• Les egares

    Frédérick Tristan

    • Fayard
    • 15 Novembre 2000

    Dans le climat à la fois passionnel et tourmenté qui précède la Seconde Guerre mondiale, Jonathan Absalon Varlet, un jeune Anglais doté d'un pouvoir de séduction sans égal, rencontre un curieux personnage, Cyril Pumpaker. Celui-ci, qui vient d'achever son premier roman, confie le manuscrit à son nouvel ami afin qu'il entreprenne les démarches nécessaires à sa publication. Désireux de se protéger du monde et de ses éclats, il va même jusqu'à accepter que Varlet endosse son oeuvre sous le pseudonyme de Chesterfield.
    Très vite, l'intelligence, l'ascendant et l'habileté de Varlet propulsent littéralement le nom de Chesterfield et le portent au sommet de la notoriété internationale. Et cela sans que Pumpaker en prenne ombrage. À l'un les joies de l'écriture, à l'autre celles de la célébrité.
    Mais qui est véritablement Chesterfield dans cet univers en décomposition ? Un redresseur de torts, un homme d'affaires, un martyr ?

    Frédérick Tristan reprend ici le thème de la grandeur de l'homme en proie à sa solitude. Ce roman, qui a obtenu le prix Goncourt en 1983, est réédité dans le cadre de la publication de l'oeuvre du romancier Frédérick Tristan aux Éditions Fayard.

  • Depuis la mort de Jeanne, Simon élève seul leur fils, David, adolescent attentionné et studieux qui fait sa fierté. La rencontre du jeune homme avec Olympe, superbe femme de quarante ans, riche et cultivée, va totalement bouleverser sa vie. David, éperdument amoureux, se laisse envoûter par la Divine au point de négliger ses études et ce père qui l´a tant choyé depuis sa naissance. Olympe tisse une toile machiavélique autour du jeune homme en l´initiant au sexe, à l´Islam, puis à la drogue. Sous l´emprise de la Divine, il devient un jouet qu´elle manipule à sa guise afin de mettre son plan à exécution. Cela fait vingt ans qu´elle attend ce moment, vingt ans qu´elle prépare sa vengeance avec la plus grande minutie. David en sera l´instrument : en le détruisant, c´est Simon qu´elle veut faire souffrir, autant qu´elle a souffert quand il l´a quittée pour Jeanne. Jusqu´où ira la folie destructrice d´Olympe ? Frédérick Tristan dépeint une femme qui ne recule devant rien pour laver l´affront qu´elle a subi, prenant sa proie au piège comme un insecte dans une toile d´araignée. David sombre sans que rien ne ralentisse sa chute et sans se douter que derrière l´étreinte de la Divine se cache le baiser de la mort.

  • Balthasar Kober, jeune garçon de quinze ans, orphelin, sans autre attache avec le monde que sa remarquable imagination, voyage à travers l'Allemagne des années 1590 à la suite de l'illustre kabbaliste et alchimiste Friedrich Cammerschulze. De Dresde à Venise, en passant par Nuremberg et Tubingen, les deux voyageurs sont confrontés aux luttes religieuses, sans cesse menacés par le sectarisme, constamment protégés par la Confrérie des Galopins dont ils font partie, rencontrant sur leur route les personnages les plus caractéristiques de l'époque : compagnons charpentiers, mercelots, imprimeurs, évêques, recteurs, philosophes, brigands et étudiants, témoins de cette fin du monde que ponctuera l'exécution de Giordano Bruno en 1600.Toutefois, ce voyage dans l'espace est également vécu par Balthasar Kober comrne un voyage dans un "ailleurs" qui est sans doute aussi son propre imaginaire. Ainsi le roman picaresque se change-t-il comme a son insu en la description intérieure d'un passionné de lumière et de vérité, d'un de ces fous de Dieu perdu dans le chaos du monde, sans cesse abattu, aussitôt renaissant, frère de toute la misère des hommes dont il se sent responsable.Ce roman d'aventures et d'amour constitue également une vivante méditation sur l'être humain immergé dans un monde "plein de bruit et de fureur"- mionde qui, à cet égard, n'est sans doute guère différent du nôtre.
    L'oeuvre non disponible du grand romancier Frédérick Tristan, prix Goncourt, est republiée par les Editions Fayard. Les Tribulations héroïques de Balthasar Kober, qui a fait il y a quelques années l'objet d'un très beau film, notamment avec Michael Lonsdale, succède dans cette serie de rééditions à L'ange dans la machine. 

