Marivole Éditions

  • Il y a des 'Chtits" dans le ch'Nord, connu ! Mais il y en a aussi entre l'Allier, le Berry et la Creuse. C'est le pays des "cht'tits gas", chers à l'écrivain paysan Emile Guillaumin. C'est ainsi que l'on appelle "les jeunes" dans ce coin de la France. Dans les années soixante, les "ch'tits gas" en question écumaient les bals de campagne, à la recherche de "ch'tites gattes" voulant bien se laisser "câliner" et plus si affinités, à l'arrière d'une Deudeuche, d'une Aronde ou d'une 4CV. Qui sera couronné roi des parquets-salons à l'issue de la saison 1962-63 ? Qui sera sacré dauphin ou "prince" de ces pistes de danse couvertes, montées et démontées chaque semaine dans un bourg différent au hasard des fêtes de village ? C'est la peinture d'une époque, au temps du "yéyé", dans le contexte culturel, sociologique et politique des Trente Glorieuses. Cette histoire nous est racontée telle qu'elle fut vécue dans le centre de la France, mais elle aurait pu se dérouler ailleurs dans l'Hexagone.

  • Dans son deuxième roman, Jean-Claude Fournier nous plonge à nouveau dans l'atmosphère des Trente Glorieuses. Il nous peint ici un portrait réaliste, original et nuancé de ces trois décennies, qui ne furent pas toujours vécues, par ceux qui les traversèrent, comme l'ère de progrès social, de foi en l'avenir et d'insouciance qu'il est convenu de célébrer aujourd'hui. L'histoire qui nous est racontée est celle d'un enfant du peuple, dont l'enfance et l'adolescence se passent entre Montluçon, sa ville natale, puis Moulins et Clermont, deux cités où il étudiera dans l'espoir de faire un jour carrière dans le cinéma, une passion contractée dès le plus jeune âge. Mais il n'est pas facile de réaliser ce rêve lorsque l'on a été persuadé d'entrer à l'École normale d'instituteurs par des professeurs de collège convaincus que cette orientation était la voie « royale » pour un élève issu d'un milieu très modeste. L'ascenseur social fonctionnera-t-il complètement pour ce petit-fils d'un maçon creusois venu chercher du travail dans le bassin industriel de l'Allier, et d'un mineur descendu du Nord après la Grande Guerre ? Au-delà de son destin particulier, ce poulbot montluçonnais est représentatif de toute une génération qui aspira, de manière diffuse encore au début des années 60, à un grand chambardement dans sa vie sociale mais surtout intime. Tous les lecteurs, même les plus jeunes, se reconnaîtront dans ce refus d'entrer prématurément dans le rang, tel qu'il est exprimé dans cette histoire.

  • Ce roman nous replonge dans l'Europe des « sixties » avec l'« exil » du héros outre-Manche, en 1968. De son poste d'observation londonien, le pays natal se rappellera à son bon souvenir en Mai 68. Lui qui était parti voir ailleurs afin de découvrir des mentalités plus libres, voire des moeurs plus légères, ne peut rentrer au quartier latin faire SA révolution. Il est condamné à vivre par procuration des événements que lui et toute la jeunesse de l'époque attendaient depuis longtemps d'une manière plus ou moins latente. De retour en Auvergne, il assiste, en outsider en quelque sorte, à la queue de la comète « révolutionnaire » et à une « normalisation soft » qui ne dit pas son nom mais qui siffle la fin de la récréation soixante-huitarde et de son idylle avec une jeune Anglaise connue à Londres.

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