Littérature générale

  • " L'Homme de cinq heures est une prodigieuse réflexion sur la modernité, la lecture et bien sûr l'écriture, alimentée non seulement par cette cascade de souvenirs et de lettres, mais aussi par un puissant flot d'idées, de couleurs, de sons et surtout d'émotions. " Le Monde des Livres

    " Le fleuve tirait languissamment les dernières lueurs de cette fin d'après-midi d'automne et, là-haut, les nuages se livraient à d'étranges joutes avec le vent capricieux. Paul Béhaine songea à des tableaux impressionnistes, saluant mentalement l'Apollinaire, jadis flâneur des deux rives. L'esprit libre, il ne prêta attention au personnage qui s'approcha de lui que quand il entendit ces mots, plus chuchotés sur le mode de la confidence que proclamés :
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    –; Ne les écoutez pas ceux qui le disent et le répètent ! [...] On m'a fait dire qu'on ne pourrait plus commencer un roman par "la marquise sortit à cinq heures'. [...] j'avoue que j'ai été agacé de lire dans le
    Premier Manifeste du surréalisme que Breton m'avait attribué cette affirmation dont personne, au demeurant, n'a jamais pu vérifier la véracité. J'ai beau être le fantôme de moi-même, je sais encore ce que je dis et me souviens parfaitement de ce que je n'ai pas écrit. Malgré mon grand âge, le mécanisme de mon cerveau n'est pas grippé au point de ne plus pouvoir fonctionner.

    –; Puis-je savoir qui vous êtes monsieur ? demanda Paul.

    –; Je m'appelle Paul Valéry. Mettons. "

    Pourquoi notre narrateur décide-t-il de partager le destin de cet homme rencontré une fin d'après-midi ? C'est en dénouant le mystère des
    Cinq heures du soir qu'il résoudra celui de l'étrange Monsieur V, l'inconnu de la Bibliothèque nationale qui disait se nommer Paul Valéry, poète et académicien mort en 1945, " donc physiologiquement inapte à discuter sur un pont enjambant la Seine dans ces années du XXe siècle finissant. "

  • " L'Insoumis est moins une biographie qu'une lecture de l'œuvre d'un témoin d'exception, dont l'historien journaliste donne à comprendre la vraie force, cette probité morale absolue qui en fait un contemporain si dérangeant encore. " Le Monde

    " Ses pages sur la Première Guerre, dans
    Clavel soldat et
    Clavel chez les Majors en 1919, sont parmi les plus lucides sur la peur et l'ennui, le dégoût du ''bourrage de crâne'' et des foules qui s'y plient. Dans les années suivantes, Werth sera confronté à la politique, aux tourmentes idéologiques et aux controverses intellectuelles. L'antimilitariste soldat sera aussi anticolonialiste, notamment dans son livre
    Cochinchine, pourfendant l'arrogance et la cruauté des sociétés civilisées à l'égard de celles qu'elles pillent et maintiennent sous le joug des armées et des colons. Il écrira contre le nazisme et le stalinisme dans les journaux, alertera sur l'inexorable descente collective vers les abîmes et, pendant quatre ans, entre 1940 et 1944, tiendra un journal qui deviendra
    Déposition, un des plus grands livres sur les années de l'Occupation, celles qui virent tant de renoncements, d'ignominies et de courage.

    À regarder tous les tableaux des peintres qu'il a connus et sur lesquels il a écrit, à sillonner les campagnes à bicyclette, bref, à lire tous ses livres et articles, on se dit que l'homme reste singulièrement notre contemporain [...], qui se refuse à accepter la modernité à tout prix, fût-elle parée des plus beaux atours culturels. " Gilles Heuré

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