• Ils n'ont pas ouvert un seul lit d'hôpital supplémentaire, mais ils ont fermé les théâtres. Ils ont pataugé avec les masques, les tests, le traçage, mais ils ont vaillamment combattu les remontées mécaniques. Ils n'ont pas su protéger les vieux, mais ils ont anéanti les petits boulots des jeunes et compromis leurs études. Ils ont improvisé au doigt mouillé en se prétendant humanistes, mais ils ont classé les citoyens en "essentiels" et "non essentiels" et ordonné que ce soient les plus précaires qui paient de leur poche. Ils l'ont fait en plein jour et d'aucunsont braillé qu'ils n'en faisaient pas assez.

  • Les services compétents

    Iegor Gran

    "Moscou, 1965.
    - Ah ! si on avait mis moins de temps à pister Siniavski ! C'est sûr que sa femme ferait moins l'arrogante. Quand une affaire traîne depuis 1959... On perd en crédibilité.
    Ainsi pense, en me tenant dans ses bras, le lieutenant du KGB Evgueni Feodorovitch Ivanov, venu faire une perquisition chez ma mère - j'avais neuf mois."

  • « Le confinement a sauvé des vies », scande la casserole, ravie d'exhiber son empathie. Peu importent les dégâts collatéraux, dit-elle, on avait une haute idée humaniste et on l'a suivie « quoi qu'il en coûte », et c'est merveilleux. La beauté de la fin justifie la barbarie des moyens.
    Surtout quand ce sont les autres qui en paient le prix.

  • La revanche de Kevin

    Iegor Gran

    À la porte de Versailles, au vernissage du Salon du livre, vous rencontrez un type sympathique, lecteur pour une grande maison d'édition. Il sait que vous écrivez, vous lui montrez votre manuscrit, il en tombe dingue. Il le fait lire à quelques pointures de ses connaissances et tous sont unanimes : vous avez écrit un chef-d'oeuvre. Vous avez du mal à le croire, mais il vous rassure en citant Proust, Céline, Deleuze et votre vanité prend ses aises, radieuse. Vous vous apprêtez à signer le contrat quand le type disparaît. Vous appelez la maison d'édition. On vous apprend qu'il n'a jamais existé.

  • O.n.g !

    Iegor Gran

    La guerre.
    Ça se passe en France. Une ville moyenne. Un immeuble tout confort.
    Et deux locataires, les organisations non gouvernementales La Foulée verte et Enfance et vaccin, qui ne se supportent pas. La Foulée verte travaille évidemment à sauver l´humanité des catastrophes écologiques qui la menacent et à la protéger des poisons qu´on lui distille. Quant à Enfance et vaccin, inutile d´insister. Beaucoup de bons sentiments de part et d´autre. Beaucoup de mots, beaucoup de formules et d´idées toutes faites. Une certitude énorme d´être indispensable et la bonne conscience monstrueuse qui va avec. Le sel de la terre! Et c´est bien sûr au niveau le plus mesquin que naissent les premières difficultés entre les deux organisations : problèmes de voisinage, occupation d´un panneau d´affichage, questions de préséance. De fil en aiguille, une guerre sans pitié se déchaîne, une guerre totale et meurtrière.

  • L'ambition

    Iegor Gran

    Dabord, pour commencer, une histoire contemporaine, celle de José, un post-étudiant dont la vie professionnelle repose sur le système D, ce que lon appelle auto-entreprenariat en jargon de notre époque, un José qui rêve de faire fortune sur internet en vendant des fèves dÉpiphanie aux collectionneurs du monde entier. Mais nest pas Mark Zuckerberg qui veut. José devra se contenter de donner des cours de maths à domicile, où il sera confronté à son incompétence pédagogique crasse et à des élèves largement plus capables que lui.

    Parallèlement, à des milliers dannées de José, quelque part au début du néolithique, son vigoureux ancêtre (qui partage avec son descendant de 2010 un petit bout dADN à barbe blonde, joliment bouclée) découvre que sa tribu, où sévit un matriarcat rigoureux, sapprête à abandonner le nomadisme et la liberté daller et venir au profit de lélevage de capras, ces animaux sales qui font leurs besoins à côté des humains, mais qui sont faciles à attraper et bons à manger.

