Langue française

  • Les actes pédophiles des prêtres suscitent le scandale voire la fureur, non seulement à cause de leur grand nombre et de leur gravité, mais aussi du fait de leur dissimulation par l'Église. Chaque révélation soulève encore et encore la question : les gens d'Église savaient-ils ? Et que savait-on au juste ? Pour répondre à ces questions, Claude Langlois revient sur l'histoire longue : comment, depuis la Révolution française, l'Église a-t-elle géré la sexualité des clercs, célibataires par obligation sinon par vocation, et plus précisément : comment, en interaction permanente avec l'évolution de la société civile, a-t-elle traité les " fautes " sexuelles des prêtres ? Qu'a-t-elle fait de ceux qui commettaient des délits (viols, actes pédophiles et autres) ? L'enquête historique éclaire la question aujourd'hui essentielle : pourquoi a-t-on si longtemps et avant tout protégé les prêtres, au lieu de reconnaître la douleur des victimes.
    Claude Langlois, directeur d'études émérite à l'École pratique des hautes études. Ce spécialiste reconnu des diverses manifestations du catholicisme au féminin a aussi exploré le domaine de la sexualité dans Le Crime d'Onan. Le discours catholique sur la limitation des naissances (1816-1930).

  • Elles ont été emblématiques, ces bonnes soeurs portant longs habits couvrants et coiffes empesées, d'un catholicisme au féminin qui se vivait en plein siècle. Mais personne aujourd'hui n'en revendique l'héritage. Ni les féministes qui ont vu en elles un obstacle à l'émancipation des femmes ; ni leurs familles religieuses qui sont mortes ou qui vivent ailleurs et autrement ; ni leur pays qui oublie combien elles l'ont servi de par le monde. Ces deux cent mille religieuses du XIXe siècle gagnent pourtant à être connues. Par équité. Par désir de comprendre pourquoi elles ont agi ainsi au service de la société. Car elles furent, un temps, l'Eglise catholique, moderne à sa manière, soignant les malades à l'hôpital ou à domicile, tenant des pensionnats et mettant en place le réseau public d'écoles communales de filles. Et les femmes au travail n'auraient point trouvé sans elles la voie de leur émancipation... Les utopies fondatrices dont elles étaient porteuses ont su triompher des pesanteurs de la société : Anne-Marie Javouhey, pour émanciper les esclaves, Jeanne Jugan, pour offrir un foyer aux personnes âgées... Dans un monde contemporain toujours brutal, ces figures d'hier qui s'adressent encore à notre conscience, sont plus que jamais actuelles.

  • Quelle personne saine d'esprit envisagerait aujourd'hui de s'offrir " comme victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux " ? Ces mots, trop chargés d'histoires tragiques, restent encore énigmatiques. C'est dire combien Thérèse de l'Enfant-Jésus peut para

  • Avant que Louis XVI ne soit guillotiné, le 21 janvier 1793, les « amis du roi » l'avaient mis sept fois à mort. « Sept » est manière de compter ; et les « mises à mort », façon de dire ou plutôt de donner à voir. Dès le lendemain des grandes journées de juillet et d'octobre 1789, l'imaginaire royaliste subit un traumatisme dont il ne se relèvera jamais : la royauté est morte, mort est le royaume et le roi pourtant est toujours vivant ! Constat terrifiant mais qu'il est impossible d'avouer - et d'abord à soi-même - sinon par le détour de fictions, écrites d'abord, gravées ensuite. Cette reconstitution minutieuse, faite sur dossiers, d'une « vision des vaincus » jusqu'alors ignorée est aussi un essai stimulant sur l'autonomisation progressive de l'image par rapport au texte qui longtemps l'a portée. Car ce n'est pas le moindre des paradoxes de cette histoire que de voir les « amis du roi » inventer aussi, à leur manière, un des modes d'expression les plus neufs de la vie politique nouvelle, la caricature.

  • Voici un extrait du livre Comprendre le Québec. Il est indispensable à tous ceux qui voyagent dans un but commercial, culturel ou touristique mais aussi à ceux qui désirent immigrer. Il vous permettra de vous intégrer en douceur.

    Ce chapitre offre une introduction aux principales normes de vie sociale du pays - les classes socioéconomiques, la place de la femme et celle de l'homme, l'homosexualité, les débats, le politiquement correct, le civisme et l'estime de soi, la jeunesse et l'art de vivre.

  • Le congrès, étudié par les spécialistes du politique comme lieu de production d'un discours militant, est entré plus récemment dans d'autres champs historiographiques, en particulier celui du catholicisme où la pratique congressiste se révèle d'une grande plasticité : diversité des échelles, des congrès internationaux aux congrès paroissiaux ; diversité des thématiques, des congrès généralistes aux assemblées dédiées à un sujet particulier ; diversité des modalités, des rassemblements de masse aux réunions presque confidentielles. Sans prétendre à l'exhaustivité, les journées d'études réunies en septembre 2005 à Paris sous la responsabilité de Claude Langlois et Christian Sorrel ont eu pour but d'évaluer le phénomène à l'échelle européenne et de proposer des études de cas pour la France avant de prendre la mesure des congrès internationaux qui ne sont pas le simple résultat d'un processus cumulatif, mais qui sont présents dès les origines. Au fil des communications s'impose l'idée que le congrès, dans sa forme comme dans son contenu, est un observatoire pertinent des mutations du catholicisme contemporain.

  • Alors qu'un capitalisme toujours plus débridé bouscule les sociétés du monde et précipite la crise écologique et sociale, la notion de progrès qu'il charrie a de quoi laisser perplexe. Ne se limitant plus à l'aspiration - toute humaine - à l'amélioration des conditions de vie, cette notion est plutôt devenue un symptôme du fantasme de la toute-puissance technique et de la maîtrise du vivant. Dans ce contexte, vouloir préserver le monde contre la démesure et la destruction environnementale, faire l'éloge des limites, relève-t-il d'un conservatisme? D'ailleurs, que signifie ce mot dans une perspective de gauche? Dans quelle mesure est-il nécessaire à un réenchantement du monde?

  • Indissociable de l'expérience humaine, l'imagination est une brèche ouverte sur l'inattendu et sur un infini de possibles qui nous permet d'envisager le monde autrement. Parce qu'elle permet de faire éclater les idées et les croyances figées, étouffantes, l'imagination a un rôle politique essentiel à jouer. Mais si elle est associée à la liberté, l'imagination ne peut toutefois se passer de contraintes, au risque de devenir psychose, perte de contact avec le monde, enfermement dans l'irréalité. Bien souvent, d'ailleurs, que ce soit chez les artistes ou même les prisonniers, les contraintes peuvent devenir un puissant stimulant à la créativité, au rêve, à la faculté d'imaginer.

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