• Le drame de 1940

    Andre Beaufre

    • Perrin
    • 4 Juin 2020

    " Le vent de l'Histoire, quand il s'élève, domine la volonté des hommes, mais il dépend des hommes de prévoir ces tempêtes, de les réduire et même, à la limite, de savoir les utiliser. " Membre du Grand Quartier général au moment de l'invasion de la France par la Wehrmacht, le Général André Beaufre a été le témoin impuissant d'une débâcle sans précédent dans l'histoire militaire, d'autant plus humiliante qu'elle aurait pu être évitée. De son expérience au sein de l'état-major français, il dresse un bilan sans appel : manque d'initiative, retard technique considérable, attentisme des officiers... Autant de facteurs qui contribuent à rapprocher son récit du chef-d'oeuvre de Marc Bloch,
    L'Étrange Défaite, où se lit notamment la même impression de décalage générationnel ressentie au sein de l'état-major français. Si Bloch était un historien dans la guerre, le général Beaufre était un militaire conscient des rouages de l'Histoire. Le général complète ses souvenirs de la " drôle de guerre " d'une analyse acérée et brillante, à la croisée du travail d'historien et de philosophe : autrement dit, en véritable stratège. Un ouvrage exceptionnel, dont le général Nicolas Le Nen relève la profondeur dans une préface experte et de nombreuses notes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La Stratégie de l'action fait pendant à la Stratégie de la dissuasion. Si l'on veut empêcher un autre d'entreprendre quelque chose, il y a dissuasion ; si l'on veut réaliser quelque chose malgré les autres, il y a action.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La crise produite dans l'O.T.A.N. par les décisions draconiennes du gouvernement français crée l'occasion unique d'aboutir à une réforme de l'alliance qui avait été inutilement tentée depuis plusieurs années. Dans cette circonstance, il importait qu'une personnalité particulièrement informée des problèmes de l'O.T.A.N. présentât une solution constructive qui permette de sortir des difficultés actuelles et d'éviter qu'elle ne débouche sur certaines solutions très fâcheuses qui se dessinent actuellement. C'est ce qu'a fait le général Beaufre en écrivant ce livre. La solution qu'il présente a pour avantage de tenir compte des divers impératifs contradictoires exprimés dans l'alliance et de définir une formule qui puisse à la fois reconstituer une solidarité atlantique et jeter les fondations d'un système de défense européenne.

  • Les événements de mai 1968 portent-ils en germe la guerre mondiale ? Les nations occidentales ont perdu leur foi dans les valeurs - familiales, nationales, spirituelles - qui les cimentèrent ; les jeunes ne récusent pas seulement un régime politique mais une manière de vivre et, incapables d'en instaurer une autre, ils ne peuvent que détruire l'ordre existant. Le monde communiste, lui aussi, est en cours de désintégration interne et les Tchèques, comme d'autres, contestent « le paradis terrestre » à la mode soviétique. Cette contestation fondamentale, qui peut être source de progrès, met aussi l'univers en péril. Les bouleversements, qui se développent un peu partout, risquent de provoquer des luttes intestines qui pourraient entraîner l'intervention directe ou indirecte des grandes puissances assez menacées dans leur raison d'être pour être acculées à l'utilisation de l'arme atomique. Avec une logique implacable, le général Beaufre analyse les symptômes de notre maladie, peut-être mortelle, examine les différentes possibilités que nous offre l'avenir et s'interroge sur la nature des réformes capables d'enrayer l'évolution en cours.

