• Frédéric Paulhan (1856-1931) s'intéresse dans ce livre publié en 1887 aux phénomènes affectifs et aux lois de leur apparition. Il montre dans cet ouvrage que les phénomènes affectifs sont le signe d'un trouble et d'un mauvais fonctionnement de l'organisme. Toute passion, toute émotion, tout sentiment est le signe d'une imperfection de l'organisme. Les phénomènes affectifs ont été moins étudiés que les faits intellectuels alors qu'ils sont aussi soumis à des lois.

  • Chaque émotion, chaque sentiment, chaque plaisir ou chaque peine a ses conditions d'existence particulières qui la produisent toujours et ne produisent qu'elle ; mais si nous considérons ces phénomènes comme formant une seule et même classe de faits, nous reconnaitrons qu'une môme loi générale se manifeste dans chaque cas particulier où se produit l'un d'entre eux ; ils sont tous soumis à des conditions communes qui correspondent à ce qu'ils ont eux-mêmes de commun malgré leurs différences, à ce quelque chose qui les différencie par exemple d'un phénomène purement intellectuel ou d'un phénomène physique quelconque.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'esprit étant l'ensemble des fonctions de relation de l'être vivant et des manières d'être internes qui s'y rapportent le plus directement, peut être considéré, à un certain point de vue, comme l'expression de l'organisme. Il est en quelque sorte l'activité même de cet organisme, et c'est de son nom que nous appelons cet ensemble de fonctions qui reçoit les impressions du dehors, qui les trie, les analyse, puis les classe, les compare, les synthétise et réagit selon sa nature propre, en des manières très diverses.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Une large contradiction soulève l'humanité contre elle-même, et j'y vois la raison d'être de toute notre morale. C'est l'opposition que crée visiblement en chacun de nous la dualité de l'homme, animal social, et de l'homme, individu égoïste. Notre vie entière, nos sentiments, nos idées, notre conduite font saillir continuellement cette discorde, révèlent cette incohérence, cette scission de notre moi. C'est d'elle que sort toute notre vie morale, avec ses joies et ses remords.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La constitution de l'intelligence, comme partie distincte de l'activité de l'esprit, nous donne notre première série de types psychiques. Il s'agit ici de l'intelligence non pas considérée dans ses éléments ou dans ses formes spéciales, mais prise comme un tout et envisagée dans ses rapports avec le reste de la vie mentale, et de la vie en général.Une observation, même superficielle, de quelques personnes, surtout si nous les prenons dans des fonctions sociales variées, nous montre immédiatement entre elles des différences essentielles.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Le bonheur, qu'est-ce que le BONHEUR et comment l'obtenir ?
    Voilà la question qui n'a de cesse de nous préoccuper et dont le talentueux Frederic Paulhan s'empare pour nous offrir ses plus pertinentes réflexions philosophiques.
    EXTRAIT : « Le pessimisme est un problème à la mode. On s'en est beaucoup occupé, soit pour le défendre, soit pour le combattre ; mais le sujet n'est pas épuisé et ne le sera peut-être jamais. Les considérations que je présente ici n'ont nullement pour but de résoudre définitivement la question, dont je ne veux examiner que quelques points. La valeur de la vie humaine ne peut en effet s'établir sans des raisonnements fondés sur un nombre incalculable de faits que personne ne connaît peut-être suffisamment encore, que je ne connais pas à coup sûr. S'il est déjà difficile et presque impossible pour chacun de nous de dire à peu près ce que vaut sa vie propre, à plus forte raison la difficultés augmente-t-elle ou l'impossibilité se montre-t-elle mieux quand il s'agit de porter un jugement sur la vie de l'humanité en général et non seulement sur la vie telle qu'elle s'offre à nous actuellement, mais sur la vie que nos descendants pourront avoir un jour.
    La première question qui se pose est celle-ci : Qu'est-ce qui donne de la valeur à la vie ? La réponse ici est relativement facile. Ce qui fait la valeur de la vie, d'une manière générale, c'est le bonheur. M. Spencer a très bien établi ce point dans sa Morale évolutionniste, une remarque se présente cependant, et il convient de l'examiner avant de passer outre. »

