• Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre - appelé à devenir un classique - scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen-Âge.
    L'on découvre ainsi qu'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux, surtout la femme, n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place importante au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent même l'existence d'un art érotique. L'éducation, quant à elle, est décrite à la fois sur le plan religieux, pratique et intellectuel, et les anecdotes décrivent de façon plaisante la vie des étudiants dont Villon est l'un des représentants les moins recommandables.
    Les quantités de nourriture et de vin exagérées - aspects essentiels du quotidien - impressionnent assurément nos contemporains fervents de diététique, de même que la vie de ceux qui prient, qui combattent et qui travaillent, ces paysans qui sont l'essentiel de la population. La religion, naturellement, structure cette société et impose à tout homme de préparer sa mort - ce qui n'empêche pas de profiter des instants de loisir bien plus fréquents qu'on ne l'imagine. Jean Verdon brosse avec
    maestra un panorama sans équivalent, riche et foisonnant.


  • Comment le chrétien du Moyen Age vit-il sa foi ?

    De leur baptême, qui les lave du péché originel, à leur mort, terme naturel de la vie terrestre et chemin vers Dieu, les chrétiens du Moyen Âge - ceux du moins qui s'évertuent à vivre comme tels - mènent de bout en bout leur existence obnubilés par l'idée de gagner leur salut au Ciel. Ils s'attachent dès lors à respecter les enseignements de l'Église : prier Dieu chaque jour, assister à la messe, communier à Pâques, faire l'aumône aux pauvres, ne pas s'adonner à la violence... afin d'obtenir le pardon de leurs fautes. Leur vie est tout entière scandée par les célébrations religieuses, vécues dans l'église de leur village, auprès de leur curé dont les prônes tiennent lieu d'instructions.
    Jean Verdon nous fait partager le quotidien de ces hommes et femmes du Moyen Âge qui, tiraillés entre les tentations de ce monde et la crainte du châtiment divin, s'efforcent de vivre, ou tout au moins de mourir, en " bons chrétiens ".

  • Malgré certains travaux novateurs, comme ceux de Jacques Le Goff ou Jacques Heers, le Moyen Age continue d´être considéré comme une période dure à vivre, culturellement barbare, marquée par la violence, la famine et la peste. Entre l´Antiquité et la Renaissance, la nuit planerait sur dix siècles d´histoire occidentale. Pour dissiper les caricatures d´un Moyen Age voué au malheur, Jean Verdon met en regard les mauvais et les bons côtés de l´existence pour les contemporains de Charlemagne, de Saint Louis ou des Médicis. En dix chapitres portant aussi bien sur l´alimentation que sur la médecine, sur les femmes que sur l´intolérance, sur les plaisirs que sur la mort, il brosse un tableau vivant et nuancé, qui rend la civilisation médiévale profondément attachante, et la restitue dans toute sa vérité.

  • Du haut en bas de l'échelle sociale, à la ville comme à la campagne, l'homme médiéval pratique une foule de distractions. Les nobles chassent, assistent aux fêtes de cour ou aux tour-nois, lisent, font de la musique, festoient. Les autres, paysans, bourgeois et même prêtres, participent à d'innombrables fêtes dont l'Église cherche à limiter les «débordements» et à codifier les résurgences païennes. Tous boivent ferme, pratiquent le sport et les jeux de société, fréquentent les bains publics... La synthèse riche et colorée de Jean Verdon, jamais entreprise jusqu'à présent, nous montre une civilisa-tion qui sait compenser la dureté et la brutalité du quotidien par une imagination, une santé mentale, un débordement de vie difficilement imaginables aujourd'hui. Dans la mesure où la connaissance des loisirs est une composante fondamentale de l'histoire des attitudes devant la vie, son travail constitue un livre majeur.

  • Au Moyen Âge, ce sont essentiellement des hommes, et particulièrement des clercs soucieux en principe d´éviter les contacts avec le sexe faible, qui parlent des femmes. Ces sources définissent un idéal sans indiquer en quoi consiste la réalité. Les documents s´intéressent, surtout pour le haut Moyen Âge, à deux catégories de femmes, les moniales qui se sont consacrées à Dieu et les grandes dames qui manifestent des qualités viriles. Il faut attendre les derniers siècles de cette période pour qu´apparaissent vraiment des femmes de basse condition, en particulier dans les lettres de rémission. L´histoire de la femme au Moyen Âge comporte de nombreuses spécificités et Jean Verdon ne manque pas ici de mettre en valeur une thématique riche, allant des invasions barbares aux grandes découvertes. Jean Verdon, professeur d´histoire du Moyen Âge à l´Université de Limoges, est l´auteur de nombreux ouvrages : Les Loisirs au Moyen Âge (1980) ; Isabeau de Bavière (1981) ; Les Françaises pendant la guerre de Cent Ans (1991 - couronné par l´Académie Française) ; Voyager au Moyen Âge (1998) ou encore Les Femmes en l´An Mille (1999).

