Sciences humaines & sociales

  • Dans le sous-sol d'une association chargée de l'enfance à Avignon, sur des étagères en acier des années 1950, se succèdent trois cents mètres de dossiers noircis par le temps. " C'est un débarras ", me lance Chantal, la cheffe du service, " vous ne trouverez que du vieux papier ! ".

    Dans le sous-sol d'une association chargée de l'enfance à Avignon, sur des étagères en acier des années 1950, se succèdent trois cents mètres de dossiers noircis par le temps. " C'est un débarras ", me lance Chantal, la cheffe du service, " vous ne trouverez que du vieux papier ! ". Des fouilles surgissent 160 lettres entre Micheline – enceinte à 20 ans – et Odile, assistante sociale auprès du tribunal pour enfants.

    L'histoire commence ainsi. Une grossesse hors mariage et en situation de pauvreté, c'est une vie scellée dans un foyer maternel. Tandis qu'un cercle de femmes " sages " s'occupe de Micheline, celle-ci se révolte et s'enfuit. On la recherche dans tout le Roussillon. Odile la rattrape. Micheline aime sortir au bal ? L'assistante sociale l'en dissuade et la menace. Et pourtant, elle l'aime bien, cette échevelée ! C'est " ma fille ", écrira-t-elle un jour.

    C'est dans l'entrelacs de cette correspondance, sur le fil des relations entre Micheline et Odile, que se tisse le récit de Jean-François Laé autour des plaintes, de la soumission et de la révolte de ces jeunes femmes si tôt assignées. Filles célibataires, indisciplinées ou frondeuses, souvent en bisbille avec leurs familles, elles sont les oubliées de notre histoire.

    À travers la révolte de Micheline, Jean-François Laé poursuit inlassablement son exploration des vies " faibles ", fragiles, celles d'" anormaux " qui lancent un défi à l'ordre social.

  • Dans une cité HLM du nord de Paris en pleine rénovation, des gardiens sont au travail : ils surveillent, réparent, tempèrent. À travers leur regard, on entrevoit ce qui n'est pas montré d'habitude : des résidents qui s'observent, les plaintes quotidiennes, les vrais problèmes. On redécouvre aussi un métier de nouveau convoité : le gardien n'est plus l'homme à tout faire d'hier, il est devenu le médiateur de la cité.Jean-François Laé est sociologue, enseignant à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il a notamment publié Les Nuits de la main courante (Stock, 2008) et, avec Numa Murard, Deux générations dans la débine (Bayard, 2011).

  • Qu'il s'agisse des documents privés d'hommes célèbres ou des carnets de compte d'un artisan anonyme, les archives personnelles (lettres, journaux, autobiographies...) sont aujourd'hui mobilisées aussi bien par des sociologues que par des historiens ou des anthropologues. Ces archives personnelles, de la correspondance aux agendas, ont fait depuis quelques années une entrée remarquée dans les sciences humaines et sociales. Les auteurs se livrent à l'exploration de cette gamme d'écritures personnelles à partir d'exemples concrets en apportant un ensemble de réponses et de savoir-faire.

  • La loi sur le R.M.I. votée en 1988 a pour objectif de compléter le système de protection sociale. La mise en oeuvre de cette loi offre une situation quasi expérimentale pour tester les capacités de la société française à ouvrir les voies de l'insertion professionnelle, tout en assurant un filet économique minimum pour les plus démunis. Le présent recueil croise les perspectives des principaux acteurs engagés dans la mise en oeuvre du R.M.I. : responsables politiques, sociologues, opérateurs pratiques qui l'appliquent sur le terrain. Il présente les pièces d'un dossier pour alimenter le débat public qui doit s'ouvrir à l'automne 1992 afin de définir la place que notre société entend donner aux pauvres.

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