• Au XIX e siècle. Le jeune Camille part travailler à Lyon avec des maçons itinérants, venus comme lui de la Creuse. Il poursuivra sa route sur les traces de son père, prétendu mort, en quête de vérité sur la double vie et le passé de ce dernier... A seize ans, Camille part sur les chemins, rejoignant d'autres paysans creusois qui s'en vont jusqu'à Lyon pour " limousiner " : user de leurs bras et de leurs forces pour bâtir des édifices. Quittant sa mère, fuyant la misère, Camille marche aux côtés de son oncle, avec en tête la figure absente du père. Son père... Une histoire manquée, fragmentée, mystérieuse... L'ouvrier aux mains d'or mais à la réputation ambiguë a disparu, quatre ans plus tôt, dans la grande crue du Rhône de 1856. Ville en pleine mutation, Lyon se dessine avec de nouvelles perspectives, des façades bourgeoises. Lyon, la ville où s'est abîmé son père. Camille travaille dur : onze heures par jour, à grimper et dévaler des échelles, le panier d'osier rempli à ras bord de mâchefer sur les épaules, à servir les maçons et les tailleurs de pierre. Il apprend bientôt que son père ne serait pas mort, mais " envolé " sur les routes au bras d'une belle Italienne.
    Après avoir reproduit les gestes de son père, c'est " l'autre " vie de ce dernier que Camille va reconstituer dans une itinérance émaillée de rencontres, d'apprentissages, jusqu'à la frontière italienne...
    L'auteur fait revivre l'émigration saisonnière, dite " des maçons de la Creuse ", qui a duré plusieurs siècles et façonné le destin de populations rurales vivant notamment en Limousin.

  • - 64%

    La quête bouleversante de deux femmes liées, chacune, au souvenir d'Hélène, une enfant cachée pendant l'Occupation, dans la Creuse. Un beau roman à deux voix sur le devoir de mémoire, les chemins de résilience, et le portrait d'une Juste.Années 1980 : après une vie dédiée aux autres, Blanche coule une retraite paisible à Draguignan
    quand, un jour, une inconnue frappe à sa porte. Et le passé avec elle.
    Elle s'appelle Pauline, la vingtaine à la dérive, elle souffre de ne rien savoir de l'histoire de sa
    mère, Hélène, qui vient de mourir. Blanche, elle, la connaît, cette histoire, c'est aussi la sienne :
    en 1942, elle a sauvé la petite orpheline juive du camp de Rivesaltes, et de la menace nazie.
    Elle a pu exfiltrer sa protégée et d'autres enfants dans une communauté de la Creuse. Au prix de
    mille dangers.
    Pauline part avec Blanche dans un pèlerinage sur les traces de sa mère. Ce retour aux sources
    jalonné de rencontres saura-t-il réconcilier la jeune femme avec l'absente ? Pour Blanche, il ravive le souvenir bouleversant d'une passion secrète...
    Un beau roman à deux voix sur la transmission d'une mémoire, et le portrait d'une Juste.

  • - 62%

    La promesse

    Jean-Guy Soumy

    " Camille s'agenouilla près du corps de Jeanne. Ses doigts se posèrent sur la cheville glacée. Il ferma les yeux. C'était il y a longtemps. Un jour d'été. Ils ruisselaient, l'un et l'autre, d'eau et de soleil. Ils avaient treize ans. Peut-être quatorze. Dans une anse sableuse de la Dordogne, ils s'étaient baignés toute l'après-midi. L'eau était chaude et coulait sur les graviers dorés. Parfois, l'ombre d'un poisson filait dans le cristal du courant. Le temps n'existait plus. Il n'y avait ni passé ni lendemain. Que l'instant présent, d'une densité écrasante. La joie qui l'avait essoufflé faisait encore aller et venir sa poitrine maigre. Battre son coeur sous ses côtes. Le pied de Jeanne était venu se poser comme un oiseau au creux de sa main. La peau était fine, douce. Lisse. Le talon s'emboîtait parfaitement à sa paume. Penché sur Jeanne, il ne vit pas que les autres faisaient cercle dans son dos. À un moment, il se retourna et les découvrit. Mais son visage n'était plus le même et tous reculèrent. Soucieux de ne pas approcher de trop près un si grand chagrin. " À l'âge du premier grand amour, Camille a laissé sa famille le séparer de Jeanne. Toutes ces années, fidèle à leur promesse, elle l'a attendu. Il n'est pas venu. Quand elle meurt, on l'accuse de s'être défenestrée. Et, en ce temps où il n'est pire crime que se suicider, c'est Camille que désigne la justice pour incarner dans son procès le " corps et la voix " de Jeanne...

