• Stay behind

    Frédéric Saenen

    • Weyrich
    • 18 Février 2014

    Lorsque l'un des membres de votre famille en fin de vie vous apprend une vérité à laquelle vous n'étiez pas préparé...
    Stay behind, « rester derrière ». 
    L'expression désignait de très secrètes cellules de renseignement et de résistance armée établies par l'OTAN. Son écho a hanté la guerre froide jusqu'aux années 80, ces années de plomb à la belge, quand de mystérieux tueurs couraient les shoppings du Brabant... 
    Mickaël a trente ans, une petite fille et de modestes boulots de traduction. En ces jours de juin 2016, il rend quotidiennement visite à son parrain, hospitalisé en soins palliatifs. Le jeune homme va alors recueillir l'incroyable confession de celui qui a été toute sa famille, son « bâton de jeunesse ». Pourquoi mentir encore quand les jours sont comptés ?
    Un roman où le suspense règne en maître, rythmé par de nombreuses références historiques
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 
    - "Frédéric Saenen mixe habilement une histoire familiale - et les secrets qui se cache derrière elle - , avec une partie de l'Histoire belge des années 80. Son roman, d'une écriture mêlant la voix off et le récit oral, les confessions d'autrefois et la réalité de l'époque, fait aussi quelques clins d'oeil au lecteur." (Alain Delaunois, RTBF)
    - "Polar belge, audacieux et subtil, le dernier Saenen est servi par une langue de haute volée. [...] Au fil d'une habile construction qui fait alterner les confessions de Parrain à Mickaël et les flash-backs dans les années 1980, l'auteur nous tient en haleine d'un bout à l'autre du récit, en nous gratifiant de quelques scènes d'anthologie." (François Provenzano, culture.ulg.ac.be)
    - "La langue que Frédéric met en oeuvre est d'une grande précision : rendant palpable l'accent liégeois et le vocabulaire de ses personnages, puis se dotant d'une puissance de feu évocatrice et poétique dès qu'il s'agit de faire revivre ces heures brutales et poisseuses de notre Histoire récente." (Librairie livres au trésors)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Diplômé de philologie romane, Frédéric Saenen assure des cours de français à l'UlG. Il a débuté sa carrière d'écrivain avec la poésie pour ensuite se tourner vers des récits courts en prose. Frédéric Saenen accorde une attention particulière à la musicalité du langage et aux sonorités qui se dégagent d'un texte. Cette oralité fortement marquée provient probablement de l'influence qu'a eu Céline, auteur qu'il admire et qui fut son sujet de mémoire. Frédéric Saenen est également critique littéraire pour, entre autres, Jibrile et Le Magazine des livres.
    EXTRAIT 
    - Voilà c'est fait. C'est ce qu'il fallait faire. Et je l'ai fait. Oui, je l'ai fait.
    L'homme au volant à la gorge nouée en prononçant ces mots. Le passager, très pâle, se tient raide sur son siège, le regard perdu dans le vide. Il parvient à murmurer : 
    - Tu crois ? Tu crois vraiment que...
    - C'est fini, maintenant, les menaces, les saloperies...
    - Tu crois ?
    L'homme au volant se tourne une seconde vers le passager.
    - On a fait ça comme des pros, on n'a laissé aucune trace. Personne ne saura, jamais. Tu t'inquiètes ?
    Les lèvres du passager tremblent.
    - Je... je sais pas. Oui, je crois.
    Sans quitter la route des yeux, l'homme au volant ôte sa main droite du levier de vitesses et la pose sur l'épaule du passager, qu'il presse intensément.
    - C'est à la vie à la mort, maintenant, entre nous deux. Merci. D'avoir été là. Sans toi, rien...
    Le passager éclate en sanglots. Il répète sans fin : 
    - Tu crois ? Tu crois ? Tu crois ?
    La voiture s'enfonce dans la nuit.

