Iconoclaste

  • À 40 ans, une femme raconte
    la blessure qu'elle porte en elle
    depuis l'enfance. Un jour,
    un adulte a profité de
    la petite fille qu'elle était.
    SUBIR
    " Il m'a fait venir dans sa chambre, il a fermé la porte.
    J'avais six ans... Depuis l'enfant crie dans mon corps
    d'adulte. " Elsa Boublil raconte des bribes de souvenirs,
    croqués comme des tableaux. Un rabbin, en plein
    cours de Talmud, a abusé de son corps. Plus tard, un
    professeur de clarinette a profité de jeux en apparence
    anodins pour mettre ses mains sur elle. " Personne ne
    m'avait dit que mon corps m'appartenait. ", dit-elle.
    À 40 ans, Elsa ouvre enfin la porte. Il est temps pour
    elle de raconter non pas les faits (" J'ai tout oublié, ou
    presque ") mais les conséquences de ces gestes sur sa vie
    de femme. Dans un texte simple et sensible, écrit au plus
    près de la vérité, elle raconte le pouvoir que s'autorise un
    adulte sur un enfant.
    Sous une forme volontairement intimiste où chaque mot
    semble chuchoté, Corps à vif exprime avec une infinie
    pudeur le fléau qui touche tant de femmes et d'enfants,
    quotidiennement blessés par des gestes ou des regards
    obscènes. Il raconte les ravages dans le corps : l'anorexie,
    les douches incessantes " qui ne laveront jamais ",
    la sexualité inhibée. Le livre est enrichi de dessins
    de Bonnie Colin. Les deux femmes ont vécu le même
    traumatisme et décidé d'en parler ensemble, au nom de
    toutes les autres.
    GUÉRIR
    En creux, Corps à vif est aussi le récit d'une résilience :
    grâce à Philippe, " le premier homme qui n'a pas fait
    semblant de comprendre ". Et grâce au jazz, cette
    musique sensuelle et libre qui l'a réconciliée avec
    son corps. Elle en a fait aujourd'hui le coeur de sa vie
    professionnelle.
    RACONTER
    Corps à vif, c'est l'envie de parler pour la première
    fois à sa famille aimante à laquelle elle n'a rien osé
    dire. C'est aussi l'évocation d'une grand-mère, de ses
    bras consolants, et d'un père mélomane qui soigne ses
    angoisses en écoutant des messes de Bach, allongé sur le
    canapé.
    C'est enfin le récit d'une femme qui ose dénoncer pour
    toutes celles qui restent murées dans le silence et la
    honte.

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