  • étonnant Moyen Âge Nouv.

    étonnant Moyen Âge

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 15 Avril 2021

    Un moyen Age hors des sentiers battus. 50 histoires qui refont l'Histoire.
    Le Moyen Age a longtemps été considéré comme une période sombre, violente, ignare, bien différente de la lumineuse Renaissance. Heureusement, de nombreux spécialistes se sont efforcés de détruite cette image. En s'inspirant de leurs travaux, jean Verdon restitue le vrai visage du Moyen Age, époque étonnante pour nos contemporains, tant par sa spécificité que par sa créativité et, parfois, par sa modernité. Pour ce faire, il présente une cinquantaine de faits, d'événements, de réalités qui ne peuvent que nous surprendre. En voici quelques exemples.
    - La campagne se prolonge dans la ville, au point qu'à Paris un cochon fait tomber le cheval du fils aîné du roi Louis VI qui trouve la mort dans cet accident !
    - Les rapports sexuels entre époux, les seuls que tolèrent les clercs, sont limités à un nombre réduit de jours, et uniquement pour procréer - selon certains ils entraînent pourtant un péché, et la violation de cet interdit aurait d'ailleurs pour conséquence la mise au monde d'enfants infirmes...
    - L'Eglise, de nos jours unique et très hiérarchisée, voit coexister à la fin du XIVe siècle et au début du XVe trois papes, plus exactement deux papes et un antipape, d'où des années d'anarchie et de désordres.
    - Le cimetière médiéval ne ressemble pas au cimetière contemporain. Outre qu'il est réservé aux fidèles chrétiens, il ne sépare pas toujours les vivants et les morts. Aux derniers siècles du Moyen Age, nombreuses sont d'ailleurs les interdictions faites aux habitants d'y résider, faire du commerce, tenir des réunions, danser ou jouer...
    - Alors que la vie est bien plus courte que de nos jours, les voyages peuvent durer des mois, voire des années. Et si le commun des mortels voit toute sa vie bornée à un horizon restreint, les gouvernants passent leur temps à voyager, n'hésitant pas à franchir les continents.
    - Les Anglais appartenant aux classes les plus élevées, dont on dit qu'ils détestaient les Français, parlent pourtant la langue de ces derniers durant plusieurs siècles après la conquête de leur pays, en 1066, par Guillaume, duc de Normandie.
    Autant d'étrangetés, parmi beaucoup d'autres, qui donnent à voir un autre Moyen Age, bien loin des poncifs véhiculés.

  • L'homme d'aujourd'hui a domestiqué la nuit grâce à l'électricité. Mais qu'en est-il de la vie de l'homme médiéval à la ville ou à la campagne, quand l'obscurité règne du coucher au lever du soleil ? Riche en anecdotes, cet ouvrage raconte ce qui se passe la nuit, au temps où seule la chandelle lutte contre l'obscurité. La nuit, on craint le diable, les brigands, les revenants, les sorcières et les loups-garous. Rixes, homicides, conspirations, adultères et viols ne sont pas rares. Le travail nocturne, bien qu'interdit, existe. On se distrait : il y a les veillées, les chahuts, les feux de joie, les tavernes et les fêtes qui ne s'achèvent qu'avec le jour. L'auteur décrit aussi le lit, la chambre, les vêtements de nuit, le sommeil et les remèdes contre l'insomnie, les rêves. Mais la nuit est surtout propice à la spiritualité : il est recommandé de prier tard le soir, quand tout est calme ; les règles monastiques comportent des cérémonies nocturnes et une mystique de la ténèbre affirme qu'il faut traverser la nuit (nuit des sens, nuit de l'esprit) pour atteindre la lumière, Dieu.

  • Intrigues, complots, trahisons foisonnent dans les archives du Moyen Age. Le « livre noir » et néanmoins réjouissant que nous déroule ici Jean Verdon n´est pas glorieux ! Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Au fil des pages, l´historien reconstitue l´univers dans lequel se tissent des situations parfois extrêmes, tendues jusqu´à la mort.

