Seuil

  • Aux deux extrémités du marais poitevin, deux mondes : l'un qui serait celui de la terre et des livres, l'autre celui de la mer et de la mécanique. Ma vie s'est construite autour des objets qui peuplaient ces mondes.
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  • Tout comme nous aujourd'hui, Marcel Proust a vécu une période de grande mutation technologique. La voiture automobile permet de parcourir le territoire à sa guise et transforme le rapport espace-temps ; l'avion aussi ; la photographie inonde l'imaginaire ; le téléphone relie miraculeusement les êtres séparés. L'électricité modifie les pratiques quotidiennes. La Recherche du temps perdu se fait écho de ces innovations, et Proust est un contemporain attentif.
    François Bon fait parler les témoins et la volumineuse correspondance, nous renseigne sur l'époque. Relisant ses gros volumes en papier, exploitant les possibilités de recherche, notamment lexicales, offertes par le numérique, il fait affleurer des thèmes, des obsessions, explore les techniques romanesques, prend la mesure de l'indémodable modernité de l'univers proustien. Mais il va aussi plus loin. En romancier, il se libère des réalités chronologiques pour faire dialoguer Proust et Baudelaire, dans une complicité stimulante et doublement révélatrice. Il nous rappelle aussi quelques grands lecteurs posthumes, notamment Beckett et Koltès.
    En fin de compte, et à chaque ligne de ce livre, François Bon nous dit en quoi la lecture de Proust a été déterminante pour lui, et combien cette œuvre continue de retentir dans nos vies et de les éclairer.

  • Il y a longtemps que la Préhistoire est entrée dans notre imaginaire collectif. Entre mythe et réalité, elle incarne un passé lointain, plus ou moins sauvage, parfois émouvant ou cruel, où l'homme est libre ou, au contraire, selon les récits, subit une nature à laquelle il appartient.
    Que savons-nous de ce temps, où des peuples de chasseurs nomades occupaient le monde sans partage ? Souvent, son évocation cède à la caricature : on rassemble plusieurs centaines de milliers d'années, unifiant en un seul portrait des milliers d'hommes. Et l'on décrit ces premiers âges comme la lente gestation d'un monde devant, inéluctablement, parvenir au nôtre. Rarement, la Préhistoire est abordée comme une période à part entière, mettant en scène des hommes et des sociétés complexes et largement différenciés. C'est cette voie qui est ici privilégiée, au travers d'une interrogation centrée sur les sociétés d'Homo sapiens.
    En analysant l'avènement de l'art, la construction sociale de ces peuples ou encore leur relation à la nature qui les entoure, à la mort aussi, cet ouvrage tente de montrer que ce monde préhistorique, à la fois proche et lointain, participe pleinement aux réflexions que l'on peut mener sur la définition d'une société humaine.
    François Bon est professeur de préhistoire à l'université de Toulouse et directeur du Centre de recherche français à Jérusalem.

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