• Le bonheur de tout dire en ayant tout oublié, le jeu de parler pour parler, la jouissance de se contredire, voilà le passe-temps favori de deux amis de toujours. Chacun connaît l'autre mieux que lui-même, mais cherche encore à découvrir chez son complice une plage inconnue qu'il n'aurait pas explorée. Le plus souvent, ils sont en désaccord, pour à la fin s'entendre comme larrons en foire, car ils savent que parler pour ne rien dire est un exercice très efficace. Il s'appelle Arthur, il s'appelle Horace, l'un est écrivain, l'autre cinéaste. Dès qu'ils le peuvent, ils partent presque à pas de loup se réfugier dans la paisible maison qu'Arthur entretient comme un trésor, solidement ancrée dans un village de soleil. Là, ils travaillent, ils dorment, ils se promènent ou ils lisent, ils n'ont aucune obligation, aucune règle. Un rite, seulement, à l'heure très exacte de l'apéritif, ils se rendent d'un pas lent au café Meliton, ce lieu qu'ils ont choisi depuis toujours pour être le théâtre de leurs interminables dialogues. Ainsi renouent-ils avec cette admirable tradition espagnole que l'on appelle la Tertulia. À heure fixe, autour du vin ou de l'anis, dans tous les villages et les villes d'Espagne, se réunissaient des amis, des compagnons de toujours. Alors ils refaisaient le monde et le défaisaient, ils condamnaient, ils absolvaient, ils se vantaient et se plaignaient, quelquefois poètes, quelquefois philosophes, quelquefois économistes, à la recherche d'une confuse vérité...

  • Feu le palais d'Hiver : un pamphlet étourdissant où Henri François Rey tour à tour brillant, drôle et sarcastique, démonte les vieux mécanismes du Parti communiste français, « abandonné par l'Histoire ». Pour l'auteur, homme de gauche depuis la guerre d'Espagne, ce parti est devenu préhistorique tant dans sa stratégie que dans ses objectifs, faisant ainsi de plus en plus, ce qui est grave, le jeu d'une droite dépourvue d'idées mais toujours pragmatique. Pour Henri François Rey, expliquer la crise actuelle et celles à venir, c'est expliquer la crise d'une gauche dépassée où les communistes rêvent encore de prendre le palais d'Hiver, ignorant sans doute que ce palais d'Hiver est devenu un musée. Afin d'obtenir plus de justice pour les hommes, une seule solution, selon l'auteur, même si elle n'est guère exaltante, ce qu'il reconnaît volontiers : instaurer en France une social-démocratie flanquée d'un contre-pouvoir dans le style des radicaux italiens. Un jour futur peut-être...

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