• Varia

    Guenette Daniel

    Le Noroît est heureux d'annoncer le retour de Daniel Guénette avec le recueil Varia. Ici, l'effet de la rime laisse entendre quelque chose comme un chant, évoque un certain embarras. Telles sont du moins les significations du mot « aria ». En détachant du V initial la suite du mot, on comprend que le lyrisme contient une part de soucis; c'est confirmer l'intuition baudelairienne voulant qu'à partir du mal, le poète se plaise ou complaise à fleurir des sentiments. Le mot « varia » suggère l'idée de choses diverses. Par antiphrase, le titre s'inscrit ici en faux contre la croyance voulant que ces choses aient peu de poids, et qu'il n'y ait, par conséquent, pas urgence à en traiter. Mais la poésie n'a que faire de tels délais.

  • « Un chien qui crève ! / M'ont crié des enfants ; voilà tout ce que c'est. » L'animal domestique se réduit-il à si peu de chose ? L'école des chiens n'aborde pas de front la question, mais elle y répond dans la mesure où son écriture témoigne de l'importance du lien qui, même à travers la mort, unit le narrateur à son animal de compagnie. La vie du chien semble insignifiante, tant elle est constituée de répétitions. Pourtant, au fil des jours, se trame une véritable histoire, emplie de petits rebondissements et de grands enseignements. À la fin, l'attachement atteint des proportions telles que le maître esseulé ne peut que tenter d'insuffler un certain regain aux cendres éteintes de son vieux compagnon.

  • Le doute apparaît ici comme un antidote à la folie meurtrière de ceux qui imposent leurs certitudes. Un certain dieu semble avoir la vie dure et s'ingénier, à travers ses prétendus représentants, à rendre l'existence des hommes tout à fait impossible. Devant la montée des intégrismes, force est de constater que l'intolérance religieuse n'est pas plus morte que ses dieux.

  • Carmen quadratum parce qu'ici le chant est carré, peu lyrique ; carré également dans le sens où une construction rigoureuse préside à son élaboration. Il convient d'aborder ces textes par les quatre côtés de l'ouvrage. En ce sens, celui-ci repose sur une relation construite entre chacune des pièces des quatre mouvements du poème, dans leur ordre d'apparition dans chacun des mouvements.

    Carmen quadratum offre donc un seul et même poème, composé de fragments brefs et variés. Le poète s'y fait discret. S'il y est moins éloquent que dans le Traité de l'Incertain, il reprend néanmoins quelques thèmes de ce recueil. Il demeure perplexe face à des pratiques religieuses ou culturelles aberrantes, il aborde aussi des sujets plus aimables, tel le plaisir que suscite une chanson fredonnée lors d'une promenade. Parmi l'abondance des désastres, on rencontre des embellies.

empty