  • Après "La Belle Rochelaise" (Prix des Libraires 1998),Jean-Guy Soumy continue de nous étonner par la richesse de ses intrigues, par la fougue de ses personnages.
    Aiguemont est un immense domaine au coeur du Limousin, entre Limoges et Uzerche. Sur lequel règne ? c'est dans les années 1873-1878 ? un grand notable, Pierre Sérilhac, homme à la fois débonnaire et autoritaire. Il y a trente ans, il a épousé (coup de foudre réciproque) une très belle et très fine jeune fille noble du Béarn: Clara, qui illumine l'austère château d'Aiguemont de son charme et de son intelligence. Ils ont eu trois enfants: François, Mathilde et Arnaud. François est raisonnable (c'est à lui que reviendra le domaine), Mathilde est raisonnable et passionnée, Arnaud est déraisonnable. C'est par lui que le désordre et le malheur entrent dans la famille. Dans la région comme à Paris, il fait mille folies, s'abandonne à tous les excès ? il est poète aussi (il y a, clairement, du Rimbaud en lui). Il subjugue sa mère, sa soeur, et même son père. Jusqu'au jour où, parce qu'il en a vraiment trop fait, celui-ci le chasse; Clara, atteinte dans sa chair, s'enfuit dans la nuit: on la retrouvera morte, mordue par un aspic, tout près d'un pavillon de chasse où Pierre et elle avaient connu le bonheur. Désespéré, se tenant pour responsable de sa mort, Pierre Sérilhac s'enferme dans le pavillon isolé, près de la tombe de Clara. Il abandonne la gestion du domaine à François. Dans le même temps se construit la ligne de chemin de fer du P.O. (Paris-Orléans), qui atteint les terres d'Aiguemont. Nul ne peut s'opposer à sa progression: les intérêts en cause sont considérables. Pierre Sérilhac s'y est résigné. Mais il y a deux lieux qu'il veut voir préserver: usant de son entregent, il obtient que la Roche Sauvagnat ne soit pas coupée par une large tranchée, mais il ne peut empêcher qu'un viaduc ne frôle pas la tombe de Clara. L'ingénieur Paul Nordling, maître absolu sur le chantier, s'irrite fort des obstacles que Pierre Sérilhac dresse devant lui. Si François favorise le grand projet, Mathilde, par fidélité à son père, par orgueil, défie l'ingénieur. Et c'est ainsi que ces deux êtres de grand caractère et de passion se découvrent, et que l'amour naît entre eux ? amour tumultueux, violent. Les travaux avançant, les piles d'un pont commencent à s'élever tout près de la tombe de Clara. Et l'on met au jour les traces d'une voie romaine devenue l'un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, et la route même qui menait, en Béarn, aux terres d'origine de Clara. Alors, Pierre Sérilhac, las et désespéré, part sur cette route, seul...


  • L'amour sans le faire... Voici l'histoire d'un défi fou.

