• Pour un oui, pour un non, les gens, ça fait toujours de histoires. Avec ce roman audacieux et impertinent à bien des égards, Dan Ross Smague dresse une galerie de personnages irrésistibles, loufoques, parfois faubouriens, confrontés à mille péripéties, autant de rebondissements aussi invraisemblables qu'inattendus. L'humour et les dialogues grinçants narrés par l'auteur, à l'image de protagonistes pas toujours des plus recommandables, telle la grand-mère, véritable phénomène parmi les phénomènes, font de cette expédition, un itinéraire de vacances parsemé de perlouses et autres petits trésors amenés à figurer parmi l'anthologie de la sottise humaine dont il restera toujours de superbes et adorables spécimens.

  • Chère lectrice, cher lecteur : Tenez-vous bien au guidon, surtout ne lâchez rien. Dans cette aventure les montées sont rudes, les descentes vertigineuses.
    La glorieuse narratrice de cette histoire n'est autre qu'une bicyclette, mais quelle bicyclette ! Agile, fière, vaillante, elle nous conte son existence à travers celles et ceux qu'elle côtoie, et surtout la vie tumultueuse que lui fait mener le Champi ce jeune héros au visage déformé, monstrueux.
    Véritable anomalie de la nature, le champi tombe amoureux de la Drôlesse. Parisienne, menteuse, manipulatrice, obligée qu'elle se sent pour se défaire de ce monstre, la Drôlesse s'invente une maladie incurable...
    Le Champi, monstre au coeur doux, emprunte alors des sentiers boueux, jonchés d'embûches, des chemins infestés d'ornières, et lui-même tendra des pièges dans lesquels...
    Dans ce roman imagé, mi-terroir mi-urbain, les bicyclettes portent le nom des singularités de leurs propriétaires. Ainsi, souvent malgré elles, la Vaugirard, la Vétuste, la Vétille, la Vérole, la Valeureuse, la Vacharde etc., en sont les autres héroïnes.
    Par ailleurs, la Blouse-grise, le Béret, la Tremblote, la Ficelle, le Courbé, la Piqueuse, le Garde-champêtre sur sa Ventouse, la Gueule-de-veau, sans oublier les notables sans scrupule, complètent le tableau pittoresque, parfois tragique de cette histoire.

  • « Comme s'il s'agissait d'un petit train », jubilait l'amphitryon dans sa tête avant d'être pris d'un définitif étourdissement ; son ombre suit le convoi sur les talons de l'officier de police judiciaire, lui-même dans les pas de son collègue Fredo. Appliqué dans son avancée à touche-touche, à peine sent-il, appuyé sur sa nuque l'embout rond du canon d'un 357 SIG Parabellum armé d'un silencieux, qu'une balle calibre 9 mm cloque la peau de sa gorge, la traverse pour aller se ficher dans le haut d'une planche d'un bois épais posée, cinq mètres plus loin, sur le bahut de la salle à manger. À son tour, car le tireur n'est pas homme à s'embarrasser de discours, sans se voir intimer la moindre sommation, Leforestier, dit Fredo, n'a ni le temps de dire ouf ni d'émettre quelque signe de stupéfaction, amorce un geste de recul, tourne la tête quand dans l'instant, une seconde balle du même calibre lui gaufre le milieu du front.
    Temps d'action : deux secondes six centièmes ?!
    Le sang gicle en tous sens sitôt le troisième projectile, fait-il éclater le crâne en pleine rotation.

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