• Il ne s´agit pas véritablement d´un roman, ni d´un ouvrage historique savant mais de ce qu´on pourrait appeler un récit historique. Dans cet ouvrage l´auteur reconstitue, en la narrant à la première personne, l´histoire véridique d´une femme du XVI° siècle, dona Isabel Barreto, l´épouse d´Alvaro de Mendana, le fameux « découvreur » espagnol des Iles Marquises, auteur du premier contact connu entre des Polynésiens et des Européens. Elle utilise un procédé narratif maintes fois employé dans les romans espagnols du siècle d´or : un manuscrit retrouvé par hasard dans un couvent péruvien ne serait autre que les mémoires de cette femme au destin exceptionnel.

    Dangers, vie quotidienne à bord de ces bateaux, fortune de mer, peur, inconfort, rencontre des « Indiens », parfois extrême violence, Annie Baert nous fait partager toutes les péripéties de ces voyages étonnants. Elle dépeint aussi la volonté farouche qu´il a fallu pour faire naître ces expéditions, l´argent dépensé, les embuches entre marins concurrents, les règlements de compte, les haines tenaces. Elle dit encore l´histoire vertigineuse de mers immenses, effrayantes, dont les routes, du Pérou à Manille, furent parcourues et cartographiées au prix de tant de vies perdues aussi bien chez les Espagnols que chez les « Indiens ».

    La rédactrice réelle de ce texte totalement imaginé s´appuie sur la maîtrise la plus pointilleuse des faits historiques, étayée par des recherches extrêmement approfondies, scientifiques, documentaires et bibliographiques, elle nous fait partager ses connaissances de manière très plaisante dans un style inspiré de celui des relations anciennes. On ressent sans aucune lourdeur la présence d´une solide ossature scientifique au récit et Annie Baert nous embarque dans ces voyages au long cours avec le savoir-faire d´un pilote de haute mer.

  • Pedro Fernández de Quirós est un grand marin qui participa au voyage des Marquises et Santa Cruz en 1595, dirigea une nouvelle expédition en 1606 aux Tuamotu, Cook du Nord et Vanuatu, puis passa le reste de sa vie à tenter de convaincre le roi Philippe III d'organiser l'exploration et l'évangélisation des terres qu'il avait découvertes, « un paradis terrestre » selon lui. Cette synthèse retrace sa vie, ses voyages, ses points de ressemblance avec Christophe Colomb, sa critique de la colonisation espagnole, ses propositions pour la Terre Australe...

  • Les voyages d'Alvaro de Mendana y Neira et de Pedro Fernandez de Quiros dans la mer du Sud figurent parmi les plus grandes aventures maritimes de tous les temps et parmi les moins connues, en tous cas en France. Ils firent progresser les connaissances géographiques sur ce grand océan, la dernière partie encore inexplorée de notre planète, et considéré dès lors comme un « lac espagnol » ou comme le disait De Quiros comme un « paradis terrestre ».

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