Mémoire d'encrier

  • Après L'art presque perdu de ne rien faire, ce roman des idées, j'ai voulu réfléchir sur la lecture et l'écriture, deux activités qui enchantent mon esprit. J'ai écrit ce livre dans mon lit, entre trois et sept heures du matin. Au moment où la ville s'active, je me rendors. Voici quelques notes griffonnées en pyjama.

    1. Visez le coeur du lecteur, même si l'on sait que c'est avec sa tête qu'il lit.
    2. Écrire est d'abord une fête intime.
    3. Plus vous mettez de choses dans votre livre, moins on sentira votre présence.
    4. Une journée est parfaite quand on se met subitement à danser avec la chaise sur laquelle on s'était assis pour écrire.
    5. Les gens veulent toujours savoir d'où viennent toutes ces idées qu'ils voient dans les livres. Ça ne leur est jamais venu à l'esprit qu'elles viennent d'eux, mais sans cette modestie du lecteur il n'y aurait pas de littérature.
    6. Ouvrez n'importe quel livre de votre bibliothèque, prenez une seule phrase qui vous plaît, et mettez-la telle quelle dans votre livre. Cette opération s'appelle: faire payer les riches.
    7. Tout les problème vient du fait que l'écrivain soit devenu plus connu que le livre.
    8. N'espérez pas devenir un écrivain sans vanité, car ceux qui ont tenté le coup sont devenus, au mieux, des mystiques.
    9. Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez:il pleut.
    10. Les livres ne se font par pas hasard, mais parce qu'il y a des lecteurs qui, du fond de leur chambre, les réclament en silence.

  • Résumé
    Un après-midi d'été, l'écrivain croise sur la rue Saint-Denis un jeune homme, Mongo, qui vient de débarquer à Montréal. Il lui rappelle cet autre jeune homme arrivé dans la même ville en 1976. Le même désarroi et la même détermination.
    Mongo demande : comment faire pour s'insérer dans cette nouvelle société ?
    Ils entrent dans un café et la conversation débute comme dans un roman de Diderot.
    C'est ce ton léger et grave que le lecteur reconnaît dès le début d'un livre de Laferrière:« Tout nouveau-né est un immigré qui doit apprendre pour survivre les codes sociaux. Une société ne livre ses mystères qu'à ceux qui cherchent à la comprendre, et personne n'échappe à cette règle implacable, qu'on soit du pays ou non.» Laferrière raconte ici quarante années de vie au Québec. Une longue lettre d'amour au Québec.

    Échos de presse
    Si le livre semble s'adresser d'abord à Mongo, puis au nouvel immigré au sens plus large, il se veut aussi un miroir offert aux québécois, à ceux que Dany désigne comme les natifs. C'est fait avec humour, et beaucoup d'amour.
    Danielle Laurin, Le Devoir

    Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo se décrit comme une lettre d'amour au Québec. Un livre dans lequel il mélange joyeusement les genres, lui qui se dit obsédé par l'idée d'ennuyer son lecteur. On y trouve un dialogue entre un homme qui connaît aujourd'hui le Québec de l'intérieur et un jeune immigrant, Mongo, qui veut bien sûr tout conquérir en une nuit (et plus particulièrement une jeune fille). Conversations interrompues par les notes, observations et chroniques à la radio de l'homme établi, le tout menant à une espèce de manuel expliquant comment infiltrer une nouvelle culture.
    Chantal Guy, La Presse +

    À Mongo qui s'engouffre dans nos petits matins glacés, en émergeant de son deux et demie, Dany Laferrière demande : « Qui t'avait promis le paradis ? » L'exil transformera le nouveau venu. Les vieux enfants du sol à son contact également. D'autres écrivains d'ailleurs mêleront leurs souvenirs aux découvertes. D'autres émigrés se briseront les ailes sur des murs d'étrangeté, de nouvelles unions mélangeront leurs racines. Reste à se souhaiter d'offrir à tout le monde une langue vibrante pour mieux se parler.
    Odile Tremblay, Le Devoir

    Un livre plein de tendresse
    Marie-Louise Arsenault, Radi0-Canada/Plus on est de fous, plus on lit

    Au jeune Mongo, Laferrière raconte quarante années de vie. Une longue lettre d'amour au Québec. On retrouve avec plaisir le ton à la fois léger et sérieux de cet écrivain d'exception, son amour pour le Québec et pour la vie, son humour fin, sa sensibilité et la qualité du regard qu'il porte sur l'humain.
    Marie-France Bornais, Journal de Montréal

    L'auteur
    Dany Laferrière, né le 13 avril 1953 à Port-au-Prince en Haïti, reçoit le prix Médicis en 2009 pour L'Énigme du retour. Il est élu à l'Académie française en 2013. Il a publié chez Mémoire d'encrier Les années 80 dans ma vieille Ford (2005), Tout bouge autour de moi (2011), Journal d'un écrivain en pyjama (2013) et Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo (2015).

empty