• Cléopâtre hésite. Nul ne sait si elle fronce les sourcils ou si ses yeux cernés de khôl trahissent l'effroi, l'effarement peut-être, si même elle invoque en son for intérieur Isis et Osiris, à supposer qu'elle y croie. Les morts violentes, les trahisons jonchent sa course ici-bas mais la scène qui se joue à Actium, ce 2 septembre 31 av. J.-C, semble annoncer un dénouement tragique. Les bracelets figurant des serpents cliquettent à ses bras, à ses poignets. Parée comme une idole, petit tanagra du désastre à la proue de son vaisseau amiral, la dernière des Ptolémée flaire le carnage. Belle ? Bien pire. De l'enjouement, du charme. Une voix enjôleuse, prise aux sirènes de l'Odyssée, qui fit bien des Ulysses. À trente huit ans, Cléopâtre, déesse reine d'Égypte, offre à l'histoire son profil de médaille que casse un nez busqué.

  • "Mon coeur, vaste témoin du monde,
    Que tout blessait, à qui tout plut."
    Anna-Élisabeth de Brancovan, comtesse Mathieu de Noailles (1876 -1933), née au sein d'une famille princière roumaine du côté du père et d'humanistes grecs du côté de la mère, fut, c'est un euphémisme que de le dire, bénie des dieux. Riche, belle, adulée dès ses premiers écrits par ses contemporains, elle fut la muse officielle de la IIIe République, comme Valéry en était l'orateur. Mais elle fut aussi l'auteur d'une oeuvre poétique de premier plan et une actrice principale de son temps. Âme d'un salon littéraire qui accueillit le Tout-Paris de l'aube du XXe siècle, créatrice du prix Vie heureuse, ancêtre du Femina, elle fut la première femme à porter le titre de commandeur de la Légion d'honneur et à entrer à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

  • "Le beau court les rues : il y est désespérant, et la peinture ou plutôt la rage de peindre paraît la plus grande des folies."

    Eugène Delacroix (1798-1863) a connu une gloire paradoxale. Si sa Liberté guidant le peuple est sans doute un des tableaux les plus célèbres du monde, si son portrait ornait naguère les billets de cent francs, sa personnalité reste mal connue. Peintre génial, passant indifféremment d'oeuvres d'inspiration religieuse ou littéraire à d'autres plus en rapport avec l'actualité de son temps, il n'hésita pas à sacrifier le dessin au profit de la couleur. Peintre officiel du Second Empire, tantôt honni tantôt follement admiré, il fut l'un des tout premiers artistes à peindre l'Orient d'après nature. Romantique malgré lui, dandy et sauvage, misanthrope et mondain, ce grand mélancolique admiré par Baudelaire influença de nombreux peintres tels Signac, Van Gogh ou Cézanne, lequel observant Femmes d'Alger affirma : "Nous y sommes tous dans ce Delacroix."

  • " Pour rendre compte de la dimension romanesque du personnage, un biographe ne suffit pas, il faut un écrivain. Frédéric Martinez en est un, de grand talent et d'une intelligence confondante. " Le FigaroLes coups de feu qui éclatent le 22 novembre 1963, à Dallas, font entrer dans la mythologie du XXe siècle John Fitzgerald Kennedy, idole Technicolor de l'Amérique, paladin d'une épopée qui s'achève en roman noir. On a tout dit sur son assassinat. Beaucoup moins sur l'homme complexe qui se cache derrière ce sourire de légende, icône flamboyante d'une société du spectacle qui tue aussi ceux qu'elle adore.
    Frédéric Martinez dessine le portrait subtil et nuancé d'une figure éclipsée par son mythe, incarnation d'une Amérique idéalisée où le sublime côtoie le sordide, où le pathétique le dispute au tragique.

  • "En vacances, il faut désapprendre les allées ratissées qu'empruntent nos vies au cordeau : le temps est nu. Le cri aigre des goélands, la rumeur stridente des cigales submergent la fureur des métropoles. L'air plus vif rompt les entraves que la routine a posées sur nos âmes. Le ciel se rapproche de nous. Nous voici libres. Tapis au creux du temps comme dans une combe, nous faisons le gros dos sous la lune et reprenons peu à peu possession de nos corps qu'ébrèchent les travaux et les jours. Loin du béton, dans cette vacance qui nous rend à nous-mêmes, quelque chose doit arriver."

  • Ce serait un livre sur nos vies rêvées, nos envies d'ailleurs. Il y aurait, au creux des dunes, des belles aux yeux d'Atlantique, des femmes changées en sirènes et des capitaines à l'ancre qui cherchent encore le sud, des étés perdus et de faux détectives. Ce serait un livre sur l'Amérique. Ou presque.

