bientôt plus que ruine.
    « ...les espèces elles-mêmes ne peuvent échapper à cet emballement elles disparaissent avant d'avoir fait leur temps et l'espèce humaine emportée par ce mouvement glisse à pleine vitesse sur la pente qu'elle a savonnée... »
    Dressant l'hallucinant recensement des maux qui nous minent, ce texte en rupture en appelle à la résistance de notre bastion intime et à l'exploration de nouveaux territoires.
    /> « ...au bord du précipice des siècles là où s'ouvre cette immense bouche et tentant maladroitement mais de toute ton énergie tentant de réapprendre à parler au temps... »

    Nouvelle édition.

    André Bonmort est également l'auteur de L'Âge de cendre, Insurrection du verbe être, Appel au possible, La Guérilla des poètes et Ils ont tué l'albatros, parus dans la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver. Face aux excès de la pensée dominante, il tente à travers ses livres de contribuer à réhabiliter la solidarité du vivant.

  • « La faim a remplacé ma mère, quand les seins de ma mère se sont asséchés. La faim me berce. La faim me parle. Elle me résume la vie. Je suis vieux avant d'être enfant. Un vieillard de trois ans ! »
    L'enfant africain affamé, le végétal inlassablement mutilé, l'ouvrier sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité, le guerrier arabe de Poitiers... et la jeune irradiée de Nagasaki, le chimpanzé de laboratoire, le virus, la mort, la vie... et notre Terre épuisée, défigurée, le milan noir, le taureau de combat, la vierge maya immolée à des dieux sourds, et l'apôtre de Jésus-Christ... l'éternelle putain, éternellement mortifiée, le métis rageur de la Caraïbe, Arthur Rimbaud... Tous frappent à la porte de notre conscience avec cette énergie désespérée que seule sait insuffler l'urgente nécessité de réhabiliter une identité bafouée.
    « Un jour, demain, nos voix raffermies ne seront plus balayées d'un revers de mémoire ; un jour la dignité ne sera plus assassinée par l'indifférence. »

    Nouvelle édition.

    André Bonmort est également l'auteur de L'Âge de cendre, Appel au possible, La Guérilla des poètes, La Citadelle Espérance et Ils ont tué l'albatros, parus dans la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver, au sein desquelles il s'efforce également, en tant qu'éditeur, de donner la parole à « la part fragile du monde ».

  • Quand faim ne s'écrit plus que malnutrition et misère paupérisation, quand travail s'écrit production, et amour relation, la poésie n'a plus droit de cité. « La pensée en ligne, l'information en boucle et les idées au carré sont les matériaux imposés pour la construction de la demeure intérieure. »
    Puisque les jours leur sont interdits, les poètes investissent nos nuits, décapent de leur regard acéré le portrait retouché d'un monde reflété par un miroir médiatique trop complaisant. « Monde interminablement bafouillé, gangue de mots, mixture d'idées. Monde bafoué, où la justice elle-même ne parvient plus à se justifier. Monde louche à vous en aveugler. »
    Et dans nos subconscients, dans nos rêves, sous la chape qui voulait les juguler, la révolte se répand sous le souffle de la parole revivifiée. « Dans la maîtrise retrouvée de nos multiples paumes la revigorante fraîcheur des multiples clés s'offrant à débarricader la poésie qu'ils avaient encadenassée ! »

    « La chance enfin donnée au pan spolié de l'esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. »
    Nouvelle édition.
    André Bonmort est également l'auteur de L'Âge de cendre, Insurrection du verbe être, Appel au possible, La Citadelle Espérance et Ils ont tué l'albatros, parus dans la collection Littératures actuelles des éditions Sulliver, au sein desquelles il s'attache également, en tant qu'éditeur, à donner la parole à la langue insoumise.

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