Histoire

  • Les actes pédophiles des prêtres suscitent le scandale voire la fureur, non seulement à cause de leur grand nombre et de leur gravité, mais aussi du fait de leur dissimulation par l'Église. Chaque révélation soulève encore et encore la question : les gens d'Église savaient-ils ? Et que savait-on au juste ? Pour répondre à ces questions, Claude Langlois revient sur l'histoire longue : comment, depuis la Révolution française, l'Église a-t-elle géré la sexualité des clercs, célibataires par obligation sinon par vocation, et plus précisément : comment, en interaction permanente avec l'évolution de la société civile, a-t-elle traité les " fautes " sexuelles des prêtres ? Qu'a-t-elle fait de ceux qui commettaient des délits (viols, actes pédophiles et autres) ? L'enquête historique éclaire la question aujourd'hui essentielle : pourquoi a-t-on si longtemps et avant tout protégé les prêtres, au lieu de reconnaître la douleur des victimes.
    Claude Langlois, directeur d'études émérite à l'École pratique des hautes études. Ce spécialiste reconnu des diverses manifestations du catholicisme au féminin a aussi exploré le domaine de la sexualité dans Le Crime d'Onan. Le discours catholique sur la limitation des naissances (1816-1930).

  • Avant que Louis XVI ne soit guillotiné, le 21 janvier 1793, les « amis du roi » l'avaient mis sept fois à mort. « Sept » est manière de compter ; et les « mises à mort », façon de dire ou plutôt de donner à voir. Dès le lendemain des grandes journées de juillet et d'octobre 1789, l'imaginaire royaliste subit un traumatisme dont il ne se relèvera jamais : la royauté est morte, mort est le royaume et le roi pourtant est toujours vivant ! Constat terrifiant mais qu'il est impossible d'avouer - et d'abord à soi-même - sinon par le détour de fictions, écrites d'abord, gravées ensuite. Cette reconstitution minutieuse, faite sur dossiers, d'une « vision des vaincus » jusqu'alors ignorée est aussi un essai stimulant sur l'autonomisation progressive de l'image par rapport au texte qui longtemps l'a portée. Car ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette histoire que de voir les « amis du roi » inventer aussi, à leur manière, un des modes d'expression les plus neufs de la vie politique nouvelle, la caricature.

empty