Langue française

  • La Conscience de Zeno

    Italo Svevo

    Pendant de longues années, autant que dura notre jeunesse, nous nous tînmes sur la plus grande réserve et ne fîmes jamais allusion au passé. L'autre jour, elle me demanda à brûle-pourpoint, et son visage encadré de cheveux gris se colorait d'une rougeur juvénile :
    - Pourquoi m'avez-vous quittée?
    Je fus sincère car je n'eus pas le temps nécessaire pour fabriquer un mensonge :
    - Je ne sais plus... mais j'ignore aussi tant d'autres choses de ma propre vie.
    - Moi, je regrette, dit-elle. (Et déjà je m'inclinais à cette promesse de compliment.) Il me semble que vous devenez très drôle en vieillissant.

    Un des chefs-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

  • Dans cette conférence donnée en 1927, Italo Svevo se fait tant analyste affuté que portraitiste passionné. De son amitié avec James Joyce, rencontré à Trieste en 1906, l'Italien confie la genèse : ignoré par la critique et en manque de lecteurs, il abandonne l'écriture et entre dans la fabrique de vernis de son beau-père. Pour arpenter l'Europe en tant que commercial, il se voit obligé de suivre des cours d'anglais à l'École Berlitz de la ville, où James Joyce, de vingt ans son cadet, enseigne. De là naît une amitié, une "affinité élective" qui se traduit par l'échange d'ouvrages, de conseils et des encouragements mutuels. Joyce s'avérera d'ailleurs être la clé de voûte du rayonnement européen de l'oeuvre de Svevo.Cette conférence constitue une voie d'accès originale à l'univers fascinant de l'auteur de Finnegans Wake. L'approche biographique est complétée par une interprétation brillante de Ulysse. Au fil d'une analyse méticuleuse et critique de l'ouvrage, Svevo entend mettre au jour des clefs de lecture. L'une d'elle serait à trouver du côté de Stephen Dedalus, personnage aux multiples facettes, qui incarne à ses yeux l'alter ego de l'écrivain irlandais. Celui qui aurait inspiré Léopold Bloom, le héros principal du chef d'oeuvre, nous livre ici une poétique inspirée et inspirante de la vie et de l'oeuvre de Joyce.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Italo Svevo. À trente-cinq ans, Emilio Brentani, modeste employé de bureau et écrivain dilettante, s'est résigné à passer une existence grise et monotone aux côtés de sa soeur Amalia. Un jour, sa vie routinière est bouleversée par la rencontre avec la jeune et solaire Angiolina, qui n'est cependant en rien l'"Ange" qu'il idéalise. En proie à son amour fantasmatique, il se berce d'illusions et de faux semblants tandis qu'Amalia tombe secrètement amoureuse du sensuel Stefano Balli, meilleur ami d'Emilio. Sur la base de ce quatuor de personnages, l'auteur de "La Conscience de Zeno" brode les infinies variations de la jalousie, du mensonge, de la tromperie, de la frustration, de l'illusion, de la maladresse et de l'échec sentimental. Son anti-héros introspectif, résolument inapte à l'amour, finit par renoncer à toute cette mascarade et tombe dans une sorte de sénilité précoce. "L'aventure terminée, il ne retrouvait plus son équilibre. Longtemps il demeura insatisfait. L'amour et la douleur avaient traversé sa vie et, privé de ces éléments, il lui semblait avoir subi une amputation cruelle. A la fin, ce vide se combla. Il retrouva l'amour de sa tranquillité et le soin qu'il prit de lui-même lui ôta tout autre désir." Deuxième roman de Svevo après "Une Vie", "Senilità" a été salué comme un chef-d'oeuvre par James Joyce, Eugenio Montale et Valéry Larbaud.

  • Trieste, 1918. Deux frères d'une soixantaine d'années vivent sous le même toit. Si Giulio, atteint de goutte, passe ses journées reclus, Mario, quant à lui, occupe un petit emploi sans envergure pour les faire subsister, et abrite en son sein une vocation contrariée : la littérature.
    C'est alors qu'un ami lui fait une farce cruelle : son roman de jeunesse, publié à compte d'auteur, intéresserait un prestigieux éditeur viennois !! Très vite, un supposé contrat est même signé... Dès lors, que va-t-il advenir ?

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