• 'Ce livre est comme un chien que j'ai rencontré une fois. Il y a des frissons, dedans c'est labyrinthique apparemment et infini comme dans un chien. Il y a des races chez ces animaux qui, de chiens de combat, évoluent vers chiens de compagnie. C'est un peu mon parcours. Mon livre ruminé, il a tout d'un cerveau. C'est une chose sérieuse et en même temps pas du tout.'
    Gaëlle Obiégly nous immerge dans l'esprit chaotique d'un homme, Daniel, recueilli dans une communauté survivaliste financée par madame Chambray, richissime mécène. Devenu le scribe et le cobaye de cette femme manipulatrice, il use des rares temps morts de sa liberté surveillée pour s'épancher dans un carnet de bord clandestin, celui qui fournit la matière brute et poétique de ce livre.

  • 'Je m'utilise comme si j'étais un instrument. De toute façon, je suis une toute petite partie d'un être immense et souvent je dis des conneries. C'est pour ça que je cherche à n'être personne. Ça me permet d'en dire moins. Ou plus, mais sans craindre pour ma réputation.'

    Hôtesse d'accueil accidentellement enfermée un week-end entier dans les wc de son entreprise, la narratrice de N'être personne va endurer cette épreuve avec les moyens du bord (de la sagesse, du papier hygiénique, un stylo bic) en improvisant un cabinet d'écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie.

  • 'On se constitue par lobservation de la vie des autres. On existe dans les creux, les vides, dans ce qui est laissé. De la même manière que je me glisse dans les vêtements dont personne ne veut plus, je choisis des voies insignifiantes, étrangères. Celles qui mènent à linconnu. Mon Prochain est un champ dexpérience.' Gaëlle Obiégly joue ici sur plusieurs registres, entre roman picaresque, vrai-faux reportage, récit de voyage, carnet intime et art du croquis minimaliste. À laune de son héroïne délicate, fantasque, insaisissable, ce livre ne sarpente pas sans étonnement, sourire complice et un certain état de lévitation.

  • Lors d´un vernissage au château Le Luxe, tout commence par la disparition de l´artiste Pierre Weiss, puis de sa sculpture, transportée on ne sait où par douze Polonais. Dans l´ivresse générale, les rôles s´inversent entre convives et domestiques, vivants et revenants, les accouplements font partout des émules, révélant les destins de personnages aux identités multiples. On aura compris qu´un illogisme malicieux plane sur cette fiction. En conteuse hors pair, Gaëlle Obiégly invite le lecteur à retomber en enfance, l´enfance de l´art romanesque.

    «Cette nuit-là, autour du musée des valeurs sentimentales des personnes sont rassemblées. Invités, intrus, maîtres, serviteurs. Le jour suivant les dispersera. Rien n´a été prémédité sauf la soirée en l´honneur d´un artiste qui déserte et provoque, par sa rébellion espiègle, l´illumination.» Gaëlle Obiégly.

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