République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Italo Svevo. À travers une fascinante confession autobiographique, le très velléitaire triestin Zeno Cosini relate avec un humour grinçant ses névroses et son malaise existentiel, analysant tour à tour un certain nombre d'épisodes marquants de sa vie: son addiction au tabac, la mort de son père, son mariage, sa vie de couple, son métier, et enfin sa guérison finale, acquise toutefois en refusant la psychanalyse. En préface, son psychanalyste, le fameux Docteur S., explique que les carnets de "La Conscience de Zeno" ont été écrits sur sa suggestion, à titre de préparation à une cure restée inachevée. Salué à sa sortie par James Joyce, ce chef-d'oeuvre d'Italo Svevo, qui fut notamment traducteur de Sigmund Freud, est considéré aujourd'hui comme l'un des livres fondateurs de la littérature contemporaine d'introspection. Entre mauvaise foi et humour à la Woody Allen, son anti-héros joue et se joue du lecteur comme il l'a fait avec son analyste. "Ce qui est fascinant chez Svevo, c'est l'infatigable enquête sur eux-mêmes que poursuivent ses héros et l'éternel monologue intérieur auquel ils se livrent sans jamais cesser d'observer autour d'eux, sans jamais cesser d'agir." - Valéry Larbaud.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Italo Svevo. À trente-cinq ans, Emilio Brentani, modeste employé de bureau et écrivain dilettante, s'est résigné à passer une existence grise et monotone aux côtés de sa soeur Amalia. Un jour, sa vie routinière est bouleversée par la rencontre avec la jeune et solaire Angiolina, qui n'est cependant en rien l'"Ange" qu'il idéalise. En proie à son amour fantasmatique, il se berce d'illusions et de faux semblants tandis qu'Amalia tombe secrètement amoureuse du sensuel Stefano Balli, meilleur ami d'Emilio. Sur la base de ce quatuor de personnages, l'auteur de "La Conscience de Zeno" brode les infinies variations de la jalousie, du mensonge, de la tromperie, de la frustration, de l'illusion, de la maladresse et de l'échec sentimental. Son anti-héros introspectif, résolument inapte à l'amour, finit par renoncer à toute cette mascarade et tombe dans une sorte de sénilité précoce. "L'aventure terminée, il ne retrouvait plus son équilibre. Longtemps il demeura insatisfait. L'amour et la douleur avaient traversé sa vie et, privé de ces éléments, il lui semblait avoir subi une amputation cruelle. A la fin, ce vide se combla. Il retrouva l'amour de sa tranquillité et le soin qu'il prit de lui-même lui ôta tout autre désir." Deuxième roman de Svevo après "Une Vie", "Senilità" a été salué comme un chef-d'oeuvre par James Joyce, Eugenio Montale et Valéry Larbaud.

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