  • Un enfant a faim. Son assiette et sa cuiller sont devant lui. Il attend avec impatience sa soupe qui tarde à venir. Il peut se lever, aller la chercher, il peut crier, appeler sa mère, il peut aussi, comme je l'ai vu, imiter, en promenant sa cuiller dans son assiette et en la, portant ensuite à sa bouche, les mouvements d'un enfant qui mange, et se régaler ainsi d'un plat imaginaire. Dans le premier cas, il agit en industriel, en ingénieur, en homme pratique ; dans le second, en politique ou en homme religieux ; dans le troisième, en artiste.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Depuis le milieu du dernier siècle sous l'influence de l'esprit scientifique naissant et de l'esprit rationaliste persistant, la force des croyances religieuses a sensiblement diminué.Les réactions partielles contre l'abandon, du christianisme, et l'esprit d'irréligion, les poussées nouvelles d'un esprit religieux plus ou moins modifié ou rajeuni, n'ont pu arrêter le mouvement. Le mauvais accueil fait aux prêtres assermentés, le succès du Génie du Christianisme, les oeuvres de Bonald et de Joseph de Maistre, l'influence de la Congrégation sous Louis XVIII et Charles X, la tentative hardie du catholicisme libéral et l'influence de Lamennais et de Lacordaire, tous ces faits, dont le moindre demanderait une longue étude pour être justement apprécié et que je puis seulement indiquer, n'ont pas eu les conséquences qu'on pouvait espérer ou craindre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Frédéric Paulhan (1856-1931, et père de Jean Paulhan) est un personnage singulier - peut-être à cause de son bégaiement, de ses origines huguenotes -, au parcours d'autodidacte et libre-penseur, qui laisse une importante oeuvre de philosophie.
    La notion de paysage nous est essentielle et quasi neuve, bouleversée par la fin du monde rural, par le surgissement des mégapoles. Elle traverse le récit et la poésie en même temps que les notions d'espace et de territoire.
    Et c'est l'immense intérêt d'aller en relire la genèse : histoire de la peinture sans sujet.
    Et quand elle prend son essor, au XIXe siècle, c'est en pleine période de révolution urbaine - le destin de Courbet est exemplaire ici. La jonction du paysage et de la ville se fait du côté de Barbizon, et marque en profondeur l'impressionnisme, et ce qui le suivra, l'invention de la peinture moderne.
    Il n'est pas sûr que Paulhan s'en rende compte. Il laisse la photographie de côté, alors qu'elle est décisive, et il revalide contre l'impressionnisme une galaxie de peintres oubliés, impliqués dans un réalisme complexe, chargé parfois de géométrie et concept. Non pas naturalistes, mais qui engagent leur art dans une reconstruction de la nature qui nous la rend visible en tant qu'espace, et nous aide à nous lire, nous-mêmes, dans notre relation au monde ravivée.
    Et c'est un enchantement alors de suivre Paulhan et sa langue, ses reconstructions de tableaux (Ruysdaël, ou le breton Charles Cottet), de réhabiliter les étonnantes silhouettes d'Antoine Chintreuil ou d'Auguste Pointelin, tandis que derrière les solides Corot et Courbet assurent la rythmique - parce qu'il sera beaucoup question aussi de poésie et de musique, dans cet essai qui est pour nous comme un beau voyage dans le temps, un voyage dans l'énigme de la présence.
    Bon voyage vers Rosa Bonheur, Eugène Boudin et Pissarro : génie cependant de Paulhan, il hisse sur piédestal ceux qu'il reconnaît comme artistes décisifs, mais dont lui échappe la portée. Lorsqu'on regarde un paysage urbain, l'aimons-nous de la même façon qu'un paysage naturel ? Et pourquoi aime-t-on représentation d'un paysage naturel ?
    FB

  • La mémoire affective, comme la mémoire en général, est une réalité d'aspect un peu vague. Son domaine est bien difficile à délimiter exactement. Il n'est pas sans doute inutile de préciser autant que possible la forme sous laquelle nous aurons à la considérer ici.Je ne m'occuperai pas de toute trace laissée dans l'esprit par un sentiment, par une émotion quelconque, jadis éprouvée par lui. Sans doute on pourrait faire rentrer dans la mémoire affective toute modification laissée dans l'esprit par un phénomène affectif.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • "Qu'est-ce qui donne de la valeur à la vie? La réponse ici est relativement facile. Ce qui fait la valeur de la vie, d'une manière générale, c'est le bonheur." Mais d'un autre côté, "La vie donnera-t-elle assez de bonheur à l'homme pour qu'il lui soit avantageux de vivre? En d'autres termes, la somme des biens excède-t-elle la somme des maux?" 
    ??F. Paulhan oppose ainsi dans le texte qui suit le Pessimisme au Bonheur et se demande in fine si celui-ci, au regard de l'évolution humaine, n'est pas un leurre.

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