    Avant le mariage, les enfants et la vie de famille, s'offrait à Mathilde une belle carrière universitaire. Sa spécialité : l'amour courtois dans la littérature du Moyen Âge. Elle y a renoncé pour se consacrer aux siens. Une vingtaine d'années plus tard, elle tombe amoureuse d'un jeune homme, Raphaël. Coup de foudre réciproque. Et impossible : Mathilde aime son mari et ne supporte pas l'idée de le tromper. Or comment vivre le désir qui pousse deux êtres l'un vers l'autre quand on se l'interdit ? Alors Mathilde a cette idée folle : proposer à Raphaël l'aventure de l'amour courtois. Il devra se soumettre à elle dans une relation inspirée du serment de vassalité du chevalier à son suzerain. Et se hisser par le courage, l'intelligence, la prodigalité, la fidélité... au niveau d'exigence de sa maîtresse de coeur. Entre eux, un seul tabou, absolu : faire l'amour.
    Mais quel sens cette approche de l'amour peut-elle avoir aujourd'hui, dans une société obsédée par le sexe et l'égalité des genres ?
    " Une histoire d'amour magnifique et inoubliable. "Le Figaro Magazine (à propos de La Promesse)
    " Un talent de conteur remarquable, et un élégant metteur en scène de la complexité de toute existence. "Sud Ouest (à propos du Silence)

  • Le congrès

    Jean-Guy Soumy


    Au XVIIe siècle, lors de la construction du château de Versailles, un événement extraordinaire précipite la ruine d'une puissante famille de bâtisseurs : le procès public en impuissance qu'elle intente à l'un de ses membres.

    Dans une pièce réquisitionnée pour l'occasion, prêtres et hauts dignitaires de l'Église, représentants du corps judiciaire, ainsi que médecins et matrones entourent un grand lit. Plus loin, courtisans et bourgeois de qualité se pavanent en ricanant. C'est que le procès qui se tient là, en cette année 1685 à Versailles, n'a rien de banal : il s'agit d'un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d'impuissance, est sommé d'honorer publiquement son épouse, une union non consommée étant une offense aux saints sacrements du mariage.
    Cette mascarade épouvantable, sanctifiée par l'Église et reconnue par la Justice, est l'oeuvre de la famille Vallade, soucieuse de s'approprier les marchés de la construction de Versailles qui, de droit, reviennent au jeune époux allongé nu sur le lit. Il appartient au clan des Maîtres des Bâtiments du Roi et est l'héritier de charges qui rapportent fortune et puissance. Pour lui voler cet héritage, les Vallade n'ont pas hésité à le discréditer par ce procès en impuissance.
    Jehane, sa jeune femme, est protestante, ce qui accroît la bienveillance de l'Église pour les Vallade : en cette époque précédant de peu la révocation de l'édit de Nantes, la chasse aux protestants est un jeu auquel les fanatiques catholiques s'adonnent avec férocité.
    Ainsi, Jehane et son mari, acculés par la rapacité des uns et la haine religieuse des autres, se trouvent-ils contraints à ce double viol public de leurs corps et de leur intimité : " dresser, pénétrer, mouiller ", telle est l'injonction à laquelle ils doivent répondre pour sauver leur mariage et leur honneur. Mais le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l'acte de chair ?

  • Elle est allemande, il est américain. Dans quelques semaines, la guerre sera finie... Qu'en sera-t-il alors de leur amour ? Mars 1945. Les Alliés marchent sur Berlin. En leur sein, le 23e régiment, inconnu de tous - et pour cause : composé de scénaristes, comédiens, techniciens du cinéma, sa mission est de leurrer les troupes d'Hitler en donnant l'illusion qu'à sa place manoeuvre une immense armée. Steven est l'un de ces soldats " Cecil B. DeMille " dont les opérations permettront de sauver trente mille vies. Hanna, elle, fuit Berlin. Francophile passionnée, armée de son seul vélo, elle veut rejoindre Paris. Après des semaines de traversée d'une Allemagne en pleine débâcle, elle arrive dans un village au bord du Rhin - là où est stationné Steven. Entre eux c'est l'amour fou, immédiat, absolu. Mais qu'est-ce qu'un amour fondé dès l'origine sur un terrible mensonge, puisque Steven, soldat fantôme, ne peut révéler à Hanna qui il est réellement ?

