• Souhaitant rompre un silence éditorial de moins en moins justifiable, les textes ici réunis répondent à un double projet : réhabiliter les Contes moraux de Marmontel, sans oublier de faire surgir, à travers un parcours guidé, l'univers du philosophe et sa spécificité. Dans ses fictions, d'ailleurs, « l'ingénieux académicien » s'est montré à la fois moraliste et homme
    du monde ; à la peinture des nuances mobiles des ridicules, il a joint les couleurs durables de la morale, ouvrant ainsi une nouvelle carrière dans le domaine des lettres. C'est pour ces mêmes couleurs, nuancées ou vivifiées en fonction du texte, que les contes marmontéliens méritent d'être connus, car si d'une part ils s'insèrent dans une époque - la France de Louis XV - dont ils fournissent un témoignage unique, de l'autre ils sont porteurs d'une leçon éternelle, un message toujours valable qui engage les hommes et leur nature profonde.

  • Avec les Éléments de littérature de Marmontel, le XVIIIe siècle livre la somme de ses réflexions en matière d'esthétique littéraire. L'ouvrage se présente à la façon d'un dictionnaire : 192 entrées thématiques examinent les catégories essentielles de l'analyse littéraire, depuis « abondance » jusqu'à « vraisemblance », en passant par « comédie », « fable », « imagination », « opéra » ou « traduction ».Par leur forme alphabétique, qui exclut toute notion de hiérarchie, les Éléments de littérature récusent les normes à respecter et les modèles à imiter : les canons hérités du Grand Siècle cèdent le pas à une littérature née de l'invention et cultivant la variation. L'oeuvre s'efforce de refléter les belles-lettres dans leur diversité historique et géographique.Ce temps, qui savait dire des choses profondes sans lourdeur, maîtrisait aussi l'art d'enseigner en divertissant. Marmontel illustre son propos d'anecdotes et de traits d'esprit tirés de la tradition des lettres depuis l'Antiquité, qui font de son oeuvre un trésor du genre.Les Éléments de littérature font ici et pour la première fois l'objet d'une édition critique.

  • "Una especie de novela poética cuyo fundamento es la historia y la moral su fin". Es de esta manera que La Harpe define en su curso de literatura la obra de J.F. Marmontel, "Les Incas ou la destruction de l'Empire du Pérou". La publicación de "Les Incas" en 1777, un año antes de la muerte de Voltaire y de Rousseau, fue acogida con un entusiasmo que no disminuiría durante la primera mitad del siglo XIX. El espíritu de la obra se inserta en la más pura tradición del Siglo de las Luces; aquí el "Buen Salvaje" es el rey, el "fanatismo destructor" se condena sin rodeos y el avasallamiento de los pueblos se denuncia como el "primer paso de la tiranía". "Les Incas" por la sensibilidad que manifiesta es también un libro de su siglo; "diluvios de lágrimas" y "corazones desgarrados" o "paralizados de horror" son compartidos aquí de igual manera por Españoles e Indios. Hoy, esta obra, que llegó en el buen momento del buen siglo, parece haber envejecido un poco. Sin embargo, cuidémonos de rechazarla; su estilo anticuado, que a veces nos hacesonreir es verdad, le otorga un encanto cierto y representa excelentemente la visión que el siglo XVIII francés podía tener de los Incas y de la conquista del Perú.

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