• Le premier paragraphe du roman met en place le soliloque de Suzanne, une jeune femme de vingt-cinq ans, mariée à Pierre et maman de Gisèle et de Paulo. Il se déroule sur un rythme obsessionnel pour nous dévoiler à mesure un univers intérieur fait des contradictions les plus violentes : « Il y a des matins où je sais que je ne me lèverai pas, c'est plus fort que moi, je ne me lèverai pas. Même s'il fait beau ça m'est bien égal. Ce jour-là, pour moi, il ne fait pas beau, c'est tout. Et s'il pleut, tant mieux, qu'il pleuve et que toute la ville soit noyée. Je n'aime pas les gens, je n'aime pas mon mari, ni ma petite fille, ni mon petit garçon. Qu'ils sortent sous la pluie, qu'ils tombent dans des fondrières, qu'ils aient de la boue par-dessus la tête, c'est tout ce que je demande. Je ne ferai pas un geste, je ne pleurerai pas. » C'est donc du fond de son lit que Suzanne va vivre sa journée inutile. Et le lecteur y reconnaîtra, profondément mêlés, la cruauté d'une femme prisonnière de l'existence que tour à tour elle veut, aime, déteste, repousse avec rage ; les souvenirs les plus féroces ou les plus émouvants ; la tendresse qui ne s'avoue jamais ; les espoirs déçus ; la sensualité ; les soumissions et les révoltes vis-à-vis de l'homme et des enfants ; bref, l'angoisse et la terreur métaphysiques dont nous subissons tous, tant que nous sommes, les ravages au lever de chaque jour.

  • L'apprentissage de la vie ascétique d'un yogi par Pierre Saint-Sévère et ses difficultés.

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