  • De mère en fille, à travers trois siècles: depuis Marie, la misérable paysanne de la Creuse, jusqu'à Marie, l'étoile de ballet qui triomphe aujourd'hui à Paris...
    Onze femmes... Elles vont être onze femmes à se transmettre, de génération en génération, la flamme que Marie, la première, a cueillie au "feu perpétuel" qui brûlait sur la place de ce village de la Creuse, dans le terrible hiver 1709.Judith la courtisane, qui règne sur le Palais-Royal et meurt lors des massacres de septembre 1792; Constance, cantinière de la Grande Armée; Marianne, sur les barricades de 1832; Luce, dans l'Algérie nouvelle des années 1860; Marguerite, dans la guerre de 1914-1918; Sara, dans la Résistance... Les détours, les accidents, les tragédies se multiplient dans la succession des générations, parfois bien près de s'interrompre.Elles ont toutes quelque chose en commun et qui les distingue: le caractère, la fierté, l'audace, le courage, et une certaine beauté, une grâce qui s'accomplissent en la dernière de la lignée, l'étoile de l'Opéra ? et une fidélité qui les fait toujours revenir à la ferme du Puy Marseau qui accueillit la première Marie. Il fallait autant de rigueur que de souffle pour enchaîner ces destins si différents et en faire un unique roman: celui d'une lignée, dont les héroïnes sont toutes exceptionnelles. Une entreprise hardie et ambitieuse, qui n'étonnera pas de la part de l'auteur des "Moissons délaissées", de "La Belle Rochelaise" (prix des Libraires 1998), et de "Rendez-vous sur l'autre rive".

  • Grace Dempsey, jeune avocate d'affaires new-yorkaise, et son mari Christopher, de passage en France, traversent en voiture les immenses forêts du plateau de Millevaches. Nous sommes le 27 décembre 1999: le soir de la tempête, cette tempête qui secoua la nature et bouleversa des vies... Soudain, dans les phares, le monde tangue. Des explosions formidables, les sapins qui éclatent, la route coupée. La voiture bascule dans un ravin. Christopher est blessé. Au matin, Grace part chercher du secours. Sur ses escarpins fragiles et dans son manteau Gucci à deux mille dollars, elle finit par arriver à une vieille ferme fortifiée. Sur le toit d'une chapelle, un homme cloue une bâche. C'est Thomas, le maître des lieux.Grace et Thomas, coupés du monde, ont quatre jours pour se découvrir. L'Américaine résolue et impérieuse et le hobereau creusois taciturne et secret. Deux grands caractères face à face. Quand, enfin, ils se sont trouvés, les équipes qui travaillent à rétablir la circulation parviennent à la ferme. La route est rouverte. Sur quel destin...?

  • Le silence

    Jean-Guy Soumy


    " Derrière les apparences, je suis une femme en colère. L'homme de ma vie, le seul que j'ai connu, cet homme m'a trahie. "