  • Parce qu'elle juge les garçons de son âge inintéressants et futiles, la jeune Élisabeth épouse Alexandre, un homme qui a presque trente ans de plus qu'elle et qui la fascine. Dès lors, elle entre comme en religion, totalement dévouée à un mari autoritaire, sans pitié, qui la modèle à son goût pour en faire son esclave. Deux domestiques, Emmanuel et Danielle, partagés entre la passion et la haine de leur maître, assistent et participent à cette déchéance.
    Hallucinante méditation sur le Mal, ce roman est construit comme une tour à l'architecture perverse, ou agencé comme une partie d'échecs jouée par des fous d'une intelligence extrême.
    Découvert par A. Camus et J. Paulhan, ce roman fut publié pour la première fois en 1959.

  • Tarabisco

    Frédérick Tristan

    • Fayard
    • 18 Mai 2011

    Un jeune homme enfermé dans une maison raconte l´illustre Tarabisco, sa grand-mère cantatrice, actrice monstrueuse désormais morte mais qui resurgit dans les esprits; son père bon à rien qui vendait des bretelles; sa mère qui s´ennuyait et attendait désespérément le retour de son premier amour qui avait sombré en mer. Il écrit un journal pour se libérer de ses peurs et décrire ses rêves. Un journal onirique dans lequel tous les morts se réveillent et prennent place. Un monde que le jeune homme tente de protéger au mieux face aux intrus qui l´assaillent. Il se souvient de sa jeunesse, de ses lectures... de visions effrayantes, de voyages colorés. Il mélange sa vie à ses rêves tel un schizophrène. Il recherche des personnages pour un roman, ils se présentent à lui mais ne lui conviennent pas. Pour retrouver la paix dans son esprit et dans ses rêves, se préserver des horribles apparitions de Tarabisco, il doit retrouver Eulalie Belladona, qui est l´image de l´enfance et de la femme idéale. Seconde partie du roman : dans un hôpital, le patient du lit 17 sort du coma. Il va bien mais a perdu la mémoire. Il s´appelle Jean-Arthur - comme Rimbaud - Quinquet. Jean-Arthur commence peu à peu à se souvenir. Notamment de son père qui lui racontait des histoires fantastiques, comme celle de son aïeule Tarabisco. De sa mère terrible qui le dévalorisait sans arrêt et qui lui préférait sa soeur Eulalie. Cette soeur qu´il admirait et dont il était amoureux. Cet amour défendu, un psychiatre l´a découvert et lui en parle. Mais Jean-Arthur feint de ne se souvenir de rien, simule la folie pour ne jamais quitter l´hôpital

  • Dirigé par Frédéric Tristan.


    Le premier but de ce cahier est de proposer un ensemble de témoignages, d'analyses, de documents et d'éléments critiques permettant à un lecteur de langue française de mieux pénétrer dans l'univers créateur de Thomas Mann. C'est ainsi que l'on présente préalablement quelques textes de base qui constituent le fondement de l'appareil critique français : les articles épars qui font autorité, classés dans un ordre thématique sans tenir compte de la chronologie de leur parution. Des études qui sont issues des spécialistes de langue allemande les plus représentatifs, de telle manière que ce dialogue puisse cerner mieux encore la pensée et la manière de l'écrivain. En tentant, toujours, d'indiquer quelques moments de cette gigantesque entreprise critique, qui, dix-huit ans après la mort de Thomas Mann, ne cesse de s'étendre en toutes les langues.


    Si les romans, les nouvelles et les essais de Thomas Mann ont presque tous été traduits en français, ainsi que sa correspondance choisie par sa fille Erika, la vie de l'écrivain est singulièrement mal connue. Elle est pourtant indispensable à la compréhension profonde de son oeuvre. Ce Cahier veux donc faire connaître l'homme. C'est pourquoi, à côté des témoignages de sa famille et de ses intimes, l'on insiste sur le rôle politique de Thomas Mann. De nombreux inédits de l'auteur ajouteront à cette prise de conscience du lecteur français, étonné sans doute de l'importance historique du comportement de l'écrivain entre 1914 et 1945, et plus particulièrement face au nazisme, à la démocratie, à l'Europe.


    Numérisation réalisée avec le soutien du CNL.

