Sciences humaines & sociales

  • Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché : pour éviter un accident, des pilotes s'engagent dans une solution qui les y mène progressivement

  • Dix ans après Les Décisions absurdes, Christian Morel reprend son enquête où il l'avait laissée et se penche sur l'émergence, dans des univers à haut risque, de dynamiques visant à favoriser la décision éclairée. Renouant avec une marque de fabrique qui a fait ses preuves, il met à contribution des cas d'école saisissants, allant des cockpits des avions aux sous-marins nucléaires, en passant par les randonnées hivernales en haute montagne. Pour n'en donner que quelques exemples, l'auteur montre que le débat contradictoire a été déterminant pour la fiabilité des réacteurs nucléaires de la Marine américaine, que l'introduction d'une check-list de bloc opératoire a réduit la mortalité chirurgicale dans des proportions considérables ou que l'armée de l'air ne sanctionne plus les erreurs pour faciliter la remontée d'informations. À partir de ces expériences, Christian Morel esquisse ce qu'il appelle des 'métarègles de la fiabilité', synthèse de lois sociologiques et de prescriptions cognitives, comme la formation aux facteurs humains, les politiques de non-punition, les processus d'avocat du diable ou l'interaction généralisée. La sociologie des décisions hautement fiables qu'il propose va à l'encontre des idées reçues et s'applique, par sa vision étendue, à toute activité.

  • Christian Morel s'attaque, dans ce troisième volet, à deux nouveaux gisements d'absurdités : l'enfer des règles et les pièges que ménage la vie des groupes.
    L'inflation des règles est devenue un boulet universel, pas seulement la prolifération des règles publiques, mais encore celle du vaste maquis de règles privées produites par les organisations : procédures, normes, règles de certification... À l'aide de nombreux exemples - aéronautique, maisons de retraite et crèches, normes ISO, décisions de justice -, dont on se demande s'il faut en rire ou en pleurer, l'auteur met au jour les causes profondes de cet enfer et apporte des solutions aussi utiles qu'originales.
    Dans une seconde partie, Christian Morel identifie en sociologue les "pièges relationnels", trop négligés dans les organisations devenues des tours de Babel linguistiques et techniques. De nombreux cas viennent illustrer ce parcours, où le talent d'observateur décalé qui fait de Christian Morel un surprenant détecteur d'absurdités programmées se déploie. Son regard met en évidence des situations toujours inattendues, des engrenages toujours inaperçus. Ses lecteurs y percevront comme un appel au bon sens, cette chose du monde si mal partagée.

  • Aux frontières politiques et administratives se superposent parfois, et s'ajoutent souvent, des limites culturelles, apparemment vagabondes, qui fragmentent l'espace. Techniques culturales, spécialités fromagères, costumes folkloriques, types architecturaux, systèmes familiaux, langues et dialectes, allégeances religieuses, etc., dessinent un paysage complexe d'usages dont les aires d'extension coïncident rarement. Façonnées par les grands et les petits mouvements de l'histoire, ces limites sont des sites privilégiés pour l'investigation ethnologique. Comment se sont-elles construites et déplacées à travers le temps ? A quoi rime leur extension ? Quelles caractéristiques révèlent-elles des sociétés qu'elles partagent ? Comment sont-elles perçues et vécues par ceux qui les côtoient ? À travers plusieurs études de cas (en France mais aussi en Italie, en Slovénie, en Irlande du Nord) et à différentes échelles (des grandes divisions culturelles au sein de l'espace national aux césures entre « pays » et entre quartiers urbains), ce livre examine les processus de fragmentation de l'espace qui peuvent se traduire par des coupures anodines, d'intenses contacts ou des fractures dramatiques. Aux sites frontaliers, qui ouvrent le champ des possibles échanges, s'opposent ainsi les sites frontières, traversés par une ligne de démarcation.

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