• Mère sévère

    Eva Scardapelle

    La jouissance d´un soumis peut dissimuler le projet libérateur d´un lourd passé.






    QUELQUES MINUTES PLUS TARD, il revint s´asseoir sur la méridienne. La Japonaise réapparut et le pria d´entrer dans une salle de bains, parfumée, aux lumières tamisées. Il y découvrit, surpris, une autre demoiselle à la peau d´ébène. Leurs petites robes blanches courtes dévoilaient leurs jambes fines, d´une longueur vertigineuse. Elles se regardèrent, un sourire complice au coin des lèvres, les bras croisés.


    - Déshabille-toi, veux-tu !







    Eva Scardapelle soulève le voile d´une pratique extrême, associant sexe et souffrance, humiliations et sévices. Un récit sulfureux par une jeune auteure dont c´est la première nouvelle publiée.

  • Trophées

    Eva Scardapelle

    Il est des trophées qui témoignent d´une vengeance libératrice...











    AU BOUT DE QUELQUES INSTANTS, j´entends sa respiration et le claquement de ses sandales sur le sol carrelé. Il s´arrête devant « notre » cabine, jette des regards à gauche et à droite, et entre rapidement. Cela me fait rire, adossée contre le mur, les mains derrière le dos comme une collégienne. La couardise est leur point commun à tous.


    Il pousse le verrou et me regarde. Je lui souris. Il me dit « tu me plais ».









    Du rose soutenu avec du noir dedans, Eva Scardapelle nous entraîne dans une histoire plombée par un passé que l´héroïne interpelle pour s´en libérer d´une manière saignante. Bluffant !

  • Salves

    Eva Scardapelle

    Une femme entre en dépression comme d´autres partent en guerre.




    Enfin, je ne les aime plus. Je ne sais plus vraiment quand ça a commencé. Non, ce n'est pas venu d'un coup, comme ça, non. C'est arrivé petit à petit. Ça s'est infiltré en moi, comme une bactérie dans une plaie mal soignée. L'infection a débuté avec mes enfants. J'avais beau les regarder, ils m'apparaissaient de plus en plus comme deux étrangers bruyants. Je les câlinais, puis, tout à coup, me levais sans mot dire. Je ne les écoutais plus me raconter leur journée. J'esquivais les questions, préparais mécaniquement les repas, faisais couler les bains. Parfois beaucoup trop chauds. Et les plats bien trop froids.




    Eva Scardapelle saisit à merveille le moment où le noir de la dépression tourne au rouge sanglant.

  • Une vie contre une autre

    Eva Scardapelle

    • Ska
    • 1 Novembre 2017

    Jusqu'où une mère aimante peut-elle supporter la tyrannie d'un fils unique possessif à l'extrême ?
    « Elle reprit son stylo et leva la tête. « Au suivant ! » L'homme d'une cinquantaine d'années qui s'avança vers elle la scrutait de ses yeux bleu lavande, un large sourire aux lèvres. Les joues empourprées, la patronne tira nerveusement sur les manches de sa robe aux bords élimés, puis remit l'enveloppe contre une signature sur le livret de comptes. Les doigts rugueux de l'ouvrier effleurèrent les siens, qui se dérobèrent sous la caresse inattendue. Mains à plat sur les cuisses, elle n'osait croiser son regard. L'homme posa le stylo, empocha l'argent puis chargea son baluchon sur son épaule. - Dois-je vous inscrire pour la saison prochaine ? »
    Ah ! ne lui parlez pas d'enfant ! Cette veuve n'a qu'un fils qui lui pourrit la vie au-delà du supportable... sa vie qu'elle souhaiterait ranimer avec un autre homme aimant... Eva Scardapelle nous embarque dans cette histoire à la fin glaçante, et, ne le répétez pas, en complice de papier, on adhère totalement à cette chute.

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