• La narratrice raconte le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte d'une jeune fille de campagne à une époque où le Québec passait par un profond bouleversement des valeurs. Tout le propos du livre est d'écrire l'empêchement de vivre et de trancher le noeud des générations dans une réappropriation violente de la mémoire. Indiscret et impudique comme un témoignage, ce roman touchera le lecteur par sa densité rare.

  • Je suis politisée. Au passé et au présent, je suis une écrivaine connue pour mes prises de position, ma participation à des manifestations, ma présence à des réunions politiques, mon travail d'essayiste. Je n'ai pas été, je ne suis pas et je ne serai sans doute jamais une écrivaine qui prend la parole en public, qui se prononce à haute voix, justifie ses positions devant les autres. La parole m'a été enlevée de tout temps et m'est encore enlevée. J'ai une pensée féministe et politique que je livre par écrit.

    Dans Écrits au noir, France Théoret signe un parti pris d'écriture. Elle y décrit le féminisme comme une oeuvre au noir, dévoile les sources littéraires de la féminisation de la langue. Invoquant ses affinités, de Claude Gauvreau, Antonin Artaud, Hannah Arendt, Simone de Beauvoir, Gabrielle Roy à Elfriede Jelinek, elle prend position en faveur de l'engagement politique.

    Elle refuse la littérature intimiste et ses dérives. Par des réflexions passionnées, l'écrivaine réfute inconditionnellement les langues de bois, les pirouettes formalistes et la marée noire du bavardage.

  • « Je réclame partout une nouvelle esthétique. La quête d'une écriture au féminin est à la racine d'une pensée littéraire. Il doit bien y avoir une littérature de femmes née de la pensée et du corps féminin, une constante semblable à un courant littéraire. »

    Dans La forêt des signes, France Théoret retrace sa venue à l'écriture et la genèse de ses livres. Elle évoque les oeuvres qui l'ont marquée (Artaud, Gauvreau, Millett, Woolf, Jelinek), ses origines sociales dont elle a cherché à s'émanciper et les mouvements qui l'ont nourrie (Refus global, La Barre du jour, le militantisme et la théorie féministes). En une puissante synthèse, Théoret creuse et met au jour les principes qui fondent son projet d'une écriture au féminin.

  • Louise Aubert prend la décision de quitter Mathieu Lord quand celui-ci entre au parti stalinien. Quinze ans plus tard, elle lui écrit une lettre dans laquelle, avec lucidité et courage, elle ose exprimer sa vision de leur histoire commune, marquée par labsence de partage, lautoritarisme et la cruauté mentale, au nom de lamour.

    Dans le récit qui suit cette lettre, Louise se remémore, au fil des phrases notées dans ses cahiers, chacune des séquences de sa rupture avec Mathieu et démasque la duplicité dune avant-garde intellectuelle. Poursuivant sa quête de langage inachevée, elle raconte comment elle se réinsère dans la société, saffranchit de la censure intérieure et trouve sa liberté de dire.

    La Femme du stalinien est le dernier roman dune trilogie dont les premiers titres sont : LHomme qui peignait Staline [1989] et Les Apparatchiks vont à la mer Noire [2004].

  • Cette histoire doppression, au sein dune famille catholique bien pensante, met en scène des interdits et des censures. Grandeurs et misères se succèdent. En échange de lobéissance servile de ses filles, la mère promet de les soutenir contre le père tyrannique.
    Alors que les ménages sétablissent à Montréal ou dans les banlieues, les parents sinstallent dans un hôtel aux quatre chemins dun village désert. Une forêt impénétrable entoure le commerce où les clients habituels ressemblent aux personnages de Hugo et de Gorki. À larrivée, la mère jette aux ordures les livres destinés aux enfants. Le père multiplie ses discours darrière-garde condamnant la vie intellectuelle.
    Les deux surs rêvent très tôt dune idylle, la seule réussite conséquente à Saint-Colomban. La cadette trouve un mari tandis quÉvelyne, laînée, poursuit de longues études contre la volonté de ses parents. « Javais une obligation de déracinement. Mes interrogations dépassaient ma personne, javais à vaincre linertie ambiante, la somnolence collective, la pensée qui avait capitulé. »

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