    Toutes les catégories sociales sont touchées : les membres des cours princières, les clercs lettrés, le bourgeois, le boucher... La détresse, le ressentiment peuvent inspirer le pire et le milieu familial reste le cadre idéal pour passer à l´acte : l´infi délité conjugale ou la jalousie sont monnaie courante au tribunal avec ou sans morts d´hommes. Mais les coulisses du pouvoir sont pavées de bien mauvaises intentions et de Frédégonde à Louis XI, bien peu n´ont pas cédéà leurs emportements... L´esprit de vengeance n´est pas propre au monde occidental. En Orient, à Byzance, on ne s´embarrasse guère de scrupules. Si parfois le pardon est accordé, bien plus souvent un terrible châtiment attend celui qui est pris ! Anecdotes tirées de la grande histoire ou faits divers illustrent tour à tour la panoplie de ces intrigues et autres complots dont la contemporanéité ne laisse pas de nous surprendre.

  • Au travers de la vie des Françaises, de toutes conditions, pendant la guerre de Cent Ans, c'est un tableau des moeurs de la société française, au cours de plus d'un siècle de notre histoire, que dresse Jean Verdon, historien reconnu du Moyen Âge. Servantes ou maîtresses ? Apparemment, les contemporains de la guerre de Cent Ans regardent les femmes avec les yeux de leurs ancêtres... et de nombre de leurs descendants. Bien fragiles paraissent les voix des paysannes de Montaillou, ou celle de Christine de Pisan. Tenir la maison, faire des enfants, telle doit être la tâche des femmes. D'ailleurs, ne sont-elles pas des êtres inférieurs ? Ni l'amour courtois, jeu aristocratique, ni le culte de Marie, vierge mère, qui risque de déprécier la sexualité conjugale, ne peuvent enrayer ce courant. De la naissance à la mort, les femmes se trouvent placées sous l'autorité masculine. Jeunes, elles dépendent de leur père. Épouses, elles doivent obéissance à leur mari. [...] Guerre étrangère et civile, peste, dépression économique jalonnent le XIV siècle et une partie du XV. La violence soldatesque et, plus encore, villageoise familiale, s'exerce aux dépens des femmes. Bien des veuves sans ressources mènent une triste existence. Voilà pourquoi, entre autres raisons, on rencontre tant de marginales, particulièrement des prostituées, encore qu'on assigne alors à celles-ci un rôle social : détourner des épouses le désir des mâles célibataires, lutter contre l'homosexualité. Sombre tableau, bien éloigné de certaines visions édéniques, mais que Jean Verdon tempère. Ne peut-on se demander, en effet, si la misogynie n'était pas, en partie, le reflet de la crainte d'une domination féminine au sein du foyer ? Si on la craignait, n'était-ce pas parce qu'elle était assez répandue ? Et, n'oublions pas, que cette époque voit coexister Jeanne d'Arc et Colette de Corbie, réformatrice des clarisses, sans parler d'Agnès Sorel, la belle maîtresse de Charles VII.

  • Alors que, depuis quelques décennies, la condition féminine connaît de profonds changements, quels en étaient les principaux caractères il y a mille ans ? Des femmes exercent alors une influence politique importante, dirigent des fiefs, voire des États, aussi bien en France - en particulier dans les régions méridionales - et en Allemagne, que dans la lointaine Byzance. Certaines composent des ouvrages littéraires, telle cette nonne allemande qui écrit des pièces, à la manière du poète latin Térence. Certes, les femmes dont parlent les documents de l'époque sont des aristocrates, ou des moniales, par conséquent une infime minorité. Mais, pour l'immense majorité des femmes anonymes, l'archéologie vient au secours des textes et l'on devine que la femme moyenne de l'an mille joue un rôle capital inhérent à sa nature. C'est elle qui permet au foyer d'exister. L'auteur pose la question de savoir si les femmes occupent, dans la réalité, une situation vraiment subordonnée, puis il étudie les fonctions d'épouse et de mère que remplissent la plupart d'entre elles, quand elles ne se consacrent pas à Dieu. Toutes interviennent de diverses façons dans la société de leur temps. En fait, si rien, en droit, ne privilégiait ni ne protégeait les femmes de l'an mille, et si elles ne songeaient à revendiquer quoi que ce soit, elles jouaient, dans la réalité quotidienne, un rôle qui n'était guère différent des femmes de l'an 2000.

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