  • Brèves de rêves

    Frédérick Tristan

    • 12-21
    • 24 Avril 2014

    " Parfois, les yeux ouverts, le même rêve m'entreprend. Un escalier qu'il me faut gravir. Un escalier en cervelle de veau. Mes pieds enfoncent dans la gélatine et la sauce gribiche. Souvenir d'une brasserie de Mont-de-Marsan. J'entends la voix de ma mère. Quelque chose comme : " Yiddish ! Stockfish ! Finish ! " J'ignore le sens de ces paroles incongrues. Pourtant, il me faudrait comprendre. Alors je m'arracherais à la fiente, je parviendrais en haut de l'escalier, à l'étage du magasin où l'on vend des ballons d'enfant, du sucre candi, et où une très ancienne jeune fille chante " Une âme plus grande que ton être ". " Grand Prix de littérature de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre, rééd. par Fayard depuis 1997 PUBLICATIONS NOTOIRES :
    Les Egarés (Balland, Prix Goncourt 1983) Le singe égal du ciel (Fayard, 1994) Naissance d'un spectre (Fayard, 2000) Réfugié de nulle part (Fayard, 2011)

  • En l´an 1032, Li Ti-Phang, jeune Chinois de vingt ans, se croit désigné par le ciel pour sauver le monde. Son orgueil est tel qu´il refuse de communiquer avec le réel, en particulier avec ses parents qu´il estime trop éloignés de son état de dragon doré. Ses rêves l´entraînent dans des voyages extraordinaires dont il ne sortira que par la mort tragique de ceux qu´il aurait dû aimer. Dès lors il se lance dans une quête intérieure destinée à racheter ses errances passées.
    Descendant dans les enfers afin de sauver sa mère de l´éternel tourment, il rencontre l´amour d´une jeune fille qui le guide sur la Voie. L´ascension du Mont O-Mei sera le point culminant de ce difficile mais décisif retournement. A travers ce roman, récit d´aventures initiatiques fondé sur des textes anciens, l´auteur de Houng, les sociétés secrètes chinoises, révèle de nombreux aspects surprenants de l´imaginaire chinois, en particulier du taoïsme et du bouddhisme t´chan.

  • « Il faut du temps pour que le réfugié apprenne l´exil, mais je n´étais réfugié de nulle part. D´où m´avait-on expulsé ? De quelle matrice? Fils du vide, il me fallait ouvrir une porte sans chambranle, sans mur, sans demeure. Il me fallait inventer la vie. »Amnésique à la suite de la guerre, le petit Jean-Paul Baron va tenter, au delà de la révolte, de retrouver son enfance durant toute une vie perçue comme un roman foisonnant.  Rejetant sa mère qu´il ne reconnaît pas, il se réfugie dans le gironde la littérature, signe des poèmes d´émeute sous le nom de Danielle Sarréra. La mort prématurée du père le projette dans le milieu inconnu du matériel textile et le mène dans une Asie mystérieuse. Il n´aura pas le choix, il sera Baron dans les affaires et Frédérick Tristan dans l´écriture. Le Laos, le Vietnam et la Chine notamment nourrissent l´imaginaire de l´écrivain tout comme ses séjours en Europe de l´Est.  Dans cette destinée dense en rencontres surgissent les ombres d´André Breton, de Jacques Prévert, Georges Perec, François Augiéras, Gaston Bachelard, Roland Barthes, Henry Corbin, Mircea Eliade, Emmanuel Lévinas et de beaucoup d´autres.
    Inlassablement stimulé par la curiosité, Frédérick Tristan a vécu plusieurs vies, adhérant au compagnonnage de métier et à la franc-maçonnerie internationale, écrivant des livrets d´opéra et des adaptations théâtrales, publiant des romans policiers sous le pseudonyme de Mary London, ou enseignant l´iconologie...
    Dans cette autobiographie, Frédérick Tristan fait le point sur soixante ans d´écriture et de dessins, et s´attache à clarifier quelques malentendus.

  • Honorables, respectables et vénérables, bien à l´abri derrière les murs épais d´une bâtisse centenaire du coeur de Londres, les membres du distingué club des Hétérosophes se préoccupent beaucoup de la destinée des hommes et du monde. En tout cas ils en parlent. De ça et d´autres choses. Des heures durant, solennellement, entre une gorgée de pur malt écossais, de stout ou de brandy et une bouffée de cigare, ils tâchent de déterminer si les éléphants pleurent d´avoir pressenti un tremblement de terre ou si la terre tremble d´effroi à l´idée qu´un éléphant ait pu pleurer.