    Le monde de Jessica s'effondre le jour où son mari, Alexandre Leroy, mathématicien franco-américain de renommée internationale, se tire une balle dans la tête. Comment a-t-il pu la trahir aussi lâchement, décevoir leurs deux fils, détruire ce bonheur qu'ils ont mis trente ans à construire ? L'acte est d'autant plus incompréhensible qu'il ne ressemble pas à l'homme qu'elle a connu. Mais l'a-t-elle vraiment connu ? Elle reçoit de plein fouet un premier coup quand elle comprend que la photo de ses beaux-parents a été trafiquée et qu'ils ne sont pas morts dans les bombardements en France, comme elle l'a toujours cru. Alexandre a menti ! Il a toujours menti. Il a changé son nom et falsifié son identité, il s'est inventé un passé, il a caché l'existence d'un frère et a même réussi à mystifier la communauté scientifique.
    Comment supporter une telle découverte ? Phil, son fils aîné, également mathématicien, ne peut pas dévoiler une telle forfaiture, qui ruinerait sa propre carrière. Il convainc sa mère de détruire toutes les preuves. Mais Jessica ne supporte pas d'avoir accompli un tel geste. L'aide vient bizarrement de son fils cadet, Lewis, atteint d'une forme particulière d'autisme et dont les intuitions fulgurantes l'obligent à réagir. Il veut connaître son oncle. Il veut aller en France.
    Pour Jessica, se retrouver au fin fond de la Creuse en face de ce beau-frère dont elle ignorait l'existence est une terrible épreuve. Comment pourrait-elle accepter l'existence de cet homme qu'elle accuse d'avoir provoqué la mort de son mari ? Pourtant, il lui faut comprendre, dénouer la complexe pelote de raisons qui, des décennies auparavant, ont poussé Alexandre à s'amputer d'une partie de lui-même.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire de janvier 2015 des éditions Robert Laffont :

    - France Cavalié, Baïnes - Martin Page (Pit Agarmen), Je suis un dragon - Jean-Guy Soumy, La Promesse - Diane Gontier, Souviens-toi que l'amour n'existe pas - Jesús Carrasco, Intempérie


  • Limoges et la vallée de la Vienne, 1847-1848...

    Maxime revient de la guerre, après sept ans de misères et d'horreurs dans l'Algérie pacifiée par Bugeaud. Il veut retrouver Julie, sa jeune femme passionnément aimée, jamais revue. Ses parents lui ont dit qu'elle était morte, mais c'est faux : elle s'est enfuie de la ferme familiale, enlevée par un aventurier, chef d'une bande de naveteaux, maîtres redoutés des bois flottés qui dévalent la Vienne vers Limoges.
    La société brutale des naveteaux, un combat singulier, une jacquerie, les bas-fonds de Limoges, la prison, la révolution de 1848 dans la ville ouvrière que l'on dira bientôt "la Rouge", l'amitié d'un gamin merveilleux, nommé Fendu, frère limousin de Gavroche, mèneront Maxime jusqu'à Julie retrouvée.
    Un roman d'aventures, la recréation d'une époque passionnée, généreuse et furieuse - quand la révolution naissait de la misère - l'histoire d'un grand amour, tel est Julie de bonne espérance, qui révèle un visage neuf de l'auteur des Moissons délaissées.


  • Un magnifique roman d'amour dans un Moyen Âge merveilleux et terrifiant.

    Inlassablement, Foulques cherche à savoir où est Mahaut, sa jeune épouse morte sans extrême-onction quelques jours après leurs noces. Car il craint qu'elle ne soit damnée pour l'avoir aimé trop ardemment, ce que l'Église réprouve. Foulques reprend espoir quand il apprend l'existence du purgatoire, dont l'Église vient d'officialiser l'existence. Mais comment être sûr que Mahaut y soit ? Qui pourrait lui certifier que son épouse " va bien ", qu'elle ne souffrira pas en enfer pour l'éternité ? Foulques entre en contact avec ceux qu'on appelle les " voyageurs ". Ces chrétiens, hommes et femmes, habitent souvent à des kilomètres les uns des autres et ne se connaissent pas, pourtant, ils se retrouvent régulièrement en rêve. Parfois, au cours de leurs périples, ils croisent les âmes du Purgatoire. L'un d'eux aurait pu apercevoir Mahaut. Foulques questionne tous ceux qu'il rencontre. En vain. Dans son désespoir, il parle de ces rêveurs à un dominicain, éveillant ainsi l'attention de l'Inquisition. C'en est fini des doux rêveurs. Par son inconscience, il les a condamnés.
    Convoqué par le Saint-Office, Foulques fuit vers la forêt. S'enfonçant de plus en plus profondément dans cette terre des origines, où les miracles de la chrétienté sont étroitement liés aux forces d'un monde d'avant l'humain, Foulques accueille la folie comme l'ultime alliée pour retrouver Mahaut. Plongeant dans des contrées au-delà de l'imaginable, menant contre lui-même une lutte qui le dépasse, Foulques cherche. Mais peut-on défier impunément les lois qui séparent les vivants et les morts ? Peut-on voler à Dieu le destin qu'il a choisi pour vous ? Et l'amour peut-il tout excuser ?

