• L'objet de cet essai porte sur les témoignages de personnes qui ont vécu l'horreur des camps nazis et qui en sont revenues. Celles et ceux qui en reviennent peinent à se définir comme des survivants : ce sont des spectres, des revenants, hantés par le souvenir des morts qu'ils ont laissés derrière eux.

  • L'astrologie nous attire, parce qu'elle parle de nous. Elle est réponse dans les jours sombres et source d'espoir pour le futur. Un peu de magie pour nous rappeler que nos vies sont meublées d'impondérable, un peu de sorcellerie pour tenter d'agir sur les forces qui nous échappent.

    Zodiaque présente douze fictions, récits et textes inclassables écrits par une sélection d'autrices parmi les plus pertinentes de la littérature actuelle et de la relève.

    À lire aussi:
    Mélopée B. Montminy (Gémeaux),
    Marjolaine Beauchamp (Cancer),
    Zéa Beaulieu-April (Bélier),
    Pascale Bérubé (Lion),
    MP Boisvert (Vierge),
    Clara Dupuis-Morency (Verseau),
    Nadia Essadiqi aka La Bronze (Scorpion),
    Ariane Lessard (Balance),
    Catherine Mavrikakis (Capricorne),
    Anne Martine Parent (Poissons),
    Chloé Savoie-Bernard (Taureau) et
    Maude Veilleux (Sagittaire).

  • Absent, faible, irresponsable, vaincu, violent, incestueux, tyrannique, autant d'adjectifs qui sont régulièrement convoqués pour décrire le père dans la fiction littéraire, et même dans la culture générale. Lori Saint-Martin rappelle à ce propos, à la suite de Germain Dulac, que « l'une des images fortes de la culture occidentale dans son ensemble est celle du père défaillant ». Au Québec en particulier, nous dit François Ouellet, « [o]n retrouve [dans les romans et dans les films] toutes les formes de représentations possibles [du père], mais toujours, ou presque, marquées par l'échec ». Car plus qu'ailleurs, le père y serait impuissant, incapable d'assumer le meurtre du père symbolique pour enfin « passer au rang de père », confiné depuis la défaite des Patriotes « dans une position de fils qui n'en finit plus », installé à demeure dans une paternité inachevée depuis la Révolution tranquille, période pourtant de « volonté parricide ». Dans L'écologie du réel, Pierre Nepveu note que la sociologie littéraire des années 1960 avait déjà fait le constat que « "le meurtre du père n'a jamais lieu dans notre littérature" » et qu'« [i]l y a dans la littérature de la Révolution tranquille, un discours pathétique sur la paternité exploitée, dépossédée ». En éternelle quête de paternité/d'indépendance sans jamais l'atteindre, le Québec produirait des enfants « se complai[san]t dans la posture du fils », une posture de fils victimaire qui, « faute de se distinguer de manière exceptionnellement positive, [...] a la satisfaction morbide d'échouer de manière exceptionnelle ». S'il est vrai que « [l]'on écrit pour se faire père », il n'est dès lors pas étonnant que dans un tel contexte d'« incapacité », la littérature québécoise, qui s'écrit forcément du point de vue du fils selon cette logique, soit l'expression « d'une volonté sans cesse brisée d'accéder à la paternité symbolique ». Ailleurs, Ouellet avance que « la notion d'enfant-roi est liée à une représentation défaillante de la paternité. Le règne de l'enfant-roi a été fondé sur la faillite de la figure paternelle et du patriarcat. » En ce sens, si le père fait défaut, « l'enfant-roi est né "par défaut", sur les cendres d'une paternité vidée de son sens ».

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