• La prodigieuse histoire d'une vieille femme qui, au seuil de la mort, veut s'inventer le passé qu'elle n'a pas eu et proposé à un jeune homme d'écrire sa fausse biographie, qu'elle tentera de faire passer pour vraie. Arrogante, méprisante, avare, sordide, intéressée et machiavélique, cette vieille femme, surnommée la "Connétable" par son entourage, achève sa vieillesse dans le Paris d'aujourd'hui. Dévoreuse de maris qu'elle dépouille, ce personnage inouï est l'incarnation du mal. En accumulant le récit de ses aventures, de ses exploits scandaleux et en multipliant les détails les plus scabreux, Henri-François Rey réussit une peinture du mal qui en fait un grand romancier du tragique et de la dérision. Autour de la "Connétable" s'agite tout un monde de serviteurs, de valets et de jeunes gens, qui constitue un contrepoint de fraîcheur dans ce livre poignant et dur. Le plus grand roman d'Henri-François Rey depuis les fameux {Pianos mécaniques}, prix Interallié 1962.

  • Le bonheur de tout dire en ayant tout oublié, le jeu de parler pour parler, la jouissance de se contredire, voilà le passe-temps favori de deux amis de toujours. Chacun connaît l'autre mieux que lui-même, mais cherche encore à découvrir chez son complice une plage inconnue qu'il n'aurait pas explorée. Le plus souvent, ils sont en désaccord, pour à la fin s'entendre comme larrons en foire, car ils savent que parler pour ne rien dire est un exercice très efficace. Il s'appelle Arthur, il s'appelle Horace, l'un est écrivain, l'autre cinéaste. Dès qu'ils le peuvent, ils partent presque à pas de loup se réfugier dans la paisible maison qu'Arthur entretient comme un trésor, solidement ancrée dans un village de soleil. Là, ils travaillent, ils dorment, ils se promènent ou ils lisent, ils n'ont aucune obligation, aucune règle. Un rite, seulement, à l'heure très exacte de l'apéritif, ils se rendent d'un pas lent au café Meliton, ce lieu qu'ils ont choisi depuis toujours pour être le théâtre de leurs interminables dialogues. Ainsi renouent-ils avec cette admirable tradition espagnole que l'on appelle la Tertulia. À heure fixe, autour du vin ou de l'anis, dans tous les villages et les villes d'Espagne, se réunissaient des amis, des compagnons de toujours. Alors ils refaisaient le monde et le défaisaient, ils condamnaient, ils absolvaient, ils se vantaient et se plaignaient, quelquefois poètes, quelquefois philosophes, quelquefois économistes, à la recherche d'une confuse vérité...

  • Feu le palais d'Hiver : un pamphlet étourdissant où Henri François Rey tour à tour brillant, drôle et sarcastique, démonte les vieux mécanismes du Parti communiste français, « abandonné par l'Histoire ». Pour l'auteur, homme de gauche depuis la guerre d'Espagne, ce parti est devenu préhistorique tant dans sa stratégie que dans ses objectifs, faisant ainsi de plus en plus, ce qui est grave, le jeu d'une droite dépourvue d'idées mais toujours pragmatique. Pour Henri François Rey, expliquer la crise actuelle et celles à venir, c'est expliquer la crise d'une gauche dépassée où les communistes rêvent encore de prendre le palais d'Hiver, ignorant sans doute que ce palais d'Hiver est devenu un musée. Afin d'obtenir plus de justice pour les hommes, une seule solution, selon l'auteur, même si elle n'est guère exaltante, ce qu'il reconnaît volontiers : instaurer en France une social-démocratie flanquée d'un contre-pouvoir dans le style des radicaux italiens. Un jour futur peut-être...

  • Le mystère Dali n'a pas fini d'intriguer. Génie ou imposteur ? Pour la première fois, se tenant à égale distance du dithyrambe et du dénigrement, un livre tente de faire le point en toute objectivité, à partir d'éléments raisonnés.D'abord, la race : nul ne peut comprendre Dali sans connaître la force de son enracinement dans la terre espagnole, plus précisément dans la Catalogne, foyer de démesure, de morosité, de génie et de mauvais go-t. Ensuite la famille, petite-bourgeoise, qui inculque à l'enfant les notions sacrées d'argent et d'ordre. Puis le triple apprentissage social : le stage universitaire à Madrid, entre Lorca, qui incarne la trouble ardeur méditerranéenne, et Bunuel, l'ange noir ; la rencontre avec les surréalistes, tremplin d'où l'artiste prend son vol ; la fréquentation de la Hight Society, qui permet au peintre de vivre de son art et de vérifier sur ses clients l'efficacité de sa provocation.Le caractère de Dali étant historiquement et psychologiquement expliqué, tous les problèmes s'éclairent : celui de la " folie " du personnage, celui de l'onirisme de son oeuvre. Henri-François Rey s'appuie sur la connaissance intime qu'il a du peintre et sur sa propre intuition de romancier pour dégager la véritable originalité de Dali, et montrer en quoi son art est un effort pour libérer l'homme et le restituer dans sa totalité délirante.

  • Julius, musicien de jazz, et Lana, étudiante américaine, se rencontrent sur une petite île italienne. Sans s'être jamais vus, ils s'attendaient. Deux moitiés du "même" dont ils rêvent depuis toujours. De leur île, ils gagneront Rome, puis Paris. Mais leur vrai voyage est celui de leur amour initiatique, mystique, marqué de signes obscurs, où soudain s'insinue l'imparable lézarde : la folie de Lana. Amour fou, amour à la folie. Folie où Julius acceptera de suivre celle qui est lui. Pour deux êtres, l'amour porté au plus haut ne peut que les confondre en un seul. Comme les jumeaux que la nature a fait semblables, tout en les séparant, et qui aspirent à devenir un.

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