• L´Empire britannique a été le plus vaste empire qui ait jamais existé. L´histoire de son expansion est complexe : à un premier empire en a succédé un second, qui s´est construit à partir de la fin du XVIIIe siècle. Suivant les lieux et les époques, ce mastodonte est formé de composantes diverses - dominions, colonies de la Couronne, forteresses, comptoirs, etc. - auxquelles s´ajoutent un empire informel composé des protectorats (Égypte), une sphère d´influence (Chine, Perse, Empire Ottoman), mais aussi un « empire du libre-échange » (Amérique du Sud, sud des États-Unis, Portugal, Scandinavie, Normandie, etc.). Avec la décolonisation, en quelques décennies, ce sont 64 pays et un demi-milliard d´êtres humains qui ont cessé d´être gouvernés par les Britanniques.
    Cet ouvrage présente l´histoire de l´Empire britannique jusqu´à sa disparition. Il montre comment cet immense ensemble est certes une construction politique, territoriale, économique, culturelle et technique, mais aussi l´espace d´un vaste déplacement d´hommes et de femmes qui s´opère dans différentes directions.

  • Au XIXe siècle, des milliers de Britanniques émigrent vers le continent. Parmi eux, des artisans viennent travailler quelque temps, forts de savoir-faire acquis outre-Manche, au coeur de l'industrialisation. Alors que les circulations se multiplient, mécaniciens, ouvrières du lin et du jute, dentelliers, cheminots, terrassiers ou travailleurs du fer utilisent leurs compétences en Europe. Au moins trois d'entre eux, venus à Paris par ces sentiers de l'ouvrier, ont laissé des mémoires : John Colin, apprêteur de cuir écossais et « ivrogne réformé » ; Charles Manby Smith, typographe érudit, qui compose à Paris des livres en anglais et William Duthie, orfèvre itinérant. Ils sont employés dans cette « fabrique collective » parisienne, capitale de l'échoppe et de l'atelier, destination de centaines de milliers de migrants provinciaux et étrangers. Ces trois témoins décrivent leur travail, leur logement et leurs sociabilités. Ils sont parfois les témoins de la grande histoire, à l'instar de Smith, observateur apeuré de la révolution de Juillet 1830. Ils repartent et finissent par raconter leur vie, selon un usage alors répandu dans les classes populaires britanniques. Leurs témoignages sur le Paris ouvrier sont rassemblés ici, pour la première fois en français.

  • Le Royaume-Uni resta-t-il impassible face aux bouleversements politiques et sociaux provoqués par la révolution française de 1848 ? Il s'en faut de beaucoup. Le " droit au travail ", les ateliers nationaux, les théories socialistes, les journées de Juin préoccupèrent les Britanniques, car cela renvoyait aux inégalités et aux luttes sociales que connaissait le royaume. Si le Royaume-Uni ne connut pas de révolution en 1848, la contestation, cependant, toucha largement le pays.

empty