• L'omniprésence de la mère dans les soins au bébé et l'éducation du jeune enfant demeure pour beaucoup un dogme inattaquable. Pourtant, depuis cinquante ans, la situation des familles, les rôles parentaux, la place des professionnels se sont profondément modifiés.

    L'auteur retrace cette évolution et montre tout ce qui a changé tant du côté des savoirs sur les places familiales, le développement de l'enfant et l'éducation, que du côté des pratiques des acteurs, et de l'attitude des institutions. Il analyse les effets de cette nouvelle configuration des relations au bébé, caractéristique de notre société hypermoderne, et notamment les résistances, parfois violentes, qui se manifestent à son égard : rôle de la mère, rôle du père, nouvelles familles (notamment homoparentales), résidence alternée, prévention des troubles de l'enfant et/ou de la parentalité...

    N'est-il pas temps de développer une coéducation renouvelée, ou plus encore une cosocialisation, des jeunes enfants dans une perspective citoyenne et démocratique ?

  • Lire l'entretien avec Gérard Neyrand (propos recueillis par Audrey Minart)

    Mort le couple ?
    Plutôt fragilisé, mais bien vivant. Certes, il n'est plus un passage social obligé, il se défait plus facilement, on se méfie de son côté fusionnel, mais on en attend tout. Il demeure ainsi le principal instrument de la réalisation de soi. L'ouvrage vient éclairer ce paradoxe et explore les multiples façons de faire couple.

  • L'ouvrage montre comment les différents acteurs : conjoints, parents, enfants, adolescents, se débrouillent avec l'objectif paradoxal d'échanges égalitaires non seulement entre les sexes mais aussi entre les générations. Il rappelle que la question du pouvoir reste centrale au sein de la sphère privée, alors qu'est affirmé pour chacun l'objectif de sa réalisation personnelle et de son épanouissement. Pris dans ces tiraillements, le dialogue s'affirme d'autant plus comme une nécessité pour l'équilibre familial, mais il se révèle en bien des cas un idéal précaire. Gérard Neyrand, sociologue, est professeur à l'université de Toulouse, membre de l'équipe d'accueil Sports, organisations, identités (SOI), directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d'études et recherches en sciences sociales (CIMERSS) à Bouc-Bel-Air.

  • Cet ouvrage analyse la montée en puissance de la notion de parentalité depuis son investissement par une clinique du lien et des affiliations parents-enfant jusqu'à sa popularisation politico-médiatique dans une perspective de soutien mais aussi de contrôle des parents. Il rend compte des différentes modalités d'intervention possibles sur la parentalité et de leurs éventuelles contradictions, tant au niveau de l'enfant et de la diversification des acteurs parentaux provoquée par les ruptures conjugales et les progrès de la médecine de la procréation, qu'au niveau de la gestion collective des rapports parents-enfant qui se trouvent jugés, voire sanctionnés en cas d'échec ou de dérives.

  • Beaucoup plus qu'on ne peut généralement le penser, l'attitude des parents à l'égard de leur enfant, la façon dont ils se le représentent et les relations qu'ils entretiennent avec lui sont tributaires de l'état des connaissances savantes sur la petite enfance. Ce sont ces savoirs issus de la médecine, de la psychologie, des sciences humaines, qui délimitent le cadre de référence à travers lequel l'enfance est perçue. Les normes éducatives mais aussi les attitudes de tout un chacun à l'égard de l'enfant sont façonnées par ces discours savants. La parentalité - l'art d'être parent -, qui semble pourtant si naturelle, y trouve sa légitimité.
    L'étude de l'évolution de ces savoirs depuis la dernière guerre mondiale montre bien l'importance de ceux-ci comme cadre de référence de la société à l'égard du petit enfant. Mais ces savoirs évoluent, et bien souvent de façon contradictoire et conflictuelle. L'importance prise récemment par la question du père et les polémiques développées auparavant sur l'intérêt de l'accueil collectif le montrent à l'évidence. En fait, la légitimité du discours scientifique masque son caractère hypothétique, alors même que la diffusion de ce discours par les médias tend à le constituer en discours de la vérité.
    Le chemin est long de l'émergence de la théorie de la carence maternelle après-guerre aux questionnements sur la filiation suscités par les techniques de procréation médicalement assistée. Une image se construit, celle de l'enfant-sujet à multiples facettes?: l'épanouissement, la performance et la vulnérabilité. L'impact des théories psychanalytiques s'y donne à lire. Plus récemment, les travaux sur les apprentissages précoces favorisent l'investissement parental sur les performances d'un « super bébé » qui devra affronter l'âpreté de la compétition scolaire et sociale. Autant d'approches montrant qu'à l'heure actuelle, le petit enfant est constitué en enjeu social de la parentalité, et plus globalement encore, de la conception de la personne humaine.

  • Le couple nous fascine, et quelque part nous épouvante, car il pose les questions existentielles des normes et des valeurs sociales d'un côté, des investissements psychiques et des sentiments de l'autre. À l'époque de la renégociation du contrat de genre dans les sociétés démocratiques et néolibérales, du speed dating, du démariage et de l'obsolescence programmée, on assiste à un renouvellement en profondeur des formes sociales de la vie commune et des positionnements subjectifs que nécessite l'existence même du couple.

    Les solutions, désormais, sont individuelles et ce livre permet de mieux comprendre la complexité des questions que le couple suscite aujourd'hui. Les auteurs en analysent les multiples facettes - des circonstances de leur naissance aux difficultés de leur maintien - ainsi que la diversité des pratiques conjugales : place des nouvelles technologies dans la formation des couples, de l'infidélité, diverses conceptions de l'amour chez les jeunes, augmentation des couples mixtes ou des unions homosexuelles.