  • "Non, le plus terrible, ce n'est pas le canon de l'arme. C'est le visage dans son alignement. Si parfaitement dans la ligne de mire que Clarisse se demande qui des deux est à l'extrémité de l'affût. Dans ce visage, ce qui la bouleverse, ce sont les deux yeux grands ouverts qui la traversent."
    Clarisse Beaulieu, vingt-huit ans, libraire dans une petite ville de la Creuse, mène une existence bourgeoise, paisible. Elle passe à côté de sa vie. Jusqu'au jour où fait irruption dans sa librairie une jeune fille rescapée d'un braquage dans le supermarché de la ville. Elle est étrange, Katia : une beauté sauvage, un jeune fauve. Sous la menace de son arme, elle contraint Clarisse à fuir à bord de sa petite voiture. Commence alors une folle chevauchée à travers les solitudes du plateau de Millevaches, pour échapper aux gendarmes qui les traquent. Au fil des heures, les destins de Clarisse et Katia se lient imperceptiblement.

  • Trois personnages... et des loups.
    À un moment dramatique de l'histoire de France, après Waterloo, les émigrés, de retour d'exil, font régner la "Terreur blanche" sur le pays. Face à eux, se dressent dans l'ombre les "carbonari" républicains... Gabriel Beaupérus, lieutenant dans la cavalerie impériale, rentre de cinq ans de captivité en Angleterre. Dépossédé par la famille d'Orgedeuil du château acquis par son père sous la Révolution, il jure de se venger. Mais quand il rencontre Irène d'Orgedeuil, il est subjugué par la beauté et la passion de son ennemie...La belle aristocrate l'entraîne dans de grandes chasses où il apprend l'art de la vénerie, art noble face à des nobles bêtes: il ne s'agit pas de tuer le loup mais de se surpasser en une traque à l'issue toujours douteuse. Jusqu'au jour où, au terme d'une longue poursuite, il voit le grand vieux loup qui leur a échappé sortir des bois: une gamine à l'air sauvage le prend dans ses bras, lui parle et l'emmène. Dès cet instant, le destin de Gabriel bascule. Avec la fantasque et insupportable Charlotte, il découvre le monde secret et merveilleux des loups, qu'ils rejoignent chaque nuit au fond des bois. Un temps d'exaltation, d'allégresse: le sentiment de pénétrer une part du monde refusé aux autres, une entente profonde avec le monde sauvage...Oubliée la terreur ancestrale, le loup est désormais une figure majeure de l'imaginaire contemporain. Il est le héros de cette superbe aventure romanesque.

  • " Je leur ai donné un agneau, ils m'ont rendu un loup. "
    Automne 1917. À La Viletelle, village creusois, Anna dit adieu à Pierre, son mari, rappelé au front après une semaine de permission. Elle a le coeur amer, Anna. Avant la guerre, Pierre était un époux aimant et attentif. Et c'est un inconnu qui lui est revenu. Un homme dur, aux gestes blessants. La violence est entrée dans leur intimité, laissant la jeune femme face à une désespérante interrogation.
    Quelques semaines plus tard, Anna part pour Saint-Étienne, où elle trouve un emploi de munitionnette. Durement exploitée, obsédée par Pierre, Anna dépérit au point de vouloir mourir. Simon, un jeune juif rescapé d'un camp de prisonniers en Allemagne, la sauve. La passion les réunit. Anna a vingt ans, elle est amoureuse et se croit maîtresse de son existence. Mais c'est oublier qu'en temps de guerre les femmes mariées ne disposent pas d'elles-mêmes. Leur corps appartient à la Nation. Dénoncée, elle est incarcérée pour adultère.
    Cette descente aux enfers est pour Anna le début d'une reconstruction. Ayant tout perdu, elle est libre. La petite paysanne peut accomplir sa destinée : témoigner pour ceux et celles dont les noms ont été balayés par l'Histoire.