    Tapi dans l´ombre, Monsieur l´Enfant ne dit rien. Il se demande quel vide masque ce bavardage cosmique. Mais peut-être qu´en fait de vide les élucubrations interminables des Hétérosophes ont plutôt pour but de faire oublier de terribles secrets...

  • Que recherche Xie Fei, l'adepte du Tao ? L'élixir de longue vie ? Le vase de la paix universelle ? Le tripode de Yu le Grand ?
    Accompagné d'un naïf savetier, d'un marchand cupide et d'un malfrat mal embouché - ils se sont échappés de prison -, Xie Fei va devoir affronter spectres, monstres et dragons, descendre dans le royaume des ténèbres avant de comprendre le sens réel de sa quête.
    Il rencontre notamment les huit Immortels, les dix-huit Luohan, la miséricordieuse Guanyin, Yama le maître de la Mort, Yao Yi la concubine de l'empereur changée en renarde, Man Yu, le barbare du Sud...
    Il traverse la terrible forêt Ye Zi, emprunte l'escalier aux 7000 marches du Mont Tai, visite les palais de la Reine Mère d'Occident qui se régénère à la source vitale de ses amants. Il pénètre dans les monastères du bouddhisme Chan, de la Fleur d'or et du Lingbao...
    Frédérick Tristan signe un roman picaresque d'esprit chinois, plein d'humour et de rebondissements.

    Frédérick Tristan, prix Goncourt pour Les Égarés et récompensé par la SGDL pour l'ensemble de son oeuvre en 2000, a écrit une trentaine d'ouvrages dont quatre sur la Chine : La Chevauchée du vent, Le singe égal du ciel, Les succulentes paroles de Maître Chù et Houng, les sociétés secrètes chinoises.

  • Dans les années cinquante à Paris, un jeune étudiant en lettres rencontre Nathanaël Purviance, un metteur en scène de théâtre séducteur et surdoué, qui s'exprime haut et fort contre le théâtre bourgeois. Pour lui, il abandonne ses études et lui cède sa maîtresse. Don Juan dépravé, Nathanaël éprouve un pervers plaisir à souiller toutes les femmes qu'il séduit, jusqu'à ce qu'il en rencontre une qui lui résiste : l'actrice Sophie Bonaire. Pour se venger du mal qu'il a fait à ses amis et par dégoût, la jeune comédienne lui tend un piège :
    Accepter de jouer dans un Marivaux qu'il dirige et le provoquer de mille et une manières en ne succombant jamais à ses avances. Apparemment éprouvé, le metteur en scène tombe malade et disparaît. Mais son ombre maléfique plane...

    Le romancier Frédérick Tristan, ancien prix Goncourt, a reçu le Prix 2000 de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Un grand roman d'aventures et d'humour dans lequel des femmes fantasques et affabulatrices dominées par l'excentrique et mystérieuse Madame Berthe donnent du fil à retordre à un jeune écrivain, qui a beaucoup de mal à discerner le vrai du faux et à ne pas se sentir manipulé. Et si Madame Berthe était Dieu, et le monde ce lupanar voué à l'éparpillement du temps où tout se change en spectacle ?
    Le romancier Frédérick Tristan, ancien prix Goncourt, a reçu le Prix de la SGDL pour l'ensemble de son oeuvre (2000).

  • Le mythique maître Chù est un philosophe chinois de tradition t'chan pour laquelle l'esprit doit constamment être mis en déséquilibre par des paradoxes et des effets burlesques. Frédérick Tristan, l'auteur des deux romans chinois, Le Singe égal du ciel et La Chevauchée du vent, démonte ici ce mécanisme de mise en question de la réalité au moyen de pensées attribuées à un personnage haut en couleurs, adepte du non-sens et de l'humour ravageur.
    Ainsi ces pages apocryphes tirées d'une ancienne Chine réinventée rejoignent les interrogations philosophiques les plus contemporaines sur les rapports de la fiction et du réel.

  • Le maître tisserand Ashraf Abu´l Yamâni est chargé de ramener son élève Hasan sur le chemin de la vérité. En effet, le jeune homme, prisonnier d´un sort jeté par trois soeurs maléfiques, est condamné à errer dans un monde illusoire. A travers les méandres du réel et de la fiction, Ashraf et Hasan vont devoir surmonter d´innombrables épreuves, en quête de leur identité perdue.

    Fasciné par le destin de ces deux hommes, le narrateur parcourt le monde afin de connaître la suite de leurs aventures. Du Caire à Prague, de l´Angleterre à la Chine, il consacre sa vie à rassembler les éléments épars qui lui permettront de composer la Geste serpentine.

    Dans ce récit, proche des Mille et une nuits et qui annonce la Nouvelle Fiction, les histoires s´animent, se mêlent d´une façon si ténue que la frontière entre rêve et réalité disparaît. La Geste serpentine, par ses dimensions oniriques, initiatiques et mystiques, bouleverse notre perception du temps et de l´espace, et nous emporte dans une véritable quête de soi. Des notes et une postface rédigées par le professeur Adrien Salvat éclairent l´ensemble en le replaçant non sans humour dans son contexte traditionnel.

  • La chute de la dynastie Ming constitue l´un des événements les plus tragiques de l´histoire chinoise. Attaqué par les barbares et ébranlé par les intrigues de palais, l´Empire du Milieu, modèle de civilisation, sombre dans un chaos empli de fureur et de sang.

    La Cendre et la foudre retrace la mort d´un monde qui rappelle, par certains aspects, nos sociétés occidentales. Mais au sein même du pourrissement, une poignée d´hommes témoigne de l´antique splendeur. Accompagnés des dieux pour que renaisse la foudre au coeur des cendres, ils organisent le renversement de l´usurpateur et préparent le retour des Ming. Leur épopée se fait légende et appartient désormais à la mémoire la plus profonde de la Chine, si bien que Mao Dze Dong lui-même en fut imprégné.

    Ce récit, plein d´humour et de sagesse, révèle pour la première fois à l´Occident, de manière vivante, l´enseignement de la plus importante société secrète chinoise, la Fraternité des Houng.

  • Après la mort tragique de son épouse et de ses deux enfants, le charpentier Ali ibn Hisham fuit Bagdad, pour tenter de se quitter lui-même. Il s´abandonne au désert. Là, différentes voix intérieures vont solliciter sa conscience dévastée car, au vrai, il lui est impossible de fuir la responsabilité qui le hante, lui qui est demeuré vivant parmi les morts. Peut-il ramener à la vie ceux qu´il a aimés ? Evidemment non. Il reçoit le secours d´envoyés spirituels ou célestes chargés non seulement de le consoler, mais de le préparer à une haute mission sans que nous sachions jamais de quelle mission il s´agit.

    " Il ne s´agit que d´un seul et même amour, et c´est dans le livre de l´amour humain qu´il faut apprendre à lire la règle de l´amour divin. " Tel est le sujet du nouveau roman de Frédérick Tristan, qui met en scène la spiritualité trop mal connue du chiisme duodécimain, comme elle fut étudiée en particulier par le grand islamologue Henry Corbin.

  • Ce volume retrace cinquante années de voyages de Frédérick Tristanà travers le monde et l´imaginaire. Cinquante années d´écriture et de fiction, soit trente romans. Et des nouvelles, des contes, des courts romans, des documents psychanalytiques, tous inédits ou introuvables, que rassemblent ici les Editions Fayard dans le cadre de la publication des oeuvres complètes de l´écrivain.

    Parmi les rééditions, notons Journal d´un autre, L´Homme sans nom, Le Théâtre de Mme Berthe, Le Fils de Babel, L´Atelier des rêves perdus, textes qui, entre fantastique et merveilleux, posent deux questions prégnantes pour notre actualité : " Que se passe-t-il ? " et " Qui rêve qui ? ".

    Surtout, cet ensemble atteste de l´aventure intérieure d´un romancier pour lequel l´écriture est un véritable scalpel pour fouiller la réalité des êtres ou des événements et, avec une jubilation certaine, en faire jaillir les secrets les mieux cachés. Reste que le principal personnage de cet innombrable théâtre est, bien entendu, l´auteur lui-même.

  • A des kilomètres de Dallas, dans un quartier de Paris dont la vie s´organise autour du Café des Arts, l´assassinat de Kennedy est vécu comme un traumatisme.
    On regrette l´homme, on plaint sa veuve, on cherche le coupable. Au cours des parties de cartes, chacun y va de sa théorie. Sauf Hugo.

    Hugo Fraise, comptable pour un taxidermiste sceptique, mais surtout écrivain prolixe dans le secret de son petit appartement. Il est le seul à savoir que Kennedy a engagé une doublure pour sa tournée au Texas. Comment l´ignorerait- il, lui qui relate scrupuleusement dans un interminable roman-monde le destin sans pareil de cet homme, Rastapan, compagnon d´armes de Che Guevara, sauveur du dalaï-lama, intronisateur de Jean XXIII ? Rastapan dont l´incroyable course à travers l´Histoire vient de s´arrêter net sous les balles de Lee Harvey Oswald ?

    Hélas il est des secrets qui sont lourds à porter. Et on ne peut demeurer bien longtemps l´unique dépositaire de certaines informations cruciales sans sombrer dans la folie.

    Après des premières pages pleines d´humour, Le Manège des fous n´en finit bientôt plus de tourner. Autour de lui le monde devient flou, réel et imaginaire s´entremêlent, et apparaît alors l´enjeu fondamental de ce nouveau roman de Frédérick Tristan : le rôle - et le pouvoir - de l´écrivain.

  • Pris d´un malaise dans le train de sept heures sept, Akaki en descend à la gare de Sminck et doit le laisser repartir sans lui. L´infortuné camarade secrétaire à la section 23 du département 15 de l´agence d´Etat pour la planification des horaires de l´industrie légère s´est fait voler sa chaussure par un chien jaune. Il ne peut se présenter en chaussettes devant sa hiérarchie.

    Malheureusement, sa poursuite du canidé le long de l´avenue Karl-Marx est perturbée par une farandole de noceurs qui l´entraîne malgré lui à un étrange banquet bien arrosé. A table, un violoniste, dément ou mythomane, lui conte par le menu les aventures de Boshbaya, danseuse étoile par procuration, signataire de tableaux peints par d´autres, agent secret de la Russie soviétique sur Sunset Boulevard et désormais directrice de l´asile local. Akaki voudrait retrouver sa chaussure, mais l´intarissable artiste le retient pour lui présenter l´héroïne de son récit extravagant. Boshbaya en personne conduit alors le petit fonctionnaire à travers la ville, dont les frontières avec l´institution psychiatrique qu´elle dirige semblent souvent très perméables.

    Peu à peu gagné par la folie qui l´entoure, Akaki tente en vain de s´y arracher. Pourtant, le retour à la vie normale ne l´attire déjà plus. Comme si cette folie n´était au fond, dans l´univers trop bien réglé du communisme, qu´une ultime échappatoire à la lancinante monotonie du train de sept heures sept.

  • Gambier, psychanalyste renommé, reçoit d´un de ses patients un étrange manuscrit censé révéler le secret du parcours des êtres humains après leur mort. Se plongeant dans ce récit, le praticien découvre des personnages qui, peu à peu, vont le conduire tout vivant dans un singulier théâtre, réplique de l´existence, mais régi par des logiques inattendues.
    C´est ainsi qu´il rencontrera la fabuleuse Grande Madame, le milliardaire Frazer, tout imbu de son pouvoir, Ascaride, la belle et frivole mondaine, l´écrivain Malonne à la recherche de sa femme actrice disparue,Marco Cesare,le marin amoureux d´une ombre,le prestigieux Zanobi hanté de rêves océaniques, et surtout Némo, modeste comptable aux prises avec ses redoutables souvenirs d´enfance.
    Qui est mort et qui est vivant ? La mystérieuse machine qui ordonne tout ce monde est-elle détraquée ? Heureusement, lors de ce voyage dans les strates de la réalité et du songe, les personnages retrouveront Béatrice, leur premier amour, qui redonnera un sens à l´énigme de leur tumultueuse descente en ces enfers.


    À travers ce roman tourbillonnant qui entraîne ses lecteurs à la manière d´une vis sans fin, Frédérick Tristan (Prix Goncourt en 1983 et Grand Prix de la Société des gens de lettres pour l´ensemble de son oeuvre en 2000) imbrique, avec humour et la virtuosité du marionnettiste, rêves, imagination et réalité.

  • La fortune mythique de Don Juan, égal d'un Don Quichotte ou d'un Faust, lui vient-elle du fait qu'il est perçu comme l'éternel amoureux, le frivole tombeur de femmes ? Ou son comportement nous offre-t-il une raison plus profonde d'alerter notre conscience ?
    Depuis son apparition sous l'aspect du Don Juan Tenorio (1630), le « Trompeur de Séville », sous son masque de gentilhomme, n'a de cesse de se moquer des croyances et des lois de son temps, persuadé que son orgueil lui confère une liberté absolue. Honneur et tromperie se mêlent dans une comédie de moeurs dominée par le blasphème et la révolte. La fameuse statue du Commandeur auquel il tend la main représente aussi bien l'Église, la morale, le mariage que sa propre conscience. Il se nie en tant qu'homme pour se hausser à la hauteur supposée du surhomme, supérieur à Dieu Lui-même.
    Cet essai, un regard sur l'imaginaire occidental dans sa quête paradoxale d'une volonté de liberté qui l'enchaîne à ses instincts de mort, se veut une réponse à L'Homme révolté et au Caligula de Camus. Le Commandeur, symbole du Père qu'il faut tuer afin de s'assumer en tant que fils, est aussi le Destin qu'il faut nier pour recouvrer une libre responsabilité.
    À travers le Dom Juan de Molière, le Don Giovanni de Mozart, Casanova, le Valmont des Liaisons dangereuses ou le marquis de Sade, mais aussi ces incarnations contemporaines de la révolte que sont Camus, Bataille ou la Mariée de Marcel Duchamp, Frédérick Tristan pose la question de l'idée occidentale de transgression et de progrès.

  • Que s´est-il passé entre la mort du Christ et les premiers témoignages écrits qui nous restent (les lettres de Paul, les évangiles et les Actes) ? Dans ce nouveau roman, Frédérick Tristan a imaginé l´histoire d´un jeune juif alexandrin, Apollonios, envoyé en Judée par Rome afin de dresser un constat sur l´état des révoltes opposées aux formes occupantes. Au cours de son enquête, Apollonios rencontrera les divers acteurs qui se sont illustrés lors de la création du tout premier message judéo-chrétien, de Jean le Baptiste aux Douze apôtres et, en particulier, Simon-Pierre face au pouvoir romain et au Sanhédrin. Comment la mémoire des actes et des paroles de Jésus s´est-elle vraiment constituée ? Que s´est-il passé à Jérusalem en ces temps troublés où la moindre émeute était sanctionnée par la mise en croix ? Entre les Pharisiens, les Sudducéens, les Zélotes et les Esséniens, le Messianisme dut héroïquement trouver sa place en payant le prix fort. Comment y est-il parvenu ? En mettant en scène des personnages charismatiques comme Pierre et Paul, mais aussi Etienne, les deux Jacques dont le frère de Jésus, Jean l´apôtre, Marie de Magdala, Frédérick Tristan a voulu redonner vie à cette époque en mettant le doigt sur les problèmes qui se posèrent et qui, bien souvent, se posent encore aujourd´hui : Jésus était-il vraiment le Messie attendu par les écritures ? En dehors des propos convenus, comment se sont effectués son procès et son exécution ? Quelle est la vérité et la signification de sa supposée résurrection ? Quelles furent les réactions des disciples et comment s´organisa leur mission chez les Juifs mais aussi parmi les Nations ? Dans ce roman surprenant qui met en scène la mystérieuse formation d´un événement inattendu qui devait hautement participer à la fondation de l´Occident, Frédérick Tristan revient à ses premières amours : il a enseigné l´iconologie chrétienne à partir des textes fondateurs de toutes les religions.


  • Tension, suspense... Entre Kafka et Orwell, violent et envoûtant.

    Années 1930. Dans un pays de l'Est indéterminé, un homme est arrêté et conduit à la prison d'État où il est interrogé sans ménagement. Il prétend s'appeler Greedich et être représentant de commerce, mais ses geôliers lui donnent du " monsieur Hortsman ". Il veut que l'on prévienne sa femme. Les bourreaux assurent qu'il n'est pas marié. Hortsman appartient à une organisation terroriste qui vise l'armée. Mais l'homme maintient qu'il n'est pas Hortsman, il est Greedich !
    Usurpation d'identité, effroyable méprise ? Les questions pleuvent comme les coups. L'interrogatoire est tendu à l'extrême...
    Entre Kafka et Orwell, l'atmosphère de ce roman, qui n'est pas sans rappeler l'intemporalité de certaines oeuvres d'anticipation classiques, en sublime le suspense jusqu'à le rendre quasi insoutenable. Violent et envoûtant.

empty