  • El «espíritu de imitación» fue, durante mucho tiempo, la razón invocada para explicar por qué los hispanoamericanos se referían tanto a Europa en su labor de construir nuevas naciones. Pese a ser inicialmente un discurso etnocéntrico de los europeos, asombrados por la habilidad de los «bárbaros» latinoamericanos en «copiar» sus formas políticas, el discurso de la «imitación» tuvo gran fortuna en América Latina. Lo adoptaron los actores políticos que buscaban fundar su legitimidad en una supuesta «autenticidad», fueran conservadores o revolucionarios, porque les ofrecía una retórica eficaz para desacreditar a sus adversarios, al criticarlos ante la opinión pública como «serviles imitadores» de modelos «foráneos». Este libro muestra, al contrario, cómo las referencias europeas, incluso en la «aislada» Colombia decimonónica, pueblan la imaginación política nacional no como algo ajeno, sino como algo propio; cómo todos los actores políticos, - liberales o conservadores, «pueblo» o « elites» - , lejos de «imitar», recrean e instrumentalizan las representaciones de Europa que convienen a su estrategia política; y cómo es el encuentro con la mirada inferiorizante de los europeos, lo que empuja finalmente a los cosmopolitas constructores de la nación a crear una ideología nacionalista que postula el rechazo - retórico, cuando m e n o s- de las «influencias exteriores». El nacionalismo cosmopolita, porque desmonta los mitos ambiguos de la imitación y de la autenticidad, propone una lectura profundamente renovada del proceso de construcción nacional en el siglo XIX colombiano.

  • Claude Monet a joué sa vie sur le motif. Il a bien failli Frédéric Martinez perdre. Le chef de file des impressionnistes lègue à la postérité l'image d'un artiste heureux parmi ses fleurs, peintre jardinier annonçant l'art abstrait dans son domaine de Giverny. Il fut surnommé le Raphaël des eaux, tant ses jours et ses oeuvres suivent le cours de la Seine. Mais il n'est pas si paisible. Monet eut deux femmes et une seule maîtresse : la lumière. Sa peinture illustre leurs amours passionnés. Cette vie au fil de l'eau vous fera dériver de Londres à Venise, en passant par la Normandie, Paris et la Bretagne, Alger, la Creuse et la Riviera. Vous rencontrerez Georges Clemenceau, Octave Mirbeau, Émile Zola, Jean-Léon Gérôme et ses gladiateurs, des nymphes, quelques fantômes, le père Poly et même un pharaon. Et puis bien sûr des nymphéas, qu'il vaudrait mieux ne pas croiser. Mais c'est une longue histoire.

  • Jimi Hendrix

    Frédéric Martinez

    Le 18 septembre 1970, Jimi Hendrix est retrouvé sans vie dans la chambre 507 de l'hôtel Samarkand, à Londres. L'icône du rock, acteur déchu d'un mystère chrétien psychédélique, gît dans son vomi.

    Une femme et une guitare flanquent le gisant de ce roi sous acide. Il avait 27 ans.

    Retour en arrière. La seconde moitié du XXè siècle vit l'éclosion d'une religion nouvelle : le rock. Son pape était noir et semait de miracles électriques les festivals de musique, de Woodstock à Wight. Jimi Hendrix s'est brûlé à tous les clichés du rock ; avant de mourir dans l'enfance de son art, il avait pourtant mené l'Experience très loin. Si, aujourd'hui, les idoles des jeunes changent leur sang dans des cliniques et placent leur capital dans des banques, avec Hendrix, c'est une autre histoire. Sa déchéance est plus propre que ces succès capitalisés. Elle a la rectitude d'un mythe.

    Dans cette ode hallucinée, Frédéric Martinez donne la parole à Jimi Hendrix et nous entraîne, au fil de pages traversées de coups de feu et de coups de blues, dans une plongée en apnée pour remonter aux sources du rythme.

  • Toulet est un sentiment, un état d'âme. Son français est une grâce. Son oeuvre est une confidence. Ceux qui la reçoivent ne l'oublient pas. Contemporain de Proust, d'Apollinaire, il fut une figure du Paris 1900, un opiomane notoire et le chef de file de l'école fantaisiste. Certains de ses poèmes comptent parmi les plus beaux de la littérature française. On ignore souvent qu'il en est l'auteur. Qui était Toulet ? Quels furent ses amis, ses amours ? Ce livre est une invitation au voyage. Vous le suivrez en Béarn, à Paris, sur l'île Maurice, en Algérie, en Indochine et au Japon , vous prendrez des taxautos et les paquebots des Messageries maritimes. Ce n'est pas une biographie. C'est l'histoire d'un poème.

  • Portraits d'idoles

    Frédéric Martinez

    • Perrin
    • 15 Octobre 2015

    Les portraits de six icones hollywoodiennes, par la plume ciselée de Frédéric Martinez Six actrices. Six stars hollywoodiennes. Six idoles du XXe siècle. L'histoire d'Ava Gardner, de Grace Kelly, de Norma Jeane alias Marilyn, de Rita Hayworth, d'Audrey Hepburn et d'Ingrid Bergman. Nous sommes dans les années 1950 à Hollywood, en Californie, où parfois la terre tremble. Les sirènes boivent des cocktails au bord des piscines. Condamnées au sourire, elles ont vendu leur âme aux studios. Le diable est dans le décor. C'est une histoire d'amour, avec des millions de spectateurs. Alors forcément, ce n'est pas une histoire simple. Voici six portraits de femmes, où le sublime côtoie le pathétique et le tragique coudoie le comique, portés par la plume ciselée, et unique, de Frédéric Martinez.

  • El uso político del mito no es una novedad. Lo que sí es nuevo en América Latina es la potente emergencia de mitos históricos y su utilización como fuente de legitimidad política. Se cuestiona así la "racionalidad" que había venido sustentando los procesos democráticos del continente.

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