  • Autour de Marie et Louis, toute une société s'agite et gronde, en cette fin de siècle, temps de scandales et de violences, d'incertitudes et d'espoirs
    En 1885, lorsque Marie revient de la Nouvelle-Calédonie où elle a été déportée après l'écrasement de la Commune, le monde a changé. En Creuse, non loin de leurs chaumières natales, Louis, son beau-frère, l'ancien "limousinant" devenu grand entrepreneur à Paris et député, a fait élever un château, témoin de sa réussite. Et c'est là qu'elle arrive, une nuit, avec son fils François. La voici plus exigeante et plus résolue que jamais.
    De son côté, Louis n'a cessé de s'affirmer. Il a mis sa fortune et son influence au service de la Creuse. Le chemin de fer arrive à Bourganeuf, bientôt l'électricité. Il entend donner une vie nouvelle à ce pays qui s'est vidé de ses hommes au profit de la capitale, et qui s'étiole. Il ouvre à Marie les colonnes de son journal, où elle défend la cause des femmes et des humiliés.
    C'est qu'entre Marie et lui court, depuis les origines, un grand amour. Jamais avoué, il vibre pourtant de page en page, secret, retenu, jusqu'à ce qu'il éclate en plein ciel de Paris le jour même de l'inauguration de la tour Eiffel...
    Autour de Marie et Louis, toute une société s'agite et gronde, en cette fin de siècle, temps de scandales et de violences, d'incertitudes et d'espoirs.
    Tout un monde, dont, à travers Les moissons délaissées et Les fruits de la ville, les héros de Jean-Guy Soumy auront été les artisans passionnés.

  • Annibal a vingt ans. Il est beau, vif, audacieux ; il est fait pour l'aventure et les grands espaces. Pas pour l'existence confinée que lui promet ce mariage que l'on s'apprête à célébrer dans son village du plateau de Millevaches. Alors, soudain, repris par ses démons, il rompt avec éclat, clamant que là-bas, dans les Charentes, une " belle Rochelaise " l'attend !
    Et il part avec son ami, Bramefaim, le bon colosse, pour une immense forêt de l'Aunis où ils seront scieurs de long. Et c'est là, au terme d'une chasse sauvage, qu'Annibal rencontre son destin. Il aura la beauté et la couleur d'Ester, une jeune esclave antillaise qui fuyait ses maîtres ex-négriers - on est en 1832 et la traite, bien que condamnée, survit encore dans les ports de l'Atlantique. Annibal et Bramefaim sauvent Ester. Dès lors, à travers cent péripéties terribles ou cocasses, leur vie n'est qu'une traque folle à travers le Périgord et le Limousin. Jusqu'au jour où, revenus sur le plateau de Millevaches, le village découvre que la " belle Rochelaise " annoncée par Annibal est une
    négresse ! Scandale ! Et la fuite reprend ; elle ne s'achèvera qu'au-delà des mers, sur la côte d'Afrique d'où était venue Ester...
    Voici un vrai roman d'aventures, écrit avec bonheur, éclatant d'imagination et de générosité, porté par un mouvement irrésistible d'amitié, d'amour et d'espoir.