    LAmbition déploie une galerie de personnages désespérants et attachants malgré tout, dont les épopées personnelles se croisent dans la grande écume des petites ambitions.

  • Un voisin durable, c'est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j'en fasse autant.
    Une amitié durable, c'est une amitié où l'on ne met pas en danger l'avenir de la planète, même en paroles. On évite d'aborder les sujets qui fâchent. On gobe le discours moralisateur avec le sourire. On accepte l'opportunisme marchand en ouvrant son portefeuille. On se garde de penser sans gourou, sans nounou. On se retient. Ce livre raconte comment je ne me suis pas retenu.

  • Ipso facto

    Iegor Gran

    Un médiocre et plutôt antipathique paléontologue coule des jours à peu près tranquilles même si bien peu gratifiants dans l'institut qui l'emploie. Vie sans histoires et sans excès. Mais, à la faveur d'une promotion inespérée on s'aperçoit qu'il a égaré le diplôme de son baccalauréat. Catastrophe! Le voici rapidement mis au ban d'une société tout entière dédiée à l'archivisme, à l'archivisme comme moteur, justification et fin de toute action. Un monde fou avec sa bureaucratie, ses profiteurs et ses parias, un monde dont un dérèglement mystérieux a changé les bases et tout bouleversé, jusqu'à la sexualité...

  • Le retour de russie

    Iegor Gran

    Docteur Day est directeur d'hôpital psychiatrique. Sa spécialité : les fous qui se prennent pour des personnalités historiques. Il a guéri un Attila, il tente de soigner une Jeanne d'Arc, un de Gaulle, un Freud. On vient de lui confier un Napoléon. Bizarrerie supplémentaire, ce Napoléon est une jeune femme, ce qui ne s'est jamais vu dans les annales de la psychiatrie napoléonienne. Pauline B. est un Napoléon plus vrai que l'original - hautaine dans son attitude impériale, électrisante par son sens du commandement et lucide quant à ses erreurs historiques passées. Se méfiant des médicaments, n'hésitant pas à appliquer des méthodes iconoclastes, le docteur se demande si la meilleure manière de le guérir n'est pas de l'emmener faire un voyage thérapeutique en Russie. Est-ce la fascinante personnalité de cette patiente hors norme qui a déteint petit-à-petit sur le docteur Day ? S'y ajoutent les récits d'incroyables trésors pillés à Moscou en 1812. Il suffirait d'aller retrouver quelques caisses d'or pour faire la fortune de l'hôpital en proie à de bien pénibles contraintes budgétaires. Alors ils finissent par y aller, en Russie, où rien ne se passe comme prévu, bien entendu, car ce pays est un endroit maudit pour tous les Napoléon du monde. Gambadant dans un gothique effrayant dont seule la Russie a le secret, ce roman nous embarque dans une épopée à la frontière du fantastique et de la folie. Entre sorcières et bandits, ivrognes et simples d'esprit, charognards et chasseurs de trésors, entre morts vivants et vivants morts, le chemin pour retrouver la douce France est porté par le souffle exaltant de l'aventure.

  • Le Truc-Nog

    Iegor Gran

    «On le sait, chaque automne depuis cent ans, le Goncourt est attribué au livre le plus insignifiant de la rentrée. Si l´utilité de ce prix-repoussoir n´est plus à prouver - il montre à nos jeunes écrivains les voies littéraires sans avenir -, il ne faut pas oublier trop vite les goncourables, ces malheureux qui passent deux mois dans une grande détresse morale à attendre le verdict. Ils sont chair et tripes, ces gens-là, et ils ont mal à l´amour-propre. Peu de supplices sont comparables à ceux d´un pauvre bougre en sursis du Goncourt!»