  • La guerre révolutionnaire est encore un domaine mal connu parce ce que ce sujet exceptionnellement complexe est trop souvent considéré par les uns sous un angle trop romantique et par d'autres avec une objectivité insuffisante. La difficulté principale provient de ce que la guerre révolutionnaire n'est pratiquement jamais « chimiquement pure » et qu'il est difficile d'en traiter sans examiner le problème en général, afin de se rendre compte de la façon dont la guerre révolutionnaire s'insère dans l'évolution des conflits et comprendre pourquoi elle connaît actuellement une telle vogue. C'est ce que fait le général Beaufre dans cette étude. Dans la première partie il montre comment la théorie générale de la guerre conduit de nos jours à des actions de plus en plus fondées sur la psychologie, donc souvent sur des passions révolutionnaires. Il analyse alors avec méthode la gamme des procédés employés dans ce genre de guerre, en combinaison avec des procédés plus classiques. Il définit ainsi une théorie de la guerre révolutionnaire aussi générale que possible. Dans une deuxième partie, s'appuyant sur de nombreux exemples historiques et contemporains, le général Beaufre démontre que cette théorie s'applique à la grande diversité des cas et qu'elle permet d'expliquer leurs succès ou leurs échecs.

  • « Il y a aussi les Français ? Il ne manquait plus que cela ! » s'exclamait le maréchal Keitel au moment de signer l'acte de capitulation de l'Allemagne. Cinq ans après l'effondrement de 1940, la présence à Berlin du général de Lattre était le symbole et l'aboutissement de notre difficile remontée de l'abîme. Car la France avait à nouveau une armée, issue de l'armée coloniale, grossie de milliers de mobilisés français et musulmans, renforcée plus tard, grâce à l'amalgame, par les F.F.L., armée partout victorieuse : en Italie, où elle entre la première à Rome ; en France, où elle libère à elle seule le tiers du territoire national ; en Allemagne où elle pénètre jusqu'au Tyrol. Pour atteindre ce résultat inespéré, il avait fallu surmonter successivement les obstacles de l'armistice, les équivoques de Vichy, les dissensions entre Français de Londres et Français d'Alger, la méfiance anglo-saxonne. Weygand, Darlan, Giraud, de Gaulle ont été les protagonistes de cette longue histoire, dont le général Beaufre, qui y fut mêlé de très près, est sans doute le seul à pouvoir retracer le déroulement secret. Arrêté et déféré en conseil de guerre pour avoir participé dès 1941 à la préparation du futur débarquement allié en Afrique du Nord, le commandant Beaufre devait y revenir en sous-marin avec le général Giraud et seconder celui-ci dans sa tâche essentielle : redonner à la France une armée. Il participe ensuite à toutes les campagnes de libération, d'abord avec le général Juin, ensuite à l'état-major du général de Lattre. Parce que son aventure personnelle se confond en quelque sorte avec l'histoire de cette « revanche », son témoignage est irremplaçable et révèle comment cette grande aventure de 1940-45 a été « un miracle de la volonté, de l'intelligence et du courage, où, partant presque de zéro, les efforts d'une poignée d'hommes et de femmes ont réussi à forcer le sort, parce qu'ils n'ont pas voulu admettre notre abaissement. »

  • Le 22 décembre 1956, le général Beaufre, commandant en chef du corps expéditionnaire français, quittait la terre d'Égypte, le coeur lourd. Il était arrivé à Port-Saïd le 6 novembre, le jour même où débarquaient les troupes britanniques : le gouvernement français, présidé par M. Guy Mollet, et le gouvernement britannique, présidé par M. Eden, étaient décidés à unir leurs forces à celles d'Israël pour abattre la puissance de Nasser qui venait de nationaliser le canal de Suez. Après une campagne éclair, qui vit la déroute des troupes égyptiennes, le général Beaufre se voit imposer le cessez-le-feu : sous la pression des États-Unis et de l'U.R.S.S., Nasser était sauvé. Les troupes françaises rembarquaient, et certains de leurs chefs garderaient au fond d'eux-mêmes le souvenir d'une humiliation qui, cinq ans plus tard, les conduirait à la révolte. L'arrêt de l'expédition de Suez a laissé subsister les problèmes du Moyen-Orient. L'antagonisme israélo-arabe a persisté, s'est aggravé... jusqu'en mai 1967 où éclatait une guerre que l'on aurait peut-être évitée si, onze ans plus tôt, on avait laissé le général Beaufre poursuivre son avance.

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