  • La danse de Pluton

    Frédéric Saenen

    • Weyrich
    • 18 Février 2014

    Et si tout n'était qu'une question de hasard ?
    Le hasard. Il n'y a que ça, au fond, le hasard. Lui qui nous fait vivre, mourir, aller, venir, naître, disparaître. On pourra me servir tous les baratins scientifiques qu'on veut, ou le blablabla de n'importe quel Témoin de Jéhovah, c'est lui, le maître : le hasard. Quand j'ai eu compris ça, je me suis dit que pour devenir quelqu'un, il fallait devenir le hasard de quelqu'un d'autre, bon ou mauvais. Et il y a eu le mémorable épisode avec Rony. Là, tout est devenu clair et j'ai pigé ce que c'était, «?se réaliser?». 
    Un samedi matin, sur l'autoroute E42 en direction de Liège. Entre désir de revanche sur la vie et musique des sphères, le Hasard revient sur les lieux d'un de ses crimes passés pour entrechoquer les destinées. 
    La Danse de Pluton, un roman d'une intense noirceur, animé par une tension qui prend racine dans l'âme tourmentée d'une certaine Wallonie.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 
    - "Avec un séduisant mélange d'esprit, de sensibilité et de culture, Saenen nous a concocté un conte à l'arrière-plan mythologique, d'où l'humour n'est jamais absent, un humour grinçant et diablement efficace, comme l'illustrent l'hilarante satire des enseignants en milieu multiculturel (« socles de compétences » et « démo-créativité»), le récit d'une virée dans le Liège nocturne, les savoureux portraits... " (Christopher Gérard, La Cause littéraire)
    - "Premier roman particulièrement réussi pour le Liégeois Frédéric Saenen. Une écriture moderne pour un récit qui tient en haleine." (Marie-Françoise Gihousse, L'Avenir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Diplômé de philologie romane, Frédéric Saenen assure des cours de français à l'UlG. Il a débuté sa carrière d'écrivain avec la poésie pour ensuite se tourner vers des récits courts en prose. Frédéric Saenen accorde une attention particulière à la musicalité du langage et aux sonorités qui se dégagent d'un texte. Cette oralité fortement marquée provient probablement de l'influence qu'a eu Céline, auteur qu'il admire et qui fut son sujet de mémoire. Frédéric Saenen est également critique littéraire pour, entre autres, Jibrile et Le Magazine des livres.
    EXTRAIT 
    - Je descends à la cave, chercher un truc !
    De toute façon, elle n'a rien entendu. Encore le cul planté devant ses séries à la mords-moi-lenoeud, avec le poste poussé à fond et le cendrier qui déborde.
    L'ampoule nue est presque trop faible pour éclairer tout ce bordel. C'est bien parce qu'il y a cette saleté d'humidité, sinon je devrais venir plus souvent ici, je parie qu'il y a plein de quincaillerie que je pourrais refourguer sur une brocante ou l'autre. Tous ces outils presque neufs, plusieurs dans leur emballage d'origine, qui doivent valoir un petit pactole. Raison de plus de s'en débarrasser maintenant qu'il n'y a plus personne pour s'en servir.

  • « Je dois dire que j'ai découvert Camille Lemonnier grâce à vous », cette phrase n'est pas une fiction, mais une réalité. Le lecteur belge ou français ne découvre pas Molière ou Zola. Le nom et l'oeuvre sont connus, un passage obligé. Camille Lemonnier, écrivain belge, est spécifiquement l'auteur qui fait l'objet d'une découverte. Le nom sonne familier et après s'être renseigné, le lecteur franchit le pas. Il lit un roman, il est subjugué. Alors, survient la différence entre le lecteur français et le lecteur belge. Le premier fait une découverte, le second prend conscience d'un scandale. Qu'un auteur aussi magistral soit ignoré de son propre peuple, qu'il ne soit pas inclus dans les programmes scolaires aux côtés des auteurs français, voilà ce qui scandalise le lecteur belge. L'oeuvre oubliée de Camille Lemonnier est le symbole même de notre ignorance et notre désintérêt pour notre propre culture. La prise de conscience pousse à la révolte pour la reconnaissance. La voie choisie de Frédéric Saenen : militer pour l'entrée de Camille Lemonnier dans la prestigieuse collection de la Pléiade. C'est un premier pas. Les suivants mèneront à la création de notre propre collection Pléiade et à l'enseignement des auteurs belges. À moins que nous restions toujours le peuple vagabond et sans attaches d'une terre d'exil...


  • Toute lecture de Camille Lemonnier est d'emblée biaisée par l'identification systématique, établie de son vivant même, à un « Zola belge ». La présente étude se propose de réévaluer la pertinence de ce poncif, en établissant sa généalogie et son impact sur la postérité du mythe Lemonnier, en déterminant aussi ce qui rapproche ces deux géants et ce qui les distingue strictement, en tentant enfin de réaffirmer, par-delà la ténacité du stéréotype, l'originalité foncière du « Maréchal des Lettres ».


    Frédéric Saenen enseigne le FLE à l'ULiège. Son roman L'Enfance unique a reçu le Prix George-Garnir de l'ARLLFB. Essayiste amateur de cas épineux (Drieu la Rochelle, Albert Caraco) et critique littéraire (Le Carnet et les instants, Parutions.com), il est rédacteur en chef de la Revue générale depuis 2018.

  • Quand vous entrerez dans ces pages, suivez cette voix d'outre-lexique, localisez la langue, attrapez-là et serrez ; vous pourrez alors commencer à tirer, en douceur mais sans faiblir : le chant montera forcément.
    Il faut lire Saenen comme il s'écrit, avec vigueur et joie, d'un bloc, dans l'urgence de la pesanteur. D'un seul tenant. Attention ! Chute de volcans.

  • L'Inconvénient consacre le dossier thématique de son numéro d'automne à l'autodérision. « Celui qui pratique l'autodérision consent à ce que les autres rient de lui ; en revanche, l'autodérision le laisse maître du jeu, puisque c'est lui-même qui décide de quoi l'on rit. Tandis que les autres rient, c'est lui qui parle. Faire rire les autres sera-t-il une façon de les faire taire ? » (extrait de l'éditorial) Lisez Gilles Archambault sur les ruses de l'autodérision, Laurence Côté-Fournier sur la question de l'authenticité, Robert Aird sur l'autodérision à la québécoise, Frédéric Saenen sur la belge et David Homel sur l'identité. Ce numéro comprend aussi la deuxième partie de Jazz et Java copains de Stanley Péan, un essai comparatif sur le rapport à la vérité dans les séries Feabag et Chernobyl, un portrait de l'artiste multidisciplinaire Isabelle Guimond et une fiction sur l'endettement d'Antonin Mireault-Plante, entre autres.

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