  • Jeanne d'Arc fait tic tac

    Iegor Gran

    Tic-tac... Vous entendez?... Ce murmure... Chaque soir, au village, les habitués se retrouvent au bistrot pour écouter les histoires incroyables d'oncle Guillaume.
    Des Nike entraînent celui qui les porte vers des plans pas nets. Kennedy coule des jours anonymes après avoir mis en scène son assassinat. Le Remplaceur change les mots français en leurs équivalents anglais jusqu'à faire oublier la langue maternelle à ses victimes...
    Oncle Guillaume donne le frisson et fonde une nouvelle mythologie.
    Tic-tac... Un jour, à force de se raconter des histoires, la France déclare la guerre à l'Amérique. Des troupes françaises débarquent par surprise en Floride et progressent rapidement jusqu'à Atlanta.
    Tic-tac... Tout ce bruit... Les succès et les revers de la viande à canon.

  • Acné festival

    Iegor Gran

    '"Art est puissance"' qu'elle disait la diablesse, 'art est magie', et moi j'ouvrais les oreilles en tunnel, j'avalais. Pourtant mon métier de galeriste aurait dû m'immuniser, depuis quarante ans que j'en vendais de l'art, des discours j'avais soupé. L'amour m'a mis les oeillères, tout transi je me sentais devant ses charmes bien cuits, amoureux luisant, et même mon âge putride de soixante ne parvenait pas à me dessoûler.
    Faut dire que je vivais une deuxième puberté, ma jeunesse revenait n'en déplaise à mes enfants, à l'approche de la maison de retraite mon corps avait des poussées de vigueur, érections en tour de Babel, la folie du sang fermenté. Et l'acné qui vint par dessus, la cerise!
    Le jour où j'ai décidé d'exposer l'acné dans ma galerie, les copains m'ont regardé comme si j'avais la démence. Conformistes ringards! Attendez voir de quoi est capable Guinness le galeriste!'

  • Thriller

    Iegor Gran

    Les faits divers sont les soupapes cachées de la civilisation. Voici qu'un certain Norman, professeur d'économie à l'Université de Berkeley, dérobe le portefeuille d'un clochard. Coup de folie ? Envie de jouer au surhomme ?... Ses proches sont perplexes. Et Norman, qui a toujours étalé sa probité de gauche, patauge maintenant dans un fâcheux bourbier moral.
    L'incident aurait été un simple dérapage vite oublié - qui se soucie d'un clochard ? -, si au même moment, s'emparant de l'affaire, un journaliste à la déontologie moribonde n'avait bidonné un article pour l'Oakland Daily.
    Le crime se recycle et prend de l'ampleur. Une blonde est étranglée dans un terrain vague. Un vent mauvais se lève à Berkeley, soufflant sur les ruines de la famille, des rapports amoureux et des théories économiques à la mode.
    Ainsi, comme à l'accoutumée dans les livres de Iegor Gran, nous assistons à un très réjouissant jeu de massacre qui n'épargne ni les personnages du roman ni leurs référents dans la réalité contemporaine. Si on ajoute à cela une histoire remarquablement ficelée, le lecteur est happé par une mécanique implacable qui n'a rien à envier à celles qui gouvernent les chef-d'oeuvre du genre. À ceci près, tout de même, qu'ici, en plus, on rit beaucoup. On rit devant la drôlerie des situations, l'habileté narrative et dramatique de l'auteur, mais on rit aussi à cause de son incroyable talent de manipulateurs de mots. Iegor Gran, comme personne, sait rendre notre langue métaphorique. C'est du grand art, c'est d'une poésie inattendue, burlesque et d'une rare créativité, d'autant plus surprenant qu'elle n'arrête en rien le fonctionnement de l'intrigue mais au contraire le nourrit.

  • Vilaines pensées

    Iegor Gran

    "En ce siècle où règne l'hygiénisme, je dédie ce livre aux microbes rescapés." Ainsi commence ce recueil d'une centaines de chroniques sarcastiques, provocantes, improbables, voire d'anticipation, dans lesquelles Iegor Gran se délecte à transformer la va

  • Cher legor, Tout est trop calme ce matin au Mojo. Es-tu certain que ce séjour aux antipodes me remettra les pieds sur terre? Nicolas Écoute Nicolas, Tu devrais te décider à écrire et oublier Leonor. À trop tirer sur ta libido, tu rebondis vers le rien. Tu n'es pas parti en Nouvelle-Zélande pour geindre. Fais-moi rêver, mec. legor

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