  • Mars 1860. Dans le petit village des Couteilles, au sud de Guéret, le jeune François Ribière, pour la première fois, s'apprête à grossir la troupe de ceux qui partent " limousiner " - entendons par là qui s'en vont, à pied, rejoindre Paris afin de travailler, comme apprentis puis comme maçons, dans les gigantesques chantiers que le Second Empire a ouverts. Car le bâtiment constitue une activité traditionnelle pour les gens de ce rude pays de Creuse : quand vient la belle saison, la pauvreté les contraint à délaisser femmes et moissons, qu'ils retrouveront aux approches de l'hiver.
    Cet exil, déjà cruel en son principe, est fort dur à vivre - on ne trouve pas toujours à louer ses bras, le travail sur les échafaudages est dangereux, la compétition sévère. Et les voyages ne sont pas sûrs... Il lui faudra pourtant repartir l'année suivante, abandonnant les siens au village, et Marie, la jeune fille dont il est épris. Mais, peu à peu, il se fortifiera l'âme au contact des républicains qui s'opposent à l'empereur, et on le verra, alors, s'engager dans une campagne électorale à hauts risques...
    C'est donc l'histoire d'un homme et d'une famille que nous retrace ce roman chaleureux, chargé d'événements et de péripéties, qui restitue avec une fidélité exemplaire le monde rural du Second Empire et le Paris de Haussmann et de Garnier. Plus encore, il rend vie à tout ce pays creusois auquel notre histoire moderne doit tant et dont le destin difficile se poursuit encore...

  • Riche et puissant, généreux et fier, voici un roman qui s'inscrit dans la grande tradition populaire française. Autour de personnages que l'on aime, revit toute une société, tout un monde.
    François, Louis et Marie... François et Louis Ribière, comme beaucoup des hommes de la Creuse natale, partaient, chaque printemps, travailler comme maçons sur les immenses chantiers que le baron Haussmann avaient ouverts à Paris, dans les années 1860. Marie Gerbeau comme sa mère, comme toutes les femmes du village, demeurait aux Couteilles pour y maintenir la vie.
    Or il advint que, au printemps 1864, Louis se révolta contra la condition faite à ses compagnons de travail et de misère ; il vécut d'expédients jusqu'au jour où il fut remarqué par une célèbre demi-mondaine qui lui ouvrit le mondes des affaires. Il advint aussi que Marie, lasse d'attendre le retour de François, prit seule et à grands risques le chemin de Paris. Intelligente et fine, courageuse, elle y trouvera sa voie dans la haute couture. Et François lui-même, revenu au pays, s'accomplira sur les terres agrandies du maigre domaine paternel.
    Ainsi la Ville, la grande Ville, aura-t-elle révélé à eux-mêmes les gamins illettrés des Moissons délaissées. Il s'y seront épanouis dans le temps même où elle se transformait. Mais la Ville est brutale : la défaite de 1870, la chute de l'Empire, la Commune vont bouleverser leurs destins...

  • Un petit village de la Creuse est bouleversé par l'arrivée d'un artiste de land art mondialement connu.
    Que vient faire cet Américain dans ce village d'une Creuse échouée sur les rives du présent ? Cet étranger arpente le pays et parsème les lieux de trucs à sa manière : quatre femmes de lierre et de feuilles faisant l'amour aux arbres dans les bois, une croix lumineuse sur l'étang, une ligne droite dans les champs... Ben Forester, qui s'appelait autrefois Benjamin Forestier et vivait au pays, est venu redessiner à sa manière le paysage de son enfance. Son projet artistique va bouleverser la vie des villageois...En s'appropriant leur espace, en détruisant l'immobilité de leur existence, Ben oblige les habitants à se remettre en question. Mais tous ne sont pas prêts à accepter l'éphémère, à se décomposer pour se recréer, à se dépouiller pour s'enrichir. Il suffit pourtant d'un rien pour que tout bascule. Bouleversée par ces étranges constructions, Elma apprend à revenir à la vie après la mort de son enfant. Estelle, la jeune institutrice, défie les bonnes moeurs pour plonger dans l'amour. Barthélemy, lui, choisit le passé contre le présent, jusqu'à la mort.Cette ?uvre vive impose avec maestria les délicatesses d'un écrivain aimanté par la terre de ses ancêtres et les exigences inventives du roman contemporain. On en sort ébloui et intrigué.

empty