• Aucune voiture dans les rétroviseurs. Le tableau de bord éclaire faiblement l´habitacle, à cent vingt, le moteur est bruyant. La main gauche desserre imperceptiblement le volant, descend délicatement pour plonger d´un coup vif et précis dans la poche intérieure droite de sa veste libérant le pistolet qui jaillit pour se planter avec autorité sur le côté gauche du torse, très précisément à la hauteur du coeur et lâcher deux coups très rapprochés. Le corps du ministre subitement relâché, s´affaisse pour basculer doucement en avant, retenu par la ceinture de sécurité, la tête penchée sur l´épaule droite. Les yeux grands ouverts, étonnés, regardent Anatole. Il n´avait aucune chance.

  • Les vigilants

    Gilbert Deininger

    « C'est la huitième affaire de ce genre. Des politiques, des hauts fonctionnaires, des dirigeants de la société civile... Tous hommes de pouvoir, tous enlevés, humiliés, ridiculisés. Qui se cache derrière ces aventures qui feraient plutôt penser, si elles n'étaient si nombreuses, à des blagues de carabins ? Quel message veulent envoyer les ravisseurs ? Toutes les victimes sont retrouvées nues et estampillées du symbole macabre... Chaque fois, la presse est directement informée... Pourquoi ces mises en scène ? Anatole, le sourire aux lèvres... » Si l'auteur s'amuse dans ce roman, véritable satire du monde d'aujourd'hui, il nous fait sérieusement toucher du doigt, les perversions des hommes, dans une société minée par la cupidité, l'intérêt personnel, les lâchetés et l'incompétence. Anatole, le héros de son dernier livre, Les Cupides reprend du service.

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