• On peut se demander si la littérature et le futur ont un langage commun et quel langage, mais s'agissant de la mémoire ou du passé, la même question semble admissible quand il faut oublier, coûte que coûte, et que tout a été fait par l'histoire, pour que peu de traces subsistent aux exactions commises par une civilisation fondée sur le christianisme. Une civilisation qui a pris la parole d'un dieu de paix et de fraternité comme symbole de l'expansion coloniale. Aujourd'hui, de nombreux peuples se cherchent parce qu'ils ignorent presque tout de leur propre identité culturelle. Ce roman fouille au plus profond de la mémoire collective de la France et des Caraïbes, depuis le début de la colonisation de l'île de la Martinique, appelée Jonnacaira par les premiers habitants de ce bout du monde américain, les Kalinagos. Un roman qui joue de la fiction pour raconter la fin d'un peuple fier et dominateur, très différent de ce qu'en disait le Père Labat et bien d'autres historiens au service d'une idéologie dominatrice, quasi-exterminatrice. Il faut bien dire ce qui a été, les Amérindiens de Madinina ont subi un quasi-génocide par le fait militaire français, il y a déjà plus de trois siècles, avant que l'esclavage ne s'implante définitivement. Des femmes et des hommes ont vécu cette tragédie que le roman retrace avec des accents qui facilitent la fiction littéraire. Une démarche presque sociologique introduit le lecteur dans la vie quotidienne, il y a trois siècles. Des vérités historiques sont mises à l'épreuve de l'écriture littéraire, comme si leur contradiction devait servir la bonne cause d'aujourd'hui.

  • Voici un manifeste qui éclaire sur la nécessité de lutter autrement contre le sous-développement et le chômage massif des jeunes. Un texte qui prend partie pour l'indépendance alimentaire, pour l´indépendance énergétique, pour la participation active des citoyens au développement, en s'appuyant en priorité sur une nouvelle répartition des terres. Quatorze objectifs sont dressés pour aller au-delà des recettes éphémères qui privent le plus souvent les femmes et les hommes les plus défavorisés, notamment les jeunes, d'un véritable investissement individuel, seul levier capable de construire l'avenir collectif. L´auteur propose de nombreuses idées et procédures encadrées démocratiquement pour mettre un terme au sous-développement chronique de ce département d´outre-mer.

  • L´homme qui ne vit pas debout, cherche la lumière de la liberté, espérant atteindre la marche de la dignité et, dans l´escalier qui mène à la conquête de son identité, cheminer vers elles, sans aucune peur. Les deux nouvelles, « Sept années de fuite » et « Un certain regard sur 1870 en Martinique » retracent les méandres de la révolte individuelle, à la recherche du soutien de l´environnement populaire, avide d´actes héroïques, stigmatisant l´espérance collective d´émancipation identitaire. En dépit des tabous religieux, la haine raciale et le mépris se perpétuent entre les êtres. Pourtant, parmi les plus dominés dépourvus de représentation identitaire pleine, certains choisissent de se révolter, en s´appuyant sur l´amour fraternel et leur foi en Dieu. C´est ce phénomène que la nouvelle « Le sorcier noir de Tuskegee » met en oeuvre, en s´appuyant sur des faits historiques, authentiques, comme dans les deux précédentes nouvelles. L´auteur nous introduit ainsi dans l´Histoire identitaire, celle qu´ont animée à leur manière les trois héros de ces nouvelles. Les cultures minoritaires ne doivent-elles pas croiser notre conscience pour s´assurer que nous avons bien appréhendé leurs messages ? Avec ce recueil de nouvelles identitaires, Daniel Othily poursuit sa démarche constructive de l´Histoire identitaire, dans le cadre post-colonial, au sein des territoires et départements d´outre-mer ou des états du Sud des États-Unis.

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