• Les bons profs

    Aymeric Patricot

    J'ai été un élève studieux jusqu'à l'absurde, malade de ses fiches et de ses résultats, jouant le jeu de la discipline jusqu'à s'oublier lui-même - un véritable cancre à l'envers.
    Maintenant je suis professeur et je ne conseillerai à personne d'adopter la même névrose. En revanche, j'essaie de réfléchir à ce que peut être un bon professeur aujourd'hui, c'est-à-dire à l'heure où la massification scolaire produit une pression inédite sur l'institution.
    Comment rester humain dans un système qui vous scrute et qui vous juge ? Comment donner du sens à un enseignement qui se réduit trop souvent à un catalogue de compétences ?
    Comment transmettre la sorte de flamme en quoi consiste, envers et contre tout, l'objet secret du métier ? A. P.
    Aymeric Patricot est né en 1975. Il est romancier, essayiste et professeur en classes préparatoires.
    Son enquête Les Petits Blancs (Plein Jour, 2013) a connu un vif succès critique et public.
    Il est également l'auteur de quatre romans, dont Azima la rouge (Flammarion, 2006) et J'ai entraîné mon peuple dans cette aventure (Anne Carrière, 2015).

  • Quelles sont les consignes que l'on donne aux professeurs dont le premier poste est situé dans un collège de 'zone sensible'? Maintenir les élèves en classe, avant toute chose, et prévenir les incidents. La transmission des savoirs, elle, devient accessoire.
    Insultes, humiliation, solitude... L'auteur témoigne de la détresse qu'il a vécue, jeune professeur, en découvrant la déliquescence d'une partie du système scolaire. Les victimes en sont les élèves, que l'on abandonne, et les professeurs, relégués dans un quotidien misérable.
    Construit comme un récit, ce vigoureux essai ne s'embarrasse pas de langue de bois. Constatant un terrible approfondissement des gouffres sociaux, l'auteur renvoie chaque bord politique à ses contradictions, tout en s'interrogeant sur la place qu'il occupe lui-même dans une société française en plein bouleversement. Il évoque aussi les beautés d'un métier qui se durcit, mais dont l'importance reste cruciale.

  • Au coeur d'un mas provençal, de lointains cousins, pour le moins singuliers, se retrouvent. Leurs fantaisies s'en donnent alors à coeur joie. Mais l'apparente légèreté de cette tribu improvisée cache bien des tourments.

  • Et si la crise des Gilets jaunes était aussi la révolte de ces « Gaulois réfractaires » dont parlait Emmanuel Macron ? L'indignation sociale et économique recouperait un besoin de reconnaissance culturelle de la part de ceux que l'on désigne comme les blancs modestes de province.
    Mobilisant le récit et l'analyse, ce livre poursuit une réflexion débutée dans Les Petits Blancs. Pourquoi ces Gaulois s'estiment-ils stigmatisés ? Pourquoi pensent-ils ne pas avoir droit au chapitre au sein des démocraties modernes ? Ne représentent-ils pas une communauté impossible, jugée coupable alors qu'on lui répète qu'elle n'existe pas, tenue pour majoritaire alors qu'elle se vit comme reléguée ? Ils participent pourtant à cette société des cultures en archipel, chère à Édouard Glissant, paradoxalement régie par une forme singulière de libéralisme : le libéralisme identitaire.

    Agrégé de Lettres, diplômé d'HEC et de l'EHESS, Aymeric Patricot est professeur, romancier et essayiste.

  • Elle est élégante et cultivée, il est réfléchi et honnête. Rien ne laissait présager la passion soudaine et envahissante d'Amandine pour les chiens, ni les conséquences que celle-ci allait avoir dans leur vie bien huilée...

    L'air de ne pas y toucher, Aymeric Patricot donne une vision à la fois amusée et satirique de la haute bourgeoisie.

  • « Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier ni même à présenter les choses sous un jour avantageux pour moi. Je ne ferai pas non plus l'apologie de ce que j'ai commis. Je comprends qu'on m'en veuille et, dans une certaine mesure, je comprends qu'on fantasme ma mort. (...) Je tiens d'ailleurs à m'excuser pour la véritable indécence que constitue ma vie. Je suis bien obligé de constater que ce défaut dans mon caractère m'a valu des succès... » Le narrateur est un homme dominé par ses pulsions. Des plages normandes aux boulevards parisiens, du collège à l'Assemblée Nationale, il poursuit les femmes de sa passion destructrice. Ironie du sort, il deviendra pourtant responsable d'une association féministe. Mais pourra-t-il cacher indéfiniment ses penchants ? Comment mener sa vie, comment fonder une famille lorsque des actes inavouables rythment et défigurent votre quotidien ? Aymeric Patricot est professeur de lettres et enseigne à La Courneuve. Il est l'auteur de deux romans : Azima la rouge, chez Flammarion, en 2006, Suicide Girls, chez Léo Scheer, en 2010, et d'un essai : Autoportrait du professeur en territoire difficile, chez Gallimard, en 2011.

  • La vie paisible d'un jeune professeur se lézarde, se laisse envahir par l'obsession du suicide depuis que son père a disparu d'une façon qui laisse place au doute. Il éprouve un vertige grandissant à l'idée de rencontrer des jeunes femmes tourmentées, dont la détresse l'ensorcelle.
    Manon, collégienne, subit le désir puis la violence des garçons. La mort lui paraît un refuge. Elle devient à l'âge adulte l'une de ces suicide girls qui traînent leur désespoir, leur séduction trouble jusqu'aux limites du passage à l'acte.
    Un amour périlleux naîtra de la rencontre entre Manon et celui qu'elle appelle son « ange noir ». Peut-être découvriront-ils, au contact des zones les plus obscures de leur esprit, la possibilité d'un bonheur.


    /> Aymeric Patricot, 35 ans, a vécu quelque temps au Japon avant de devenir professeur de lettres. Il a publié un premier roman chez Flammarion en 2006, Azima la rouge.

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