  • L'augmentation de la monoparentalité va de pair avec une précarisation accrue des femmes élevant seules leurs enfants. Cet ouvrage apporte une réponse croisée (sociale et psychologique) aux nombreuses questions que pose cette tendance aussi bien aux analystes des processus sociaux et psychologiques qu'aux intervenants du social. Cet ouvrage a reçu le prix de la Fondation Mustela en 2004. Gérard Neyrand, sociologue (Aix-en-Provence), est professeur à l'université Paul Sabatier de Toulouse. Il s'intéresse aux questions touchant à l'après-séparation, la parentalité, la petite enfance. Patricia Rossi, psychologue clinicienne, psychanalyste (Marseille), participe à la conception et à la réalisation de dispositifs dans la cité, relatifs à la parentalité et à la lutte contre l'exclusion sociale. Mise en vente le 30 août 2007

  • Les apports croisés d'une chercheure dans le secteur socioéducatif, d'un sociologue et d'un psychologue permettent de cerner, au plus près des pratiques actuelles, la question de la coparentalité en analysant différentes réalités et facettes de la résidence alternée, ses intérêts et ses limites.

    Il s'agit de mieux comprendre les enjeux actuels du débat polémique autour de la pratique de la résidence alternée, en prenant en compte les difficultés et les pratiques hétérogènes des parents face à la séparation conjugale.  Sans idéaliser cette pratique innovante, manifestation concrète de la coparentalité, et  sans exclure pour autant d'autres formes d'expression qui conviennent davantage à certaines familles, l'ouvrage s'attache à analyser les différents modes d'expression du bouleversement contemporain des rôles parentaux et la difficile application de l'idéal de coparentalité qui lui est lié.

     

  • Synthèse d'une vaste enquête réalisée pour rendre compte de situations dramatiques, qui s'appuie sur des entretiens avec des jeunes femmes concernées et des représentants institutionnels et associatifs. Une analyse et des recommandations pour aider à l'organisation de réponses concrètes.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)
    Autrefois pratiqués en France, les mariages forcés perdurent chez certaines familles d'origine étrangère et expriment une réelle difficulté à intérioriser les règles qu'impose le mariage français : autonomie des personnes, égalité des sexes, libre choix du conjoint. Les conflits qui se développent alors entre parents et enfants sont violents, particulièrement pour les jeunes filles. Ils s'appuient sur la contradiction entre les références à des cultures d'origine où la famille tient une place centrale dans le jeu matrimonial et le contexte culturel d'accueil, et renvoient aux écarts de socialisation entre générations. Mais cette contradiction interculturelle s'interprète au sein même des cultures d'origine qui, dans leurs principes et leurs textes de référence, reconnaissent la nécessité du consentement des époux.
    La vaste enquête réalisée pour rendre compte de ces situations dramatiques s'appuie sur des entretiens avec des jeunes femmes concernées et des représentants institutionnels et associatifs. Elle met en évidence la violence propre à ces situations de conflit mais aussi les déchirements à l'intérieur des familles et des communautés, et la difficulté des institutions à y répondre efficacement.
    La nouvelle génération d'associations portées par des représentantes de ces communautés a cependant permis d'initier des réponses coordonnées, visant à constituer un dispositif de prise en charge. L'analyse débouche sur quelques recommandations pour aider à l'organisation de ces réponses.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

  • La socialisation corporelle des enfants est à l'origine des rapports sociaux de sexe. Elle est encadrée par des discours à fonction normative véhiculés par les médias mais aussi les savoirs issus des sciences humaines. Comment ces normes de corps et de genre sont-elles produites et reproduites ? Cet ouvrage met en évidence ce que la société transmet aux enfants, comment elle les forme et les transforme, à travers les normes qui structurent leur environnement et leur positionnement social et qui leur sont inculquées autant qu'à leurs parents. Pour cela, les auteurs analysent le processus de prescription des normes enfantines, aux différents niveaux où il se situe (des normes d'attitudes aux normes juridiques), et les façons dont celles-ci sont produites et diffusées en direction des enfants, de leurs parents et des autres adultes. Le corps, moyen d'expression identitaire mais aussi produit d'un façonnement social, occupe une place centrale dans ces processus. Mise en vente le 2 janvier 2014.

  • Cet ouvrage arrive à point nommé alors que vient d'être promulguée la loi sur le mariage pour tous, sujet de nombreuses polémiques. Il interroge la question des normes familiales définissant les fonctions maternelle et paternelle, et la façon dont elles influencent la pratique des professionnels impliqués auprès de parents. À une époque où beaucoup d'acteurs sociaux se trouvent déchirés entre des modèles de famille antagonistes, l'ouvrage se veut un outil pour aborder la question des normes familiales, dans une société appelée à interroger la notion de « complémentarité » entre homme et femme. À côté des enjeux théoriques, pour les différents professionnels qui rencontrent aujourd'hui les familles, l'enjeu est bien de clarifier le rapport qu'ils entretiennent avec l'ensemble de ces normes, afin de ne pas imposer des modèles mais de permettre aux familles de rester actrices de leur démarche.

  • La façon dont les parents se positionnent à l'égard de leur bébé ou de leur très jeune enfant a beaucoup changé depuis quelques décennies, sous l'effet à la fois des transformations familiales qui ont bouleversé le cadre de la parentalité et des évolutions des savoirs et des discours sur la petite enfance et la relation parentale. Des chercheurs et des praticiens issus de diverses disciplines interrogent ces mutations dans le but de penser et de mettre en oeuvre les cadres d'une prévention psychique dans le domaine de la périnatalité, tant est désormais reconnu le poids des premiers moments de la vie pour la constitution des liens, le développement de l'intersubjectivité, la préservation de la vie affective et mentale et l'équilibre psychique du sujet.

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