• Encore un livre sur l'alcool, mais lequel ? Les ouvrages anciens ou récents ne manquent pas sur cette affaire rude, profondément ennuyeuse et austère. Alors, pourquoi pas la psychanalyse ? Mais laquelle et avec quel praticien ? Que l'on sache que je ne crois pas aux vertus de la psychanalyse orthodoxe en tant que cure de l'alcoolisme. Tout au plus, elle peut correspondre à l'action d'une « machine à donner soif ». En ce qui me concerne, je garde probablement l'envie d'être guérisseur. Mais de quoi et de qui ? L'être humain, qui n'est pas un insecte, sait très vite qu'il est mortel. Un aphorisme banal entre alcooliques : « L'alcool tue lentement, dit-on ; nous, on s'en fout, on n'est pas pressés », témoigne d'un humour des buveurs que les scientistes n'apprécient pas. En phase d'imprégnation, l'alcoolique veut unifier sa singularité psychocorporelle en tentant de voir double, pour n'être qu'un et un seul à lui-même... J'ai donc tenté de rédiger ce livre sous forme de dialogue, en mettant en présence deux confrères avertis, un psychiatre et un psychanalyste. L'un est forcément consultant et l'autre consulté, mais chacun a son désir d'en savoir plus, et sur lui-même et sur la façon dont il est situé, écouté, entendu. La psychanalyse devient un art difficile quand la bouteille est passionnellement en question, comme un arbre fait pour cacher la forêt, foisonnante d'autres passions, d'ombres, de terreurs, d'élections secrètes ou de hontes...

  • On sait que la question des rapports du corps et de l'esprit, problème essentiel posé aux philosophes et hommes de science, a radicalement été transformée par la découverte freudienne, encore que Freud lui-même, de son vivant, n'ait jamais prétendu faire une théorie du corps. Cependant, toute sa métapsychologie prend comme instrument de recherche et de travail un corps dessiné tant par les maladies réelles que par les représentations qu'en donnent diverses conceptions scientifiques et populaires depuis des millénaires. Depuis le vingtième siècle, le démantèlement du champ de la psychopathologie et l'apparition de la psychosomatique tracent de multiples voies nouvelles. Élève de Freud et de Lacan, l'auteur propose ici son point de vue de théoricien et de clinicien. Ce séminaire a été prononcé en 1971-1972, dans le cadre du Quatrième Groupe (Organisation Psychanalytique de Langue Française) dont François Perrier était président cofondateur après sa séparation d'avec Jacques Lacan, mort en 1981.

  • L'analyse est un voyage, et le monde analytique un drôle de monde... Fiction ou réalité ? On ne sait. François Perrier retrace ici trente ans de psychanalyse, avec ses petites et ses grandes histoires, dans une Translacanie inconnue des atlas, où règne un homme-orchestre de génie. Lacan ne joue pas une ritournelle, mais une valse funèbre et funeste pour qui y est entré. On y perd ses amis, ses amours, ses jambes... Car la libido freudienne, telle la lave volcanique, doit être maniée avec précaution. Surtout pour qui voudrait, dans l'analyse, « faire triompher les forces de l'amour contre les forces de haine et de mort ». « On ne flirte pas avec la psychanalyse, on la baise pour être baisé par elle. » L'inconscient freudien existe bel et bien. Le voyageur aventureux, sans peur ni reproches, y risque sa peau et ses os... Dans une approche lucide, mais avec humour et amitié, François Perrier, un des piliers de la dissidence lacanienne et des dissidents du lacanisme, raconte... et ne manque pas de soulever les lièvres de la théorie.

  • Ce livre est la transcription et la reprise écrite du séminaire que François Perrier a soutenu de janvier à avril 1974 sur les problèmes cruciaux de la psychanalyse. Qu'il s'agisse du transfert, de l'hystérie, de la paranoïa, de l'argent et de la dette ou d'une éthique analytique possible, François Perrier a une façon singulière et personnelle de réinterroger l'oeuvre de Freud et l'oeuvre de Lacan avec lesquelles il ne cesse de dialoguer. Et c'est l'originalité de François Perrier de maintenir en ouverture réciproque la clinique et une élaboration théorique au plus près des processus psychiques mis en oeuvre dans l'espace analytique chez l